Chapitre VII : Seigneurs secondaires, nobles et notables

Le regard de l’Oeil du Photographe : Un chapitre essentiel pour les passionnés de généalogie et d’histoire locale. L’auteur dresse l’inventaire minutieux des grandes familles nobles qui ont possédé des terres et exercé des droits sur le Vercors. De la puissante maison originelle « de Vercors » aux lignées de Rousset, de Vassieux, Faure, Lamorte ou Engilboud, on suit la transmission des domaines, les mariages stratégiques et les querelles d’héritage au fil des siècles. Ces noms, parfois encore gravés dans la pierre des ruines ou des hameaux actuels, témoignent du maillage aristocratique très dense qui régissait autrefois la vie économique et sociale de nos montagnes

De Vercors. — Les seigneurs du xie siècle, époque où se formèrent en Dauphiné les noms de famille, prirent généralement le nom de leurs terres, avec addition de la particule de, du, de la, ou des, indiquant un rapport de propriété, de domicile, d’origine.

D’après cela, les de Vercors, les de Rousset et les de Vassieux, dont nous allons parler, avaient déjà des possessions dans la contrée au xie siècle. Mais, avec les documents que nous possédons, il est impossible de reprendre d’aussi haut leur généalogie et celle des autres familles importantes qui ont habité ou possédé au Vercors.

Et d’abord, pour les de Vercors, le premier renseignement que nous ayons est la reconnaissance faite au dauphin, antérieurement au 26 août 1277, après la mort de Ponce de Vercolp, par ses deux fils Guillaume et Rodolphe.

Ponce de Vercors, témoin en 1293 de la protestation du chapitre et des consuls de Die contre le concile de Vienne, paraît habiter le Vercors.

Guillaume et Rodolphe étaient nobles et seigneurs au Vercors, dans le mandement de Rousset et de Ravel, en novembre 1301, comme nous l’avons vu plus haut ; mais un acte de 1327, dont nous avons déjà donné la substance, en nous rappelant que les de Vercors étaient nobles et pariers de Rousset et des montagnes de Verneyson, coseigneurs avec l’évêque de Die des châteaux et mandements de Rousset et de Ravel, ne nomme de cette famille que Humbert et Poncet.

La famille formait alors plusieurs branches ; car, tandis que Gilet de Vercors, du mandement de Pariset, fait en 1334 hommage lige au dauphin, Pierre de Vercors, fils de noble Humbert, vend en 1338, devant Pierre de Vercors notaire, quelques fonds situés en la paroisse de St-Agnan. On trouve encore Pierre de Vercors habitant du Villars et mari de Guillaumette du Gua, en 1339, et Pierre de Vercors damoiseau, témoin à Pizançon, en 1349, d’un hommage rendu au dauphin par Gaucher Adhémar. D’autre part, M. de Rivoire de la Bâtie mentionne comme membre de l’ancienne famille seigneuriale de Vercors Pierre de Vercors qui vivait en 1340 ; il lui donne pour frère Jean de Vercors, dominicain, chancelier du Dauphiné, évêque de Tivoli et confesseur du dauphin Humbert II, et le blasonne de gueules à trois vermisseaux d’argent.

De son côté, Guy-Allard compte en 1339 dans le mandement de Varces 6 maisons-fortes, dont une, celle de Pellissières, était à Thibaud de Vercors, et dans le mandement de Sassenage 11 châteaux ou maisons-fortes possédés par autant de gentilshommes, parmi lesquels était Guillaume de Vercors. Il trouve alors dans le Graisivaudan 120 gentilshommes et plus, entre autres Thibaud de Vercors et deux Guillaume de Vercors.

En 1368, dans une revue à Grenoble figurent, à la suite de Didier de Sassenage, Pierre et Perret de Vercors, celui-là avec une monture de 25 florins, celui-ci avec une de 35. On connaît encore Pierre de Vercors, bailli du Gapençais en 1370 ; Amédée de Vercors, albergeant en 1370 des immeubles situés à Fontaines ; Pierre de Vercors, vivant en 1389 ; Gillet de Vercors, prieur des Côtes de Sassenage en 1390 ; Pierre de Vercors, habitant Alixan vers 1470 ; Laurent et Barthélemy de Vercors, vivant vers 1516 ; et Jean de Vercors, prieur de Ponet vers 1534.

Avec tous ces de Vercors, nous nous sommes écarté du fief auquel ils doivent leur nom, et apparemment de la branche qui avait continué à le posséder. En tout cas, nous y voici.

Le 14 mai 1378, Freysette, veuve de noble Pierre de Vercors, est constituée tutrice de Jean, Marguerite et Antoine, fils communs desd. Pierre et Freysette ; et puis, noble Freysette, veuve de noble Pierre de Vecors, a une maison d’habitation dans la ville de Saillans en 1395, et une terre à Chastel-Arnaud. Quant à ses deux fils ci-dessus, dont une maison et un chasal, confrontant lad. maison de Freysette, étaient loués en 1395 à Pierre Faure et à Guillaume son fils, pour la pension annuelle de 2 florins d’or, ils sont probablement les Jean et Pierre de Vercors notaires dans la même région, celui-là depuis 1397 jusqu’à 1447, celui-ci en 1403. Surtout, le premier doit être noble Jean de Vercors qui avait des droits au mandement de Chastel-Arnaud en 1441 et en 1447.

De cette branche apparaît ensuite noble Jarenton de Vercors, héritier de Jean et recevant comme tel, à partir de 1457, des reconnaissances pour biens et droits à Aurel, à Chastel-Arnaud et au Vercors. Ainsi, Pierre Tronet, de Lossence (de Aussencia), paroisse de la Chapelle, se reconnaît tenu à 1 florin par an pour tous ses biens de Lossence. En 1459, Guillaume de Vercors le Vieux (Senior), administrateur de Jean Juvenis autrement Canhonet, reconnaît tenir du domaine direct de noble Gerenton de Vercors deux terres à Chastel-Arnaud.

Gerenton, encore vivant en 1468, avait dès 1470 pour fils et héritier noble Pierre de Vercors, de Saillans, qualifié coseigneur de Rousset et de Ravel dans les actes de reconnaissances qu’il reçut en 1486 et en 1491 pour biens à Aurel.

Après Pierre, qui est peut-être le Pierre de Vercors compris au rôle de l’arrière-ban de la noblesse du Valentinois et Diois de 1512 pour servir à l’armée, arrive noble Jean de Vercors. Celui-ci, dénombrant devant le visénéchal de Crest, le 30 mars 1540, déclarait posséder « sa part de juridiction aux montagnes de Vercors, au mandement de Riouset et de Revel ; plus, en censes directes aud. mandement, 6 quartes froment, 4 sétiers 2 quartes seigle, 6 civayers avoine, 9 poules, 4 florins, 1 livre 1/2 poivre ; et que, quand il faisait la recette desd. censes, les habitants lui devaient fournir un lit, foin et avoine pour sa monture, et 2 arches à mettre ses grains ; plus, qu’il prenait sur lesd. habitants, lorsque sa femme était en couches, 6 quartes froment, etc.» Le 16 octobre 1540, en un autre dénombrement devant le même visénéchal, Jean de Vercors déclarait que lad. conseigneurie valait 8 livres de revenu, etc. »

Les de Vercors se défaisaient peu à peu de leurs biens dans la contrée. Un acte de 1550 concerne des censes y acquises antérieurement, de « noble Margarite de Vercors », par les Faure de Vercors, qui avaient aussi acquis avant 1562, de « Jehan de Vercors », des censes sur fonds à Lossence.

Noble Jean de Vercors était mort avant le 1er avril 1581, jour où testa Béatrix de Lhers, sa veuve ; et Louis, leur fils, marié à Françoise d’Arlandes, était en 1594 et 1595 seigneur en partie de Vercors. Il avait des censes à Saint-Agnan et tenait à Saint Martin plusieurs fonds près du village. Le vieux parcellaire de cette dernière commune lui attribue 2 prés en Préfol, 1 pré et 1 terre en Juchefol, et 1 terre au mas de St-Martin. Il habitait Saillans.

Par testament fait le 20 novembre 1586, du vivant de sa femme, il instituait pour ses héritières sa sœur Jeanne, qui fut femme de Jacques Chevalier, de Saillans, et son autre sœur, Bonne, qui fut femme de noble Martin Cony, originaire de Poyols.

Bonne fut mère d’Henri et de Louis de Cony. Henri, « sieur de Vercors » , donnait à mi-fruits en 1614 ses biens de Chalancon à Corbin. Mais à qui passèrent les droits de sa famille sur le Vercors ? Est-ce à sa fille Lucrèce, qui épousa Salomon de Chevalier, sieur de Hautecombe ? Il ne paraît pas. Quant à Louis de Cony, qui habitait Jonchères et figure dans un contrat en 1618, on ne lui trouve aucune possession au Vercors. Nous croyons que ses biens furent portés par Bonne Cony à son mari, Georges de Bonne, dont il sera question plus loin.

En somme, on peut dire avec Guy-Allard qu’il y a eu au Vercors « une famille noble de ce nom, finie par Louis de Vercors qui vivait l’an 1590, » et que « ses biens ont passé en celle de Faure », du moins en partie.

De Rousset. — On ne peut assurer que W. de Ruisec, témoin en 1179 d’une transaction entre l’église de Die et Guigues de Sassenage, et G. de Ruisec, témoin en 1246 d’une formalité faite à Marignac, fussent de notre famille de Rousset ; de sorte que les premiers membres connus et appartenant bien certainement à celle-ci sont nobles Albert, Berlion et Humbert de Rousset, qui en 1301 furent reconnus par l’évèque comme feudataires avec d’autres gentilhommes dans le mandement de Rousset et de Ravel.

Après la reconnaissance d’Albert à l’évêque en 1318, acte dont nous avons donné la substance plus haut, on trouve en 1327 l’important règlement que nous avons également analysé et où sont intéressés Albert et Berlion de Rousset, ainsi que les autres coseigneurs des mandements de Rousset et de Ravel ; puis, avant le 27 juillet 1337, Guillaume de Rousset, fils de Berlion, et Pierre de Rousset, fils de Guillaume, vendent à Guillaume Adhémar, chanoine de Die, des censes sur divers biens du Vercors, relevant du comte de Valentinois.

Nous ignorons si Pierre de Rousset, chanoine de Die en 1329 et prévôt de Crest en 1343, et Jarenton de Rousset, sindic de Die en 1383, étaient de la famille dont nous venons de nous occuper.

De Vassieux. — V. et Guigues de Vaciu furent témoins, celui-là en 1200, celui-ci en 1202, d’actes faits à Die ; et l’on trouve témoins d’actes faits à Léoncel, en 1228 Raimond de Vaciu, en 1233 R. de Vaciui.

En 1238, Ferrand de Vassieux fit à la Chartreuse de Bouvante remise de tout le droit qu’il pouvait avoir sur la montagne de Durbonose, soit dans l’alx du Royans, depuis la Seya de Vassieux suivant la chute des eaux vers le bas Royans, et promit d’être le défenseur du monastère. En avril 1249, Guillaume et Pierre de Vassieux, frères, vendirent à ce couvent la moitié de la montagne de Durbonose et tout ce que cette portion contenait suivant la chute des eaux vers Vassieux, au prix convenu entre eux. Puis, le 9 octobre 1292, Lantelme de Vassieux, fils et héritier de feu Raymond, fit reconnaissance de fief à Aimar de Poitiers, comte de Valentinois, pour tout ce qu’il possédait dans les châteaux de Quint, de Flandènes et le mandement de Vassieux.

Cette famille donna des religieux à Léoncel. Pierre de Vassieux y était convers de 1244 à 1255. Giraud de Vassieux, sous-prieur en 1255, religieux en 1258 et 1266, prêtre et religieux en 1274, et abbé depuis 1279 jusqu’à 1295, était remplacé dans cette dignité dès février 1295.

Flotte de Royans écrivait de Grane, le 25 janvier 1252, à P. de Vaciou d’avoir à rendre au monastère de Léoncel et à lui abandonner 12 deniers qu’Étienne Roux faisait à cette dame, mais qui revenaient au monastère. Le cartulaire de Léoncel mentionne encore P. de Vassieux, damoiseau, en 1279 ; P. de Vassia, bayle en 1283 ; Pierre de Vassieux, chevalier en 1295.

Après cela, pas trace de la famille jusqu’au 12 mai 1344, jour où Ponce de Vassieux, comme donataire d’Allemand du Pont, hommageait aux Poitiers sa part du fief de Vassieux. La dernière mention que nous en ayons est dans une vente par Gonet Christianon, à noble Reynaud de Vassieux, d’Étoile, d’un jardin audit lieu pour 6 florins, en 1386.

De Nosec. — On trouve cette famille en possession de biens considérables à la Chapelle-en-Vercors au xiiie siècle. Pierre de Nosec vendit tout ce qu’il avait « en la Bastia de la Montagne e dens lo champ de la gleisa de la Chapella de la Montagna, » à Amédée de Genève, évêque de Die de 1250 à 1276.

Garin. — Ponce Garin, dit de Vercors parce que lui ou sa famille était originaire de ce pays, fut notaire à Die de 1284 à 1293 ; et Pierre Garin dit de Vercors y fut également notaire de 1318 à 1337. C’est ce dernier qui, le 18 avril 1318, instrumenta la reconnaissance d’Albert de Rousset à l’évêque, et il le fit à Die, dans la maison de Ponce Garin, autrefois prêtre de Die, dit de Vercors.

Un autre prêtre, du nom de Pierre Garin, passait reconnaissance en fief au comte de Valentinois, le 27 juillet 1337, pour « 4 sols 2 deniers de cense portant directe, au mas de St-Jullien de Vercors, dont il fut investi par lad. reconnaissance » .

Reynaud. — Cette famille ayant acheté un fief dans le Vercors, en fut investie entre 1283 et 1297 par Jean de Genève, évêque de Die et de Valence. L’acte d’investiture, fait et signé de la main d’Étienne Pertuset, notaire public, fut muni du sceau de ce prélat.

Le successeur de celui-ci, Guillaume de Roussillon, élu évêque en 1297, ne se contenta pas de confirmer les Reynaud dans la possession de ce fief, par acte écrit et signé de la main de Pierre Garin dit de Vercors, notaire public, acte muni du sceau de la cour de Die. En novembre 1301, en confirmant, comme nous l’avons vu, aux de Vercors, aux de Rousset, aux de Varces et à Lantelme Reynaud, leurs droits au Vercors, il fit à ce dernier et à Amédée et Guillaume Reynaud, ses fils, pour le temps de leur vie et de la sienne, cession de la troisième part de juridiction, haute et basse justice, qu’il avait sur 18 particuliers nommés dans l’acte et sur leurs héritiers et successeurs. La cession est faite en récompense des bons services rendus au prélat par ces trois gentilshommes, ses chers et fidèles hommes liges. Quant aux particuliers, voici leurs noms : Morand Jourdan, Jean Fermond, Lantelme Faure, Guigues Moret, Guigues Morand, Guillaume Faure, Lantelme, Humbert, Guigues et Mathieu Chevalier (Militis), Guillaume Albert, Pierre Peccat, Jean Branche, Lantelme Félix, Vincent Oligier, Pierre Arier, Pierre Abicel et Jean Faure.

Amédée et Guillaume Reynaud, frères, de la Bâtie des montagnes de Vernaison, damoiseaux, sont témoins, à Die, d’une confirmation de libertés accordée à cette ville en 1313 par le juge épiscopal ; et ils figurent, comme nous l’avons vu, dans le règlement de 1327.

Après eux, apparaissent noble Lantelme Reynaud coseigneur de Vassieux vers 1378 et noble Guigues Reynaud, de la Bâtie de Vercors, qui en 1393 passait à noble Pierre Chatard, de la Sône, obligation de 18 florins d’or poids delphinal.

Un acte de 1399 mentionne à Saint-Agnan un grand nombre de terres relevant de la seigneurie des Reynaud (Reynaudorum), et à la Chapelle des terres relevant de la seigneurie soit des Reynaud seuls, soit des Reynaud et de Pierre Bouvier, soit des Reynaud et de ceux de Vassieux. Il y est aussi question de terres que Jeunet Arier a eues de Guigues Reynaud.

Enfin, noble Amédée Reynaud fut témoin en 1433 de l’approbation donnée par l’évêque Jean de Poitiers aux statuts du Chapitre de Die.

De Varces. — Nous avons vu plus haut ce que possédaient au Vercors noble seigneur Rodolphe de Varces en 1301, et les nobles coseigneurs Aymar et Didier de Varces en 1327.

Après Humbert de Varces, coseigneur de Vassieux en 1333, on ne trouve aucun membre de cette famille dans les actes relatifs au Vercors jusqu’à 1374, année où noble Guillaume de Varces, son fils, acheta des frères Borne, devant Guy Capre notaire à Die, des censes, tâches, services et pensions sur les châteaux de Rousset, St-Agnan et la Bâtie de Vercors.

En 1392, Guillaume reçoit comme coseigneur de Vassieux des reconnaissances de quelques particuliers du lieu, et lui-même fait, le 21 novembre 1393, devant Pierre Auleri note à Die, à l’évêque Jean de Poitiers, hommage avec dénombrement de ce qu’il a en Vercors, à St-Agnan, à Rousset. Un acte de 1399 indique comme relevant de la seigneurie des Reynaud et de Didier de Varces une terre à la Chapelle, et comme relevant de la seigneurie de ceux de Varces des fonds à lad. Chapelle vers le chemin de la Bâtie à Vassieux.

Noble Philippe de Varces, frère de Guillaume, mourut, laissant avec Antoinette sa veuve, le fils qu’il en avait eu, nommé Guyot. Antoinette ayant à faire hommage à l’évêque pour les biens hérités de Guillaume, oncle paternel de Guyot, chargea de ce soin Guillaume Roux, licencié ès lois, qui rendit cet hommage conformément à celui de 1393.

Les de Varces eurent à Vassieux les biens de Mondon Bermond et de Pierre de Roussillon, et leur part du fief de ce lieu fut longtemps appelée la parerie des Varces.

Ils avaient celle-ci avant le 5 janvier 1429, jour où noble Didier de Varces, coseigneur de Vassieux, se joignait à tous les habitants de ce lieu pour supplier l’évêque de « vouloir permettre ou acenser de nouveau un moulin aud. Vacieu.» Celui dont ils se servaient était vacant, disaient-ils, depuis plus de 18 ans, au grand préjudice des habitants, contraints d’aller moudre leur grain hors du mandement, à plus d’une lieue. C’était aussi un préjudice pour l’évêque, qui perdait la cense de 4 sétiers annuels que led. moulin lui servait. L’évêque, après enquête faite par noble Eynard Reynard, son châtelain de la Bâtie, et par Guigues Faure, son procureur fiscal, accensa de nouveau le moulin de Vassieux, à Étienne Félix, en réduisant la cense à 2 sétiers de seigle. L’acte, reçu par Nicolas Poudrel, note de Vercors, Didier de Varces présent, était en parchemin.

Noble Ponce de Varces, coseigneur de Vercors et de Vassieux, fit en 1465 à son parent noble Jean Alois, d’Étoile, donation entre vifs de tout ce qu’il possédait au Vercors, à Vassieux, Rousset, Ravel et Aouste. Il s’en réserva seulement l’usufruit jusqu’à sa mort, arrivée en 1474.

D’Urre. — Une branche de cette famille posséda une parerie à Vassieux. Le 24 juillet 1328, Pierre d’Urre hommage aux Poitiers la parerie qu’il a au mandement et château de Vassieux. En 1349 il hommage aux mêmes les mêmes biens. Sa parerie passa aux Artaud-Montauban.

Adhémar. — Guillaume Adhémar, chanoine de Die, que nous croyons être le Guillaume Aymar délégué par l’évêque pour faire le règlement de 1327, prêta hommage au comte de Valentinois, le 27 juillet 1337, pour « 8 sols une poule de cense, et 2 sols 6 deniers de plait qu’il prenoit sur le fief appelé Peliennie, en la paroisse de St-Martin de Vercors ; » pour « 17 deniers 3 quartaux et demy avoine de cense sur le fief ou tènement de Soyeiere ou Rieonarie ; » pour « 14 deniers 1 quarte d’avoine, 1 quartal froment, 1 émine seigle et 5 sols, qu’il prenait sur le fief appelé Bonjanha ; » pour « 1 denier de plait sur un pré de Pierre Girin situé en la paroisse de St-Anian, qu’il avoit acquis de Guillaume de Riouset, fils de Berlion, » et pour « semblable quantité de cense qu’il avoit acquis de Pierre de Riouset, fils de Guillaume, dont il fut investi par led. sr comte par le même hommage » .

De Flandènes. — Nobles Perrachon et Berton de Flandènes, père et fils, de la paroisse de St-Martin-le-Colonel, vendirent à Chabert de Flandènes, pour le prix de 55 florins d’or, tout ce que lesd. nobles « avoient au mandement de la Bastie de Vercors ou aux montagnes de Vercors, soit hommes, censes, servis, taches, paquerages, pulverages et autres biens quelconques ». Le tout était tenu en fief franc du comte de Valentinois.

Avant que Chabert de Flandènes eût été investi de ces biens, Guillaume de Flandènes, dit Salvage, son frère,en hérita. Aussi fut-il, à sa prière, le 29 janvier 1344, investi par le comte de tout ce qu’il tenait de son fief et pour l’hérédité de Chabert son frère. Le comte déclara avoir été payé des lods à lui dus, et Guillaume reconnut tenir du fief dudit sieur comte « tout ce qu’il avait aux terroirs et mandements de St-Nazaire et de Flandènes, et à la Bâtie et montagnes de Vercors, soit hommes, hommages, maisons, prés, bois, terres, vignes, paquerages, censes, quartons, taches et autres biens et droits ». Guillaume reconnut en outre devoir au comte, « pour les biens qu’il tenoit anciennement de son fief, 4 livres 5 sols monnaie ancienne, à chaque mutation de seigneur et possesseur, déclarant n’avoir pu dénombrer ce qu’il avait au Vercors » .

Du Pont.— En 1343, Allemand du Pont fit hommage aux Poitiers pour tout ce qu’il tenait par lui ou par d’autres au lieu de Vassieux. Ses biens en ce lieu passèrent à Ponce de Vassieux et à Mondon Bermond.

Bermond. — Le 27 décembre 1345, Mondon Bermond hommage aux Poitiers tout ce qu’il a et tient, par lui ou par d’autres, à Vassieux, c’est-à-dire les biens à lui venus d’Allemand du Pont, et qui passèrent de lui aux de Varces.

De Roussillon. — Le 22 décembre 1347, Pierre de Roussillon hommage aux Poitiers comme Ponce de Vassieux, auquel il a succédé dans ses biens de Vassieux, lesquels passent ensuite aux de Varces.

De Chadron. — Le 8 décembre 1349, Ponce de Chadron, de Flandènes, hommage à Aimar de Poitiers, comte de Valentinois, sa maison d’habitation à St-Martin-le-Colonel, avec les fonds y contigus, et tout ce qu’il a en la montagne de Vercors.

Borne. — Nobles Berton et Maret Borne, frères, de Die, avaient des censes, tâches, services et pensions sur les châteaux de Rousset, de St-Agnan, et de la Bâtie de Vercors. Ils les vendirent, en 1374, à noble Guillaume de Varces, pour le prix de 120 florins d’or, poids de Piémont. La même année, noble Berton Borne obtenait, moyennant payement des lods, ratification par le chapitre de Die, seigneur direct, de la vente d’une maison que ce noble avait achetée.

Faure de Vercors. — Des nombreux Faure que l’on rencontre au Vercors dès le xive siècle, nous ne mentionnerons ici que Jean Faure, notaire de la Bâtie de Vercors en 1378.

Il en est parmi eux qui quittèrent le Vercors pour Die, et ajoutèrent dès lors à leur nom patronymique celui de Vercors. C’est ainsi que nous trouvons en 1427 Guigues Faure de Vercors, notaire et procureur des pauvres et des œuvres pies de la ville et du diocèse de Die, et Guillaume Faure de Vercors, aussi notaire ; et, un peu plus tard, Eynard Faure de Vercors, également notaire à Die.

C’est sans doute des deux premiers de ces Faure de Vercors que Chorier veut parler, quand il raconte qu’en 1450, l’évêque ayant fait hommage au dauphin, les habitants des terres épiscopales, notamment noble « Guigues Faure, seigneur en partie de Vercors, dont il était originaire », et Guillaume Faure, jurisconsulte de Die, en firent autant. Du reste, une révision des feux de Die, rédigée la même année, nous apprend que noble Guigues Faure de Vercors était alors notaire et chef d’une branche de la famille, tandis que l’autre branche était représentée par deux frères, nobles Aynard et Marcel Faure.

Le 14 mars 1452, Jordan Faure de Vercors transige avec son frère Jean, au sujet des biens de leur famille, dont un membre, nommé aussi Jordan, religieux dominicain, fut prieur de St-Jean-d’Angely, puis aumônier de Charles, duc de Guyenne, fils de Charles VII.

Le 19 mars 1453, Guill. F. de V., docteur ès lois, épouse, dans l’église des Dominicains de Die, noble Claude Perdrix, fille de Pierre, dotée de 800 florins.

Lantelme F. de V., chanoine de Die en 1478, protonotaire apostolique et sacristain de Die en 1491, était le 20 avril 1499 oncle de Jordan F. de V., et certainement parent de noble Antoine Faure, sindic de Die en 1495, et de Jordan Faure le jeune, qui rendit des services à Die en 1495 lors du passage de certaines troupes.

Noble Guillaume F. de V. n’est connu que par un achat qu’il fit, vers 1536, de deux terres à Souchet et Lacondamine ; mais un dénombrement fourni le 12 août 1540, devant le visénéchal de Crest, par noble Antoine Faure, coseigneur de Vercors, habitant à Die, nous révèle, au moins en partie, la fortune de la famille. Antoine y déclare posséder « ez mandement de Quint et Pontaix et Ste-Croix des censes directes, en grains, poules et argent, valant environ 25 florins de revenu, mouvantes du fief et hommage du roi dauphin ; plus, au mandement de Vercors, des censes en grains, poules et argent, indivises avec noble Jourdan Faure son cousin, valant, compris la juridiction et hommes justiciables qu’ils avaient audit lieu, pour sa part, environ 80 florins de revenu, qu’il tenait en fief de l’évêque de Valence, etc. » 

Antoine et Jourdan Faure de Vercors, coseigneurs, avaient alors au Vercors des « censes paternelles, » des censes « par eulx acquises de noble Margarite de Vercors, » et des censes « pour eulx acquises de Monsieur  » ou « du seigneur de Vachières. » On trouvait de ces trois sortes de censes à la Chapelle, et des censes paternelles à St-Agnan et à St-Martin.

Antoine portait le titre d’écuyer. Louise de Beauchas tel, son épouse, lui avait donné une fille, nommée Madeleine, qui s’allia à la famille de Castillon, et un fils, nommé Gaspard, qui en novembre 1550 était également écuyer et gérait au Vercors les affaires de son père.

Jourdan eut deux filles ; l’une, Louise, épousa Claude Cati, qui fut docteur et avocat à Die ; l’autre, Jeanne, épousa Antoine Gay, de Die, qui en eut, le 8 septembre 1560, un fils nommé Thomas, auquel on doit une histoire généalogique de sa famille.

L’histoire fait l’éloge de ces trois Faure. Encouragé par le roi Henri II, l’évêque prit des mesures sérieuses pour conserver dans son troupeau la foi et la paix gravement en danger dès 1551. Or, parmi ceux qui vers 1552 eurent le plus à cœur de conserver la religion à Die, figurent nobles Antoine, Jourdan et Gaspard Faure de Vercors, ce dernier fils d’Antoine. Au surplus, la charge donnée à Antoine en 1556 par Diane de Poitiers prouve l’aptitude de ce gentilhomme pour les affaires.

Mais ce dernier, qui avait testé le 2 janvier 1551, paraît décédé avant le 26 avril 1561 ; car son fils était alors coseigneur de Vercors, ainsi que Jourdan son cousin.

En ce temps-là, Jourdan et Gaspard Faure de Vercors avaient en propre une maison située au bourg de la Chapelle, près du cimetière, des chemin et plassage publics, et de la cour de la cure du lieu. Ils avaient fait construire certains murs dans ce « plassage commun et au chemin publiq joignant leur maison. » Les consuls des diverses communes du Vercors réclamèrent contre un empiétement qui gênait le public. Les deux nobles transigèrent avec les consuls le 12 mai 1562. On décida de s’en rapporter à l’arbitrage de l’évêque, la première fois qu’il monterait au Vercors.

Ces deux coseigneurs figurent encore en 1561 dans des investitures qu’ils donnent d’une part de moulin, scie et plassage situés à St-Agnan, à raison de « censes acquises de Monsieur du Cheylart », et d’une terre située à Lossence et sur laquelle leur droit leur venait « des censes acquises de Jehan de Vercors » . Jourdan, alors citoyen de Die, disparaît, et Gaspard, qui mourut sans postérité, est probablement ce « sieur de Vercors, de Dye, » qui, « blessé à la mort, » expira près d’Aouste le 4 novembre 1574, comme le raconte Thomas Gay.

En 1574, noble Antoine Faure de Vercors reçoit diverses reconnaissances de pensions, dont l’une avait été constituée en 1512 en faveur de noble Jourdan Faure ; noble Pierre Faure de Vercors, coseigneur de Vercors, en reçoit d’autres en 1583.

Noble Antoine Faure de Vercors paraît décédé en 1594, quand son fils, Jean, coseigneur de Vercors, charge Mourier, notaire, de recouvrer ses droits en ce lieu. Jean habitait Die et était en 1615 un des personnages chargés de rédiger l’inventaire général des archives de cette ville. Il avait épousé depuis plusieurs années Melchionne de Reynier, lorsque, le 24 juin 1616, Philippe de Sauvain du Cheylar, sa mère, veuve d’Antoine, lui fît donation entre vifs de tous ses droits sur la maison du Cheylar.

Il décéda de 1641 à 1650, laissant pour enfants Gaspard, Jean, Louis-Antoine, Daniel, Alexandre, et une fille nommée Hortense.

Sa veuve et héritière, Melchionne de Reynier, dame de Vercors, fut condamnée en 1650 à prouver son droit de franchise du fournage réclamé à Aouste par Louise de Sauvain, fille et héritière de Pierre, et eut en 1652 un procès avec l’évêque au sujet des bois du Vercors.

Noble Gaspard du Faure, son fils, sieur de St-Agnan, plaide à son tour avec l’évêque, en 1653, sur le même sujet.

Jean, son second fils, est apparemment le coseigneur du Vercors de ce nom à qui, vers le même temps, Louise Sauvain du Cheylard, fut condamnée à payer les lods et censes auxquels il avait droit.

Louis-Antoine épousa Françoise Hugon. Celle-ci, qui habitait Die, est en 1703 qualifiée veuve de noble Louis-Antoine Faure, coseigneur de Saint-Martin-en-Vercors. Elle eut pour héritier Hercule de Sibeud, seigneur de St-Ferréol.

Daniel, sieur de la Chapelle, donne 4 bœufs à mi-croît à des habitants de St-Julien-en-Vercors, en 1652. Il reçoit, avec Verancy de Villeneuve, des reconnaissances de pensions pour biens situés vers Aouste, en 1662, et est qualifié « seigneur de Charens et Charnel, coseigneur de Vercors, » dans une procuration qu’il donna vers 1675 pour consentir au mariage d’Alexandre, son frère, avec Hélène de Rozet, de Genève.

Alexandre épousa en effet cette dernière, et en eut Daniel et 3 autres fils, ainsi qu’une fille nommée Marthe-Sara. Il était mort dès 1688, après avoir, étant coseigneur de Vercors, institué pour son héritier Daniel son fils aîné, avec substitution, en cas de mort de ses fils sans enfants légitines, en faveur de sa fille Marthe-Sara. Bientôt sa veuve épousait noble Jean de Cluzel, capitaine au régiment de Castres, et Légier, tuteur du jeune Daniel, lequel avait également hérité des biens de son oncle Daniel, était obligé de plaider pour obtenir des mariés de Cluzel restitution des effets ayant appartenu à Alexandre Faure. Cette revendication eut lieu vers 1689 et fut suivie d’un bail judiciaire des biens de Daniel, qualifié sieur de Charens. Le compte de curatelle de ce jeune homme, fourni par Hélène sa mère vers 1691, accuse 32 849 livres de recettes et 2 444 livres de dépenses. Après la « curatelle de noble Daniel Faure, sieur de Vercors, déférée à Isoard, procureur, » on trouve des procès de Daniel contre Roussin, en 1704 ; contre des habitants d’Aouste et autres dévastant ses bois, vers 1715 ; contre Bec, son fermier, vers 1720. Il mourut vers 1733, et ses trois frères étant morts, ses biens échurent à Marthe-Sara, leur sœur, qui avait épousé César de Jouven, sieur de la Blachette, et était alors dame du Monestier-de-Percy. En prenant possession des biens de son frère, Marthe-Sara constata que ce dernier en avait aliéné une partie, malgré la substitution qui le lui interdisait. Ainsi, il avait vendu en 1731 une terre au grand pré, terroir de St-Martin-en-Vercors. Aussi, le 31 août 1739, Claude-Alexandre de Jouven, chevalier, capitaine au régiment de Tallard-Infanterie, fils de feu César, transigeait, au nom de sa mère, avec l’acquéreur. On a des arrentements de 1736 et 1744, passés à des particuliers par Made de la Blachette, de son domaine de St-Martin, qu’elle avait encore en 1746 et qui passa ensuite à « M. de Jouven de la Blachette, » puis à Jean-Jacques Rigot de Montjoux. Avant 1783, le fils et héritier de celui-ci, Claude-Esprit de Rigot, marquis de Montjoux, seigneur de ce lieu, « de Bâtie-la-Lance, Teyssières, Odefret, La Penne-sur-Vesc, Monestier-du-Percy, Charnel, Rochegude et autres places, ancien capitaine au régiment de Flandre, lieutenant des maréchaux de France au département de Montélimar, » avait ce domaine, qu’on trouve encore à « M. de Rigot de Monjoux » le 4 décembre 1793, et qui, après avoir passé à M. Revol et à son possesseur actuel, M. Eymard, porte aujourd’hui le nom de la Blachette.

Quant à Hortense, soeur d’Alexandre Faure de Vercors, elle fut mariée vers 1660 à noble Jean de Reynard, sieur de St-Auban, et figure vers 1664 dans une quittance de 200 liv. par Jean de Reynard à Daniel Faure son beau-frère. On a une procédure faite vers 1745 pour Joseph de Gallien de Chabons, seigneur de St-Auban, héritier d’Hortense Faure de Vercors, contre Laurent de Philibert de Perdeyer. Les biens hérités d Hortense par M. de Chabons, comprenaient sans doute des prés que M. de Bonniot avait acquis de ce dernier et donnait à ferme, avec d’autres biens au Vercors, en 1750.

En bons patriotes, nos Faure avaient pour cri : Toujours Vercors. Quant à leur devise, elle était : Pour rien.

Artaud-Montauban. — Guigues Artaud, coseigneur de Vassieux pour la parerie dans laquelle il y avait succédé aux d’Urre, reçut en 1392 et en 1397 la reconnaissance de divers particuliers de ce lieu. Cette branche des Artaud prit le nom de Montauban, à cause de l’alliance de Guillaume Artaud avec Isoarde de Montauban, l’an 1405 ; et Jean de Montauban-Artaud, seigneur d’Aix, rendit hommage en 1449, à l’évêque Louis de Poitiers, pour sa parerie de Vassieux, qu’il vendait en 1452 à Jacques Penchinat.

Cependant « Reynaud de Montauban, escuyer, seigneur de Rycobel, » vendait plus tard à Gauthier un pré situé à Vassieux, et dont « Monsr de Piégon » donnait en 1561, l’investiture à l’acheteur.

D’Hostun. — Noble Guillaume d’Hostun avait des biens au Vercors. Le 2 mars 1396, il en fit hommage à l’évêque, et un acte de 1399 nous signale à St-Agnan, lieu dit al Sireyzier, un fonds tenu de la seigneurie de noble Guillaume d’Hostun.

Antoine son frère renouvela cet hommage en 1441.

Puis viennent Jacques d’Hostun, seigneur d’Hostun, Claveyson, la Laupie et Vercors ; Geoffroy, fils de Jacques, et seigneur d’Hostun, Claveyson, la Bâtie et Vercors ; et Gilet d’Hostun (frère de Geoffroy), qui renouvelle en 1475 l’hommage à l’évèque pour les biens du Vercors.

« Noble Mérault d’Autun, seigneur de la Baume d’Autun, » ayant acquis « du sieur de Claveson » la conseigneurie de Vercors, fournit, le 23 septembre 1540, devant le visénéchal de Crest « un dénombrement où il déclara tenir en fief du roi dauphin le château, terre et seigneurie d’Egluy avec ses appartenances et dépendances, valant 100 livres de revenu ; plus en fief de l’évêque de Valence et de Die la conseigneurie de Vercors, » valant « environ 15 livres de revenu, etc. »

Cette conseigneurie avait passé avant le 5 juin 1594 aux Odde de Bonniot, aux de Chypre et aux Faure de Vercors ; car ceux-ci avaient alors au Vercors « la directe seigneurie des censes apellées de Claveyzon, » et en percevaient les revenus.

Bouvier. — En 1399 plusieurs fonds de la Chapelle et de Saint-Agnan relevaient de la seigneurie de Pierre Bouvier.

Vers 1480, noble Claude Bouvier, de Fontaines, rendit hommage devant Dileri, notaire à Valence, à l’évêque de Die et de Valence pour ses biens situés à la Bâtie de Vercors. Ces biens passèrent ensuite aux Faure de Vercors et à d’autres pariers ; car vers 1560 nobles Jourdan et Gaspard Faure de Vercors, citoyens de Die et coseigneurs de Vercors, donnaient l’investiture de fonds situés à la Chapelle et en vertu des « censes acquises des Boyers, » et, en 1594, les sieurs de Soubreroche et de Bonniot, et noble Jean Faure de Vercors, coseigneur de Vercors, investissaient aussi d’une terre située à la Chapelle, « à raison des censes acquizes des Boviers » .

Penchinat. — Noble Jacques Penchinat, receveur en 1449 et 1451 de l’évêque de Die et Valence, acquit en 1452 de Jean de Montauban la terre de ce dernier au mandement de Vassieux, avec les hommes censes, services, revenus, droits et actions y attachés, la haute et basse justice, et tous les droits du vendeur audit lieu.

Aussi, le 22 juillet 1452, Jacques Penchinat était à Vassieux, où, « après avoir appelé cinq habitants qui relevaient et dépendaient auparavant dudit noble Jean Artaud, il se mit en possession réelle et corporelle tant desdits habitans, que des censes, services, émoluments jurisdiction » de lad. terre, « lesquels habitans luy prêtèrent hommage et luy reconnurent les censes et services qu’ils faisoient audit Artaud. » Acte en fut dressé par Falcon, notaire.

En 1475, il prêta lui-même hommage pour cette parerie à l’évêque Antoine de Balsac.

Le mariage de Marguerite, fille de Gaspard Penchinat, avec François Planchette, en 1501, porta la coseigneurie de Vassieux dans la famille de ce dernier.

Alois. — À la mort de Ponce de Varces, son donataire, noble Jean Alois, d’une famille déjà noble et établie à Etoile en 1420, prit possession des biens donnés. Mais, sous prétexte que Ponce s’en était réservé l’usufruit jusqu’à sa mort, Alois omit d’en payer les lods et d’en prêter hommage à l’évêque. En 1475, furent réduits entre les mains du prélat, à la requête du procureur patrimonial de l’évêché. Alois en appela au parlement, auquel il réclama « la main levée, avec caution qu’il donna pour satisfere à tous les droits dus aud. seigneur évêque. » Voici comment il s’explique lui-même au sujet des biens en question : « Lui, noble Jean Alois, est coseigneur de Vassieux, des châteaux de Rousset et Ravel, et des montagnes de Vercors ; il a la juridiction haute, basse, pure et mixte sur hommes, les revenus, maisons, prés, terres cultivées et incultes, et tous les biens que noble Ponce de Varces a eus aux-dits lieux. Ce dernier, son parent, lui en a fait donation entre vifs légitime. »

Jean Alois finit par être mis en possession du tout et en prêta hommage à l’évêque en 1475 même. Il eut pour héritier Louis, son fils, seigneur de Vassieux en 1493. Puis Ie mariage de Françoise Alois, fille de Louis, avec Pierre de La Baume-Suze, porta quelques années après, dans la maison de ce dernier, les biens dont nous parlons.

Romey. — Robert Romey, notaire de la Bâtie de Vercors en 1488, voulant honorer Dieu et la Ste Vierge, donne le 6 février 1514, à chacun des couvents de St-François et de St-Dominique de Die une rente perpétuelle de 2 quartaux de blé, le quartal étant de 2 mesures de la Bâtie. Le blé sera remis aux frères quêteurs en tournée au Vercors. Chaque année, le jour de St-Robert, on célébrera pour le donateur et ses parents une messe dans ces deux couvents. À chacun des quêteurs on donnera 5 liards petite monnaie, pour que ces frères célèbrent à la Bâtie une messe pour le donateur, qui stipule que ses héritiers feront dîner ce jour-là les religieux qui auront ainsi prié pour lui.

Robert, encore notaire en 1519, eut de noble Louise Sève, sa femme, Guichard et une fille nommée Claude.

Celle-ci épousa honorable Louis Gautier de la Tour, de St-Agnan. Elle en était veuve en 1561, date où elle fit à Pierre, son fils, donation entre vifs de tous les biens à elle provenus par la mort de « feu honorable Me Pierre Romey, en son vivant de la cité de Vallence, fils et héritier à feu Monsr Andrée Romey, advocat en son vivant de la cité de Vallence. »

Guichard était notaire à la Chapelle de 1550 à 1569 et co-rentier des émoluments de la châtellenie de la Bâtie de Vercors en 1551.

Un des siens, Pierre Romey, épousa Rose de Jonne, fille de noble Pierre de Jonne et de Louise Silve. Il en avait eu Louis, Pierre, Jaine et Claude, et Rose était morte, quand, le 22 janvier 1593, il recevait de noble Guigues « de Jone, » son beau-frère, sieur d’Olanières en Trièves, 50 écus « en pinateles royaux », à compte de la dot de Rose.

Pierre Romey contractait mariage, deux mois après, avec Thonie Dorchus,veuve à Me George Alègre, d’Autrans, et figure ensuite comme négociant et exacteur des droits de seigneurs du Vercors.

Louis Romey fut notaire à St-Agnan de 1644 à 1652. Il avait une grange à la Breytière.

Arier. — Cette famille, représentée au Vercors en 1301 par Pierre Arier, un des 18 hommes sur lesquels l’évêque céda aux Reynaud sa troisième part de juridiction, l’était en 1399, tant à la Chapelle qu’à Saint-Agnan, par diverses personnes parmi lesquelles il serait bien difficile de discerner l’auteur de noble Michel Arier, de la Chapelle, vivant vers 1500.

Ce dernier épousa Madeleine, fille de Christophe de Lapra, de Piégros, et d’Antonie de Sauvain, fille elle-même de Claude et de Belline de Geys.

Noble Reymond de Lapra, fils et cohéritier de Christophe, fit en 1519, devant Barrès, notaire à Saillans, un testament en faveur de Madeleine, sa sœur, déjà femme de Michel Arier, avec substitution au profit d’Armicende, son autre sœur.

Le 9 septembre 1540, noble Michel Arier, à son nom et à celui d’Étienne son frère, fit dénombrement devant le visénéchal de Crest. Il déclara posséder, avec sondit frère, au mandement de Vercors des censes directes valant environ 25 florins de revenu ; de plus, « à son nom et de Magdeleine de la Pra sa femme, ez mandements du Puygros, Espenel, Pontaix, Quint, Beaufort, Montclar, Mirabel, Saillans, Saou et Francillon, des censes directes valant environ 15 florins de revenu. » Le 12 septembre 1541, il fit hommage entre les « mains de Messieurs des Comptes de Dauphiné, à son nom et de Louis Arier son fils » et d’Étienne son frère, pour des « censes et rentes qu’ils possédaient à Espenel, à Vercors et autres lieux. » Michel Arier habitait alors Piégros.

Outre son fils Louis, il avait eu de Madeleine de Lapra, Barthélemy, qui fut prêtre et mourut avant 1569, et Dauphine, qui fut mariée à Guillaume Gail, de Luc.

Guillaume eut de Dauphine Arier un fils nommé Barthélemy, et deux filles, Marguerite et Jeanne. Cette dernière épousa, avant 1569, Nicolas Algo dit Peallalon, qui habitait le bourg de la Chapelle et testait le 15 septembre 1569.

Quant à Jeanne, née à Luc, elle avait perdu son père et sa mère, et habitait la Chapelle, quand, le 7 août de la même année, elle épousa Pierre Guiboud, de St-Jean-en-Royans. Barthélemy, son frère, par procuration de noble Louis Arier, écuyer, son oncle, lui constitua en dot une somme de 300 florins. Cette somme se composait de 200 florins parvenus à la future de Dauphine sa mère, de 50 légués par Barthélemy Arier son oncle, de 25 légués par Madeleine de Lapra sa grand’mère, et de 25 constitués par Louis son oncle, écuyer.

Quant aux censes des « nobles Arier » au Vercors, nous en trouvons à la Chapelle en 1550, à St-Agnan en 1551, et à Saint-Julien en 1561. Mais celles de Saint-Julien étaient alors possédées par un seul, « noble Loys Arier, dict de la Franconnière, » et mentionnées au « terrier des segneurs de la Franconière. » Ce noble, dont il avait déjà été question plus haut, habitait la Chapelle. Il disparait après 1569.

La Baume-Suze. — Noble Françoise Alois, fille de Louis, épousait vers 1500 Pierre de la Baume, qui fut seigneur de Suze, et de son chef les biens des Alois à Vassieux et au Vercors échurent aux la Baume.

En 1507, le seigneur de Suze transigeait avec les habitants de Vassieux au sujet des « prés, herbages, pâturages et hermes cédant de la montagne de St-Genys et l’Eyglette. » On partagea « les privilèges et pâturages dudit terroir en deux lots pour en jouir chacun endroit soy depuis la my may jusqu’à la fin de juillet, passé lequel et dez le 1er aoust ils jouiront en commun de tous lesd. terroirs comme ils avoient accoutumé cy devant ; chacune desd. parties payera ses censes et aura passage l’un dans l’autre, pour aller abreuver à la fonteyne dite Dou Plainet ; lesd. de Vacieu auront la faculté de fere faucher les herbes et foins en croissans dans les prés du sieur de Suze, de les emporter pour leur usage, pourvu que cella soit fait » avant la St-Pierre. L’acte fut fait à Vassieux, devant la maison de M. de Suze.

Le 28 septembre 1515, Pierre de la Baume, seigneur de Suze, par acte reçu Romey, notaire du Vercors, acheta, au prix de 515 florins et 8 gros petite monnaie, des prés qu’il avait lui-même précédemment cédés en échange à 5 ou 6 particuliers. Ils étaient situés entre St-Genis, Chironne, le bois du Pié-de-Mayosset, et Marignac.

Des actes de 1549, 1551, 1561, 1573, 1594 et 1595 parlent des droits et de quelques fonds possédés en propre par les de Suze à Vassieux. Mais les détails sont sans intérêt.

En 1597, la coseigneurie passa aux de Lattier.

Planchette. — Une branche de cette famille eut la seigneurie de Piégon et une parerie à Vassieux, par le mariage, en 1501, de François Planchette avec Marguerite Penchinat.

De ce mariage naquirent François, qui épousa Marie de l’Espine, et Guillaume, qui épousa Marguerite de Draguignan. Un acte de 1539 dit François Planchette seigneur de Piégon et coseigneur de Vassieux.

Hercule de Gironde, procureur de Monsieur de Piégon, investit d’un pré à Vassieux en 1561, et permet à un particulier en 1570 de faire des ais et du charbon au bois de Vassieux.

En 1574, François de Planchette écuyer, sieur de Piégon, teste en faveur de son fils Louis, avec des legs de 500 écus d’or sol à Scipion, à Henri-Charles-Maximilien-César et à Annibal, ses autres enfants ; de 50 écus à Lucrèce, sa fille, femme de noble Marin de Colombaud, outre les 1 000 livres de sa dot ; et à Marie de l’Espine, sa femme, des juridictions de Piégon, Vassieux et Aureaux, et de la cense de Valréas.

Louis Planchette étant mort sans enfants, ses droits passèrent, en vertu de substitution, à Scipion son frère, qui, ayant épousé Marguerite de Seguins, en eut Jean-Marie et Marie Planchette.

Scipion vendit, le 14 décembre 1589, devant Alexandre Curti, notaire à Carpentras, sa coseigneurie de Vassieux à Gabriel-Marie de Seguins, gentilhomme de la chambre du roi, citoyen de Carpentras, dont les descendants ont continué à porter le nom de Vassieux et sont représentés actuellement par le marquis de Seguins-Vassieux.

Mais les de Seguins ne devaient pas garder longtemps leurs droits à Vassieux.

Dès 1577, le testament de noble Pierre de Raffin et de Catherine Planchette, mariés, qualifiait celle-ci dame en partie de Piégon, Vassieux, les Aureaux et Mialons. En 1604, furent faites des procédures pour Catherine de Raffin, fille de Pierre et de Catherine Planchette, en répétition de ses droits légitimaires à Piégon, Mialons, Vassieux et les Aureaux. Ces compétitions furent peut-être la cause pour laquelle les de Seguins abandonnèrent Vassieux. En tout cas, ils y étaient remplacés dès 1602 par François de Gironde.

Abicel. — Cette famille déjà au Vercors par Pierre Abicel vers 1301, y était représentée en 1550 par Jean Abicel, de St-Martin-en-Vercors, dont le testament, du 5 décembre de ladite année, suppose une fortune considérable.

En 1551, « les Abiceaulx de Sainct-Martin aud. Vercors  » avaient directe sur une maison de « la Matrassière, » à St-Julien-en-Vercors, proche de fonds tenus des Faure de Vercors.

Ils paraissent avoir quitté depuis longtemps Saint-Martin. Dès mars 1551, Guillaume Abicel, de ce lieu, était investi de biens à St-Agnan, et, 8 mois après, « Martin Abicel, de St-Martin-en-V., » était établi à Châtelus. Mais le quartier qu’ils habitaient, à 900 mètres au nord de l’église de St-Martin, était à la fin du xvie siècle, comme aujourd’hui, « le mas des Abisseaulx. »

Les biens de Jean Abicel, testateur de 1550, en ce lieu, passèrent à son gendre, Gabriel Bonnet, et 50 ans plus tardnous y trouvons des biens à Me Claude Bonnet notaire.

De Piégros. — Cette famille était représentée en 1496 par noble Antoine de Piégros, qui avait alors un moulin à Die.

Par dénombrement fourni, le 20 mars 1539, devant le visénéchal de Crest, « Jean et Guillaume de Piégros, cousins, déclarèrent posséder à Pontaix etc. ; plus, au Vercors, en la paroisse St-Agnan, lieu dit à la Bretière, 12 hommes justiciables dont leurs auteurs avaient fait hommage à l’évêque de Die et de Valence, et estoient francs de leyde à Die ; plus, qu’ils prenaient audit lieu en censes directes 8 sestiers 1 quarte 1 coupe 1/2 seigle, 6 sestiers 1 quarte 3 coupes et 1/2 avoine, 6 florins 9 sols 2 deniers et 4 poules, etc. »

Plusieurs actes de 1551 prouvent que Guillaume de Piégros, écuyer de Piégros, et Jean de Piégros, son cousin, écuyer de Pontaix, étaient alors seigneurs directs d’une terre située à Saint-Agnan, en Riousec, et de divers fonds et maisons situés à la Breytière. Le premier avait un fils, Jean, écuyer, qui agissait pour lui. Cependant Louis Rochas fut à plusieurs reprises gérant des deux cousins au Vercors.

« Noble François de Puy gros, de Barsac, » seigneur direct d’immeubles à la Breytière en 1645, était au Vercors en 1650 et 1652.

Chalvet. — Dès 1550, « Me Jean Chalvet, natif de Mens en Triesves, » comme il l’a écrit lui-même, était notaire et habitait « la Bastie de Vercors, » tandis que Michel Lamit, son collègue de notariat, habitait le bourg même de la Chapelle.

Le 19 novembre de ladite année, Marcellin Pezet, également habitant « de la Bastie de Vercors, » dont il était « vibalhe, » passa une quittance à notre Jean Chalvet, qui était « son beaufîlz. » Par cet acte, Pezet reconnaissait avoir reçu de ce dernier la somme de 300 florins petite monnaie, et ce tant en 60 écus d’or sol qu’en une cédule de 70 florins « en laquelle Bontoux Chalvet, frère dud. Me Jehan Chalvet, por et au nom dud. Me Jehan, soy est soubmis aud. Me Marcellin Pezet ; et ce en déduction et par la première paye de la verchière que led. Me Jehan Chalvet se seroit constitué en verchière avec Margarite Pezete, fille dud. Marcellin, » en contrat de mariage reçu Lamit.

On ne trouve plus Marcellin Pezet après janvier 1551, mais son gendre et sa fille achètent vers 1556 une propriété considérable, dont les bâtiments étaient au lieu dit en Lalamende, au couchant du chemin de la Chapelle à la Rivière. Cependant, pendant les années 1561 et 1569, les deux seules pour lesquelles nous ayons ses registres de protocoles, Jean Chalvet instrumentait le plus souvent au chasteau de la Bastie et dans sa maison. Ainsi, c’est là qu’il reçut, le 27 juin 1569, une quittance faite par « Me Claude Chalvet, marchand et habitant de Romans, » au notaire même et à un frère de celui-ci, nommé Claude comme le créancier, lesquels payaient au nom « de Bontous Chalvet, marchant » de Mens en Trièves, de la somme de 120 florins, à compte de plus forte somme due par ce dernier à Claude Chalvet, suivant acte reçu Claude Magnan, notaire à Mens.

Depuis l’achat dont nous avons parlé, Marguerite Pezet ne paraît plus, et nous allons voir que Jean Chalvet fut marié deux fois. Quant à l’époque précise de la mort de celui-ci, nous ne la savons pas ; mais il est certainement le « Jehan Chalvet de Vercors » qui fut témoin, au château de Morges, d’une quittance passée, le 29 janvier 1587, par « noble Christofle Blosset, du Monestier-de-Clermont, comme mary de damoyselle Marguerite Chalvette, » à la veuve du « Cappitaine de Mens. » Or, il était mort le 4 avril 1587, jour du contrat de mariage de son fils Claude avec Suzanne Magnan-Chabert, veuve d’Étienne Bernard.

L’acte de ce contrat fut dressé à la Chapelle-en-Vercors, dans la maison de Pierre, autre fils, et successeur comme notaire en ce lieu, de Jean Chalvet, mais par Antoine Liourat, notaire royal delphinal à Die. Claude, le futur, y est qualifié de « filz à feu Me Jehan Chalvet, notaire en son vivant de Vercors. » Les futurs épouseront « en l’esglize refformée. » Pierre Chalvet notaire de la Chapelle « filz et héritier universel de feu mestre Jehan Chalvet et Anthony Vallensan, ses père et mère » intervient au contrat pour constituer en « docte audict futur espoux son frère et comptant la somme de cent escutz sol, » pour lui « tenir lieu des légats à lui faicts par ses père et mère dans leurs testaments et des droits à lui écheus dans la succession de ses frère et soeur décédés ab intestat. »

Dans ce contrat est relaté un acte du 10 avril 1584, reçu par le notaire Pierre Chalvet, dont on n’a conservé les protocoles que de 1593 à 1595 inclusivement.

Pierre était remplacé comme notaire au Vercors par son fils Daniel dès 1605, et sa veuve Isabeau Barbier, établie à Die avec son fils David, y mourait protestante le 9 décembre 1650.

Daniel, testant le 30 juin 1651, élit sépulture « au cimetière de ceux de la religion reformée, » dont il fait profession. Il lègue à son petit-fils Jean Sagnol, fils d’Isaac, « son office de notaire avec toutes ces nottes et contractz par lui receus, ensemble par feu Me Pierre Chalvet son père, Me Jean Chalvet son grand’père, Mres Michel et Étienne Lamit, aussi notaires, » pour en « juyr estant en aage compétant et capable, laissant néantmoins la paysible possession du tout aud. sr Sagnol son père, et beau fils du testateur. » Il lègue à Louis, Pierre et Jacques Sagnol, ses petits-fils, enfants dud. Isaac, 100 livres tournois à chacun ; à chacune de ses petites-filles, Anne et Suzanne Sagnol, aussi filles dud. Isaac, 300 livres tournois ; à Jeanne, sa fille naturelle, 3 livres tournois, outre ce qu’il lui constitua en mariage ; et à Jeanne Gautier, sa femme, l’usufruit de la moitié de l’héritage qu’il a eu de feu Jean Chalvet son frère. Il fait son héritière universelle Louise Chalvet, sa fille,épouse Sagnol. L’acte fut fait à la Chapelle, chez le testateur malade, qui mourut peu de jours après et que remplacèrent comme notaire aud. lieu, de 1663 à 1710 son petit-fils Jean Sagnol, et de 1715 à 1735 Claude, fils de ce dernier.

Mais David, frère de Daniel, avait épousé en 1613 Marie d’Armand fille d’un conseiller à la Chambre de l’Édit, et acquérait une haute influence, comme réformé et comme avocat, à Die, où il mourait en 1649, laissant 5 fils et 3 filles.

L’aîné de ceux-là, Pierre, né à Die vers 1614, docteur en droit depuis 1635, avocat à Die, puis conseiller au parlement de Grenoble, fut héritier universel de son oncle Claude Chalvet, négociant à la Chapelle en 1649. Il eut des biens à St-Martin, des prairies à St-Julien-en-Vercors, et le domaine des Chaberts à la Chapelle, ce qui l’attira souvent au Vercors. Il mourut en 1682, laissant 10 enfants, dont l’aîné Pierre fut son héritier universel, et dont le puîné, Alexandre, hérita du domaine de St-Martin-en-Vercors.

Le deuxième fils de David, Alexandre Chalvet, de Die, sieur de la Jarjatte 1653, co-rentier des dîmes, rentes et revenus épiscopaux au Vercors en 1654, s’établit à Pont-en-Royans vers 1656, par suite de son mariage avec Alix Pourroy. Il eut, comme son frère Pierre, une nombreuse famille, et continua de se qualifier sieur de la Jarjatte, du nom d’un quartier de la Chapelle auquel il avait une propriété. Son fils Jean eut plusieurs enfants, dont le dernier était Isabeau. M. Accarias, dans son excellente notice sur les Chalvet, se demande ce que devint Isabeau, née le 3 janvier 1700. Or, le 31 août 1734, « demoiselle Elisabeth Chalvet » contractait mariage, devant Archinard notaire à Saillans, avec sr Paul Sauvion, « marchand dud. Saillans.» En 1738 elle avait à la Jarjatte un domaine qui en 1741 comprenait un moulin, et que Sauvion affermait en 1750 pour 340 livres, 20 livres beurre et 20 livres fromage par an.

En 1775, ce moulin était encore au sr Sauvion de Saillans.

Faure de Chipre. — Par son testament fait le 2 janvier 1551, Antoine Faure de Vercors avait institué pour son héritier universel Gaspard Faure de Vercors, son fils. Mais, outre ce fils, il avait eu de sa femme Louise de Beauchastel une fille qui fut nommée Madeleine, s’allia à la famille de Castillon et fut mère de Jeanne et de Charlotte de Castillon. Jeanne épousa Claude de Chipre, seigneur de Soubreroche, et en eut Jacques de Chipre. Charlotte, déjà morte en 1551, avait eu de son mari François de Chipre, un fils et une fille, nommés Jean et Claude. Or, par son testament du 2 janvier 1551, Antoine Faure de Vercors avait substitué à Gaspard, son héritier universel, Jacques de Chipre, fils de Claude, écuyer, et de Jeanne de Castillon, avec charge de venir habiter la maison du testateur à Die et de « porter les surnoms et armes dudit de Vercors, » sans quoi la substitution n’aurait pas lieu. Au cas où Claude et Jacques n’auraient pas de postérité, Jean de Chipre, fils de François et de Charlotte de Castillon, leur était substitué. Gaspard Faure étant mort sans enfants, la première substitution ressortit son effet, et ainsi, comme le disent Guy-Allard et Chorier, une branche de la famille de Chipre prit le nom et hérita des biens des Faure de Vercors. Dès 1580 on trouve noble Jacques Faure de Vercors dit de Chypre, qui guerroie fort, prend une part très-active au siège de la Mure, et est chargé par Buis, prieur de Recoubeau, d’affermer les dîmes de ce prieur. En 1583, il est dit coseigneur de Vercors dans la vente que lui et noble Claude de Chipre, sieur de Soubreroche, firent de bâtiments situés à Die. Vers 1584, il est seigneur de Soubreroche et de Vercors et mari de Justine de Montauban. En 1589, il fait un accord avec Balthazard Flotte-Montauban, à raison de la vente de la terre de Soubreroche. Enfin, Jacques de Chipre eut le gouvernement de Bricherasio en Piémont, et fut tué en défendant cette place, antérieurement au 5 juin 1594, jour avant lequel son fils, noble Claude de Chipre, qu’il avait eu de sa femme Justine de Montauban, lui avait succédé comme coseigneur de Vercors. Au surplus, un acte de 1595, parlant des droits de cette famille au Vercors, les attribue simplement aux « hoirs à noble Jacques Faure de Vercors ; » et on sait que Claude, après avoir, comme son père, passé dans les camps une grande partie de sa vie, périt de la suite des blessures qu’il reçut au siège de Gavi, où il commandait le régiment de son beau-frère, le vicomte de Tallard.

Justine de Montauban, sa mère, dame de Soubreroche, habitait en janvier 1625, à Châtillon en Diois, avec un autre fils, noble Charles Faure de Chipre, sieur de Soubreroche. Celui-ci fut coseigneur de Vercors, et eut de Philippe de Bonne son épouse, 4 enfants, nommés François, Étienne, Charles et Alexandre. Il mourut avant décembre 1633, date où ceux-ci étaient sous la tutelle de leur mère.

François était coseigneur de Vercors en 1633. Quant à Charles, qui testait vers 1647 en faveur de Philippe, sa mère, remariée à noble Albert de Gaillard, seigneur de Bayons, il fut seigneur de Soubreroche et de Vercors, et ce titre passa à Louis, son fils. Celui-ci, qu’il avait eu de Claire de Dorne, sa femme, fut marié en 1687, après la mort de ses père et mère, à Anne de Benoît, fille de Jean et de Louise de Planta.

En 1725 l’évêque de Die retirait une ferme de « 150 livres pour les 6 portions acquises par mondit seigneur du sr de Soubreroche. »

Gauthier de la Tour. — Pierre Gauthier de la Tour, fils et héritier universel de Louis, dès 1561, était, comme son père, de St-Agnan, où il habitait apparemment la maison dite de la Tour.

En 1593, il était vichâtelain du Vercors, et possédait avec cette dernière maison et des fonds à St-Agnan, un domaine à St-Julien-en-Vercors, et de nombreuses terres avec un moulin à St-Martin. Ses biens en ce dernier lieu consistaient en « un tènement de maison, grange, pré et terre au mas de Michallon, » contenant 41 sétérées 3 quartes ; 2 prés et 3 terres aud. mas ; « un mollins, faurye, plassage, jardin, pré, terre, chenevyer » aud. mas, et « ayant la rivière de Tourtres du levant et du vent, et celle « de Bues » du couchant ; 1 pré aux « Abisseaulx, » 1 à Tourtres, 1 à « Revolz. »

Capitaine châtelain des coseigneurs de Vercors en 1605, il laissa ses biens avant 1611 à Louis, qui épousa noble Anne de Margaillan, en eut Jean, Louis, Jacques, François et Jeanne Gauthier, et mourut vers 1658.

Jean, son fils, dit sieur de la Tour, fut exacteur des tailles de plusieurs communes, capitaine châtelain du Vercors, et possesseur du domaine de la Tour. Il fut qualifié noble à partir de 1662, et mourut vers 1676, ayant institué Marguerite Odde de Bonniot, son épouse, pour héritière universelle avec fidéicommis pour César Odde de Bonniot, son neveu, lequel recueillit en effet l’héritage postérieurement à 1681. Ainsi la maison de la Tour passa aux Odde de Bonniot.

Louis fut appelé sieur de Larenier, du nom d’un quartier des biens paternels situé à St-Agnan. Il était en 1652 capitaine au régiment d’Aiguebonne, et eut la propriété de St-Martin, où il habita dès 1662 avec la qualification de noble. C’est lui qui fit donner à la maison située au levant et à 800 mètres du village de St-Martin, cette forme ample qui, avec les deux fenêtres jumelées du couchant et une tour au nord-ouest, aujourd’hui cachée par une addition de bâtiment, lui a valu le nom de château de Larenier. Il mourut vers 1669, laissant pour héritière universelle Madeleine Martinon sa femme, native de Grenoble, qui en 1685 habitait la propriété héritée et en retirait un revenu annuel de 433 livres, outre quelques victuailles et bons services. Madeleine mourut elle-même vers 1709, ainsi que Marguerite Martinon, sa nièce et donataire universelle, épouse de noble Pierre de Beaumont sieur de Montaud, habitant la Rivière près St-Quentin.

Jacques, dit sieur de Lachau, habita St-Agnan, et y mourut vers 1694, laissant pour héritière Suzanne Faure sa femme.

François, sieur du Barry, était à St-Agnan en 1645 et 1650.

Jeanne fut mariée en 1644 Michel Ravix, fils d’un notaire du Villard,et lui porta 2 000 livres tournois de dot. Au contrat de mariage, passé à la Tour, assistèrent noble Salomon du Rochas, noble Félicien de Margaillan (fils de noble Jacques de Margaillan, seigneur de Miribel), noble Jean de Margaillan, et sr Abraham de Cros.

De Gironde. — Après « Herculles de Gironde,» agissant comme procureur de M. de Piégon à propos de la parerie de celui-ci à Vassieux, dès 1561, et François de Gironde, qui lui succéda, on voit noble Maximilien de Gironde coseigneur de Vassieux, antérieurement au 22 juin 1602, pour la parerie venue des Planchette de Piégon. À cette date, ce Gironde albergea aux habitants de Marignac la faculté de faire paître les bestiaux et couper du bois de haute futaie et autre dans les hermes, bois et montagne de St-Genis et de Vassieux, et ce moyennant 6 livres de cense annuelle. L’acte fut reçu Plante, notaire de Die.

Maximilien avait encore en 1607 la coseigneurie de Vassieux, laquelle en 1615 comprenait 17 hommes ou sujets et fut peu après cédée aux Engilboud pour 60 écus

Odde de Bonniot. — Noble Jean Odde de Bonniot, coseigneur de Vercors en 1593 et 1595, avait aux Bayles des « mollins et seyte. » Ils les affermait, pour le prix annuel de 10 sétiers moitié froment et moitié seigle, à un fermier auquel le « granger de la Franconière » dud. Bonniot aiderait de 2 journées de bœufs, et, moyennant ce, ferait moudre gratuitement pour sa famille. Le 20 août 1595, ce noble achetait de Magnan-Chabert le passage pour conduire l’eau de Vernaison à ces moulins et scie, et donnait le prix fait du pontillard pour faire passer l’eau sur Vernaison. Il payait le passage 10 écus, le pontillard autant.

En 1633 et 1660, noble François Odde de Bonniot, sieur de Prébois, avait la coseigneurie de Vercors, qui en 1652 consistait « en rentes, laoudz et autres devoirs seigneuriaulx, » affermés 237 livres.

Noble César Odde de Bonniot, sieur de Salières, présent à la Tour en 1673, avait dès 1662 la coseigneurie, à laquelle il joignit la maison de la Tour, héritée de Gauthier son oncle. Il vint même fixer sa demeure dans cette maison. Il y résidait déjà en 1713, époque où elle est appelée château de la Tour. Il avait des moulins, scie et battoir, et diverses propriétés à St-Agnan, la propriété de Ladomaraire et les moulins et scie de Chanoni à St-Julien, les domaines de la Berthuinière et de Larenier à St-Martin.

Ce dernier était échu à Madeleine Martinon, veuve du sieur de Larenier, à sa nièce, épouse de noble Pierre de Beaumont, et aux enfants de ceux-ci, notamment à Marie-Anne de Beaumont, née vers 1693. Aussi Pierre de Beaumont l’administrait en 1714. Cependant César Odde de Bonniot était en possession de Larenier en 1721, année où il achetait de Denis Bonnard les sources de pré-Michon, pour les conduire dans la basse-cour de ses domaine et château de Larenier. Des actes de 1724, 1728 et 1734 l’en disent encore le possesseur. Toutefois les de Beaumont avaient conservé des droits à St-Martin, et un partage des domaine et château de Larenier en attribua la moitié à Jean-Michel, de la Rivière, mari de Josèphe de Beaumont, fille de Pierre et de sa seconde femme Marie Charvin, et cessionnaire des droits de Marie-Anne de Beaumont sa belle-sœur. Les Michel y étaient en 1747.

Quant à M. de Bonniot, qui avait eu dans le partage de Larenier la moitié des bâtiments, la tête des champs et le pied des prés, il souffrait, dit-on, devoir le domaine ainsi divisé, et François-César, son fils et héritier, finit par en vendre sa part en 1749 à Étienne Gauthier, originaire de St-Julien-en-Vercors, et son fermier dans cette part. Le prix fut de 7 400 livres de l’Édit et 43 livres d’étrenne. Le vendeur se réserva seulement les droits seigneuriaux sur les fonds vendus.

Jean Michel, Marie-Anne et Josèphe de Beaumont moururent tous à Larenier en 1779, et, le 4 janvier 1782, Étienne Michel, héritier bénéficiaire de Marie-Anne de Beaumont sa tante, vendait à Joseph Gauthier, son voisin, pour 170 livres, un plassage et une partie des bâtiments de Larenier.

Revenons aux Odde de Bonniot.

Leur château de la Tour fut incendié vers 1720, et l’incendie, qui avait brûlé ou dispersé des titres, fut l’objet d’une enquête. César se hâta de faire restaurer cette demeure, et l’habitait de nouveau en 1724.

Ce même César, qui le 18 août 1726 acquit de M. de Bressieu une conseigneurie au Vercors, avait épousé Marthe Arnoux, fille de Jean, rentier à Die, et en avait eu avant 1734 plusieurs enfants bien connus. Ainsi, le 16 octobre 1737, Marthe léguait à noble René Odde de Bonniot, sieur de Saint-Agnan, lieutenant dans le régiment de Conti-Infanterie, et à noble René-Alexandre-César Odde de Bonniot, sieur de la Chapelle, « lieutenant dans le régiment de Royal-des-Vaisseaux aussi Infanterie, » ses fils, à chacun 7 000 livres ; à noble Jean Odde de Bonniot, sieur de Saint-Julien, aussi son fils, qui n’avait pas encore 25 ans, 7 000 livres ; à Marianne-Marthe et Marie-Virgine Odde de Bonniot, ses filles, qui n’avaient pas encore 25 ans, à chacune 9 000 livres. Elle fait César usufruitier, et noble François-César Odde de Bonniot, sieur de la Bâtie, leur autre fils, héritier universel.

Le 4 janvier 1745, César teste à son tour. Il lègue à René, alors capitaine d’infanterie au régiment de Conti, le domaine de la Berthuinière, avec les moulin et autres artifices en dépendant, mais à charge de payer, à la décharge de l’héritier universel, 5 000 livres à l’un des autres légataires ci-dessous ; à René-Alexandre-César, capitaine d’infanterie au régiment de Royal-des-Vaysseaux, la somme de 5 000 livres ; à Jean, pareille somme, et un appartement meublé dans le château de la Tour, et du bois pour son chauffage, s’il ne peut vivre avec l’héritier ci-dessous, tant qu’il ne sera pas marié ; à Marianne-Marthe, épouse de M. de Clermont, d’Orpierre, 10 livres en sus de sa dot ; à Marie-Virgine, qui n’a pas encore 25 ans, 5 000 livres. Il fait héritier universel François-César, et il veut qu’on fasse un drap mortuaire où seront les armes de la maison et qui restera à l’église où il sera enseveli.

César meurt en 1767, et est remplacé à la Tour par François-César, son fils, lequel épousa Marie-Madeleine de Durand de la Molinière.

François-César a, avec ses propriétés, 8 parts de la coseigneurie de St-Agnan indivise avec l’Evêque, qui en a 6, et avec MM. de Lamorte et Malsang, qui en ont chacun 1. En 1750, Rochas prend de lui à ferme pour 8 ans les domaines de la Tour, Larnaud, Fauron, la Molle, Rochas de Lardy, Foulettier et leurs dépendances, ainsi que « le château de la Tour, la partie du jardin de bize y attenant, le vergier, le pré de la Sagne, les prés acquis de M. de Chabon, la sie au dessus du grand pré de la Tour, les droits seigneuriaux que led. seigneur perçoit au Vercors et qui consistent en censes, lods, pâturages et pulvérages des montagnes dud. Vercors, droit de châtellenie, » et « le pigonnier attenant aud. château, composé d’environ soixante paires pigeons. » Il doit payer 3 100 livres de rente par an, et fournir à M. de la Tour le bois de chauffage et pour cuire le pain, lui nourrir ses chevaux et ceux de ses amis lorsqu’ils viendront aud. château, et tout le temps qu’ils y resteront, sans rien prétendre, et lui nourrir « son cheval foin et paille annuellement dans le cas qu’il en tienne un à la Tour. »

Encore vivant en 1778, François-César était mort dès 1780, année où sa veuve, Marie-Madeleine de Durand plaidait contre Gauthier. Celle-ci avait hérité du domaine de la Tour et le possédait en 1780 ; car on a les lettres de ratification, accordées depuis, par la sénéchaussée de Valence, de la vente de ce domaine passée, avant 1790, par cette dame, à Jean-Antoine de Gueymard, sieur de Saint-Ferréol, au prix de 18 200 livres.

La propriété et le château de la Tour ont passé plus tard à M. Chapays.

René Odde de Bonniot, sieur de Saint-Agnan, capitaine de grenadiers vers 1766 et lieutenant-colonel d’infanterie avant 1775, fut possesseur de la Berthuinière.Il testa en 1782 en faveur de son neveu, noble François-René de Taxis de Clermont, avec des legs à Marguerite-Marie-Anne de Taxis, sa nièce. Il signait : le Chevalier de Saint-Agnan. Il était mort dès 1793, ainsi que René-Alexandre-César, sieur de la Chapelle.

Jean, sieur de St-Julien, dont nous avons parlé à propos de l’hôpital de St-Agnan, vivait encore en 1793.

Marie-Virgine testa le 18 septembre 1749 devant Charpenel notaire à Tullins, en faveur de François-César, son frère aîné, avec substitution, faute d’enfants, de René-Alexandre et, successivement, de Jean, ses frères.

Marie-Anne-Marthe, qui avait épousé M. de Taxis de Clermont vers 1741, en eut plusieurs enfants. Un d’eux fut François-René, qui avait recueilli l’héritage de René et René-Alexandre-César, ses oncles, et était débiteur à Jean, autre oncle, de l’héritage de Marie-Virgine, quand, le 13 avril 1793, ce dernier songea à utiliser en partie les droits de celle-ci, qui lui revenaient par substitution. Jean donna en effet à Rochas, notaire de la Chapelle, un acte de délégation pour aller réclamer « au citoyen René-François Taxis, résidant à Orpierre » (Hautes-Alpes), 5 000 francs, sur 8 000 auxquels il prétendait.

On voit enfin « François-René Taxil » vendre le 10 prairial an V, devant Guillot, notaire à Tourtres, à Joseph Marcon, de St-Martin, une terre située au Brias et un pré avec terre au pré du Perier, territoire de St-Martin. Sur le prix de 1 800 livres, 600 livres sont payées comptant, et les 1 200 autres seront payées, le 5 germinal suivant, à Odde de Bonniot du Roux, habitant à Tourre, hameau de St-Jean d’Hérans près Mens (Isère), à la décharge de Taxis.

Perdeyer. — En 1595, « noble Fran. Perdeyer, filz à noble Claude Perdeyer, » habitait Die et achetait des biens à St-Agnan, notamment une terre dite la Reynaudière.

De Lattier. — En 1597, Claude de Lattier, seigneur de Charpey, ayant fait « saisir et inquanter » la parerie de Vassieux qui avait appartenu au comte de Suze, l’acheta lui-même et s’en mit en possession. Comme il ne s’inquiétait pas assez de payer les lods dus pour cette acquisition, l’évêque de Die et de Valence le fit assigner en payement de ces lods. Du reste, M. de Charpey vendit la parerie, le 2 avril 1602, à Jacques Muret, avocat de Montélimar, devant Raymond d’Estret, notaire à Valence.

Muret. — Jacques Muret, avocat de Montélimar, acquit en 1602 les droits des Lattier à Vassieux. Le 22 septembre de la même année, par acte reçu Guillet, notaire à Die, il albergea tous les droits de pacage et de coupage de bois qu’il pouvait avoir à St-Genys et au mandement de Vassieux, aux habitants de Marignac, qui pour ce devaient lui payer annuellement : ceux n’ayant pas de bœufs, 1 quarte froment ; les autres, 1 émine froment, la communauté en corps, 4 chapons et 4 poules, outre les introges de 50 écus.

En 1604, Muret prêta hommage, devant Bertrand notaire à Die, à l’évêque de Die et Valence, pour la coseigneurie de Vassieux, avec les maisons, granges, chazaux, domaines, bois, terres, prés, hermes, censes, chasses, revenus et pensions dépendants de cette coseigneurie. Mais, malgré cet hommage obligé, Muret se posait à Vassieux comme un maître. Un « extrait du conseil épiscopal » du 13 janvier 1607 « pour informer des excès et entreprise du sr Muret, » représente celui-ci comme « prenant la qualité de seul seigneur de Vacieu, faisant assembler les hommes à la place dud. lieu pour leur commander de l’appeler M. de Vacieu, avec menaces, et darda son épée contre un habitant, et faisant reconnoître tout plain d’habitant pour ses jurisdiciables, jurant qu’il tueroit quelqu’un quand il le devroit faire sur l’autel. » De plus, l’albergement de 1602 par Muret aux habitants de Marignac vexait ceux de Vassieux, qui se prétendaient en possession immémoriale de bûcherer et faire paître dans les bois de Vassieux et à Saint-Genys. Enfin, ce ne fut qu’après avoir fait, le 2 septembre 1608, avec le sieur Reboul un traité d’après lequel celui-ci et ses successeurs pouvaient jouir librement des montagnes et forêts de Vassieux, moyennant 67 liv. 10 sols d’introges, qu’il songea à dénier aux habitants de Marignac les droits de bûcherage et de pacage auxdites montagnes, au moyen de la clause de 1602 d’après laquelle il n’albergeait qu’autant qu’il le pouvait. Au surplus, il ne céda pas pour cela aux gens de Vassieux. Le 9 décembre 1614, il présenta au parlement une requête pour obtenir l’interdiction contre eux de faire paître ou bûcherer à Saint-Genys.

C’était trop violent aux yeux des habitants de Vassieux. Après des formalités inutiles, ils jugèrent que le mieux pour eux était de se défaire de la personne même du tracassier avocat. Un d’eux voit un jour ce dernier, monté sur son cheval, prendre le chemin de Quint. Il lui offre de l’accompagner. Arrivés à un passage étroit et abrupt, surmontant un horrible abîme, nos voyageurs marchaient avec la plus grande précaution, quand le compagnon de Muret, feignant d’aider cheval et cavalier a franchir sûrement l’affreux escarpement, les pousse dans l’abîme, où leurs corps en lambeaux ne tardèrent pas à servir de pâture aux aigles et aux vautours. C’est ce que rapporte la tradition locale, et ce que relatent des documents disant que Muret « fut assassiné dans la montagne par un habitant de Vacieu. »

Cette mort ne termina pas les difficultés. Après une transaction entre les héritiers de Muret et Vassieux, qui accorda aux habitants quelque satisfaction, et une reprise d’instance par l’évêque en 1619, Louise de Vesc, veuve Muret, finit par vendre la parerie, dans une enchère devant le visénéchal de Montélimar. L’acquisition fut faite, en 1622, au prix de 1 200 écus, par Hercule Engilboud, par acte reçu Chabanas notaire à Montélimar.

Lamorte. — Cette famille était représentée à Die avant 1626 par Jacques de Lamorte, écolier de l’académie protestante du lieu, qui, en 1633, docteur et avocat, constituait au consistoire local 7 livres 10 sols de pension.

Jacques eut des biens à Vassieux et à St-Martin. Il mourut vers 1660, et eut pour héritier François, greffier de la judicature mage de Die en 1673, notaire et procureur aux cours de Die en 1683, lequel avait à St-Martin dès 1673 le domaine dit des Algouds, affermé 300 livres tournois, 50 livres chanvre, 6 chapons, 1 pot beurre fondu, 100 œufs, 1 quartal poids et 1 quartal lentilles mesure du Vercors, tous les ans.

Ce domaine appartenait dès 1738 à son descendant Jean-François de Lamorte-Félines, procureur à Die en 1738, notaire en cette ville vers 1740. Celui-ci laissa, à sa mort, arrivée avant 1775, l’usufruit du domaine des Algouds à sa veuve, Françoise Gueymard, qui en avait eu Jean-François, notaire et procureur à Die en 1777, et Joseph, officier au régiment des grenadiers royaux de Dauphiné, et résidant à Die en 1775.

Jean-François eut deux fils, dont l’un, du même nom que lui, était dès 1790 également notaire et procureur à Die, et l’autre, Pierre, y fut praticien. Ce dernier est légataire pour 600 livres dans le testament du 30 août 1790 de Joseph de Lamorte, son oncle, ancien officier chevalier de l’ordre de St-Louis, tandis que son frère y est légataire universel. Du reste, leur père et leur oncle figurent encore dans un bail à ferme de l’an VI passé pour 8 ans et au prix de 430 livres, 40 sétiers froment et quelques fournitures chaque année, du domaine des Algouds, acquis plus tard par M. Bellier notaire à Saint-Martin, et dont la maison est encore appelée le château des Algouds.

Mais il y avait encore à Die une autre branche de Lamorte, dont il faut nous occuper.

Après Jean-François de Lamorte, habitant Die vers 1616, et un bourgeois de Die du même nom, ayant des biens à St-Agnan en 1644 et en 1651, apparaît Jean-François de Lamorte ayant en 1689 et 1700 des biens à la Chapelle.

Ce dernier eut pour héritier Charles de Lamorte, co-seigneur de Vercors en 1716 et 1737, ayant un petit domaine à la Bessée et dès 1717 un grand à la Franconnière, capitaine au régiment d’Auvergne, et décédé avant septembre 1739.

À Charles succéda son frère Jean-François, encore coseigneur du Vercors, en 1759.

Celui-ci avait épousé avant 1745 la fille d’Étienne Guillet de l’Isle, négociant de Die, qui avait acheté des Sagnol en 1718 la maison dite le château, située au nord-est et au pied du rocher de la Bâtie, et acquis dès 1730 la seigneurie de Charens près Luc.

Après la mort de Guillet, arrivée de 1750 à 1759, ses biens et titre passèrent à son gendre, puis à son petit-fils Étienne de Lamorte-Charens, coseigneur du Vercors (pour 1 part sur 16) avec l’évêque, les Bonniot et Malsang, et seigneur de Charens dès 1765, conseiller maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Dauphiné dès la même année, ce qui lui valut la noblesse. Il résidait à Die en 1765 et 1777. Il fut marié à Diane-Olympe Isoard et siégea aux États-généraux de 1788. Un de ses fils prit le nom de la propriété de la Franconnière, sous lequel est connu son fils unique à lui, Paul-Étienne-Charles de Lamorte-Charens, né en 1808, grand officier de la Légion d’honneur, général depuis 1864, décédé à Saint-Marcel-lès-Valence le 12 juin 1874.

Engilboud. — Ennobli par lettre d’octobre 1608, vérifiées par arrêt du 12 décembre 1611, Hercule Engilboud, de Die, porta de gueules au lion d’argent, traversé d’une fasce chargée de 3 coquilles de sinople.

Hercule, ayant acquis en 1622 la parerie de Muret à Vassieux, en fut investi par l’évêque et en paya les lods le 16 novembre 1624, devant Masseron notaire à Die. Par suite de cette acquisition, à laquelle fut jointe celle de la parerie des Gironde, ce noble donna, le 9 novembre 1625, à la commune de Die la faculté de prendre du bois à Vassieux pour le chauffage et les bâtiments, à proportion de sa part et sous la cense de 6 livres par an.

Après avoir aussi acquis la seigneurie de Boule et des droits à Soubreroche, il mourut, laissant, avec sa veuve Hélène Artaud de Montauban, qui en 1633 constituait une pension de 12 livres au consistoire de Die, son fils, « noble René d’Engilboud, seigneur de Boule, coseigneur de Vassieux » qui en constituait une de 20 livres en même temps et au même consistoire.

« René d’Engilboud, » même après avoir vendu une maison dans le bourg de Vassieux, avait encore dans ce lieu, en 1651 et 1668, un domaine consistant en bâtiments, terres et prés, et affermé 240 livres, 1 sétier pois, 1 sétier lentilles, 2 quartes orge pilé, 2 quartes avoine pilée, le tout à la mesure de Die, et 1 quintal fromage.

Quant à sa coseigneurie audit lieu, dont il fit hommage à l’évêque, le 15 octobre 1658, devant Brunel notaire, elle était tenue, comme la seigneurie de Boule, en fief franc et ancien de l’évêque et comte de Die. Elle consistait dans la propriété et la jouissance de parts de la seigneurie de Vassieux avec le seigneur évêque, et dans la montagne, l’herbage et les prairies de Saint-Genys. René avait environ 100 habitants qui étaient « ses hommes liges et jurisdiciables, séparés de ceux de l’évêque. » Les jurisdiciables qui menaient du bétail étranger en été dans le terroir de Vassieux, lui faisaient un fromage à proportion du bétail. Tous les bois, hermes vacants, herbages et pulvérages de Vassieux lui appartenaient par indivis avec l’évêque, sauf l’usage des habitants. Il y possédait des censes, lods, corvées, tâches, 30 livres de cense sur un moulin, 19 sétiers de cense des habitants de Marignac pour l’usage et le pâturage des bois de Vassieux, à proportion du nombre des habitants et de la quantité des bœufs, outre 4 chapons et 4 poules. L’évêque reçoit cet hommage sans préjudice de son droit sur Saint-Genys et de celui de haut seigneur sur le tout.

René, qui renouvelait en 1669 aux habitants de Die la faculté de bûcherer à Vassieux pour leur chauffage et leurs bâtiments, testa en 1668. Il fit son héritier pour Vassieux, non son frère Jacques, sieur de Vassieux en 1661, mais son petit-fils, René de Bardonnenche.

De Bonne. — D’Alexis de Bonne et d’Isabeau d’Auriac, qui vivaient en 1500, descendait Georges de Bonne, qui épousa Bonne Cony et en eut François de Bonne, coseigneur de Vercors dès 1647, et habitant de Saillans. Depuis lors jusqu’au milieu du xviiie siècle, nous trouvons un François de Bonne conseigneur, sans savoir autre chose sur la généalogie de cette branche, sinon que noble François, coseigneur en 1662 et 1685, était père de celui de 1737. Mais le testament de François de Bonne, coseigneur en 1750, fait à la Chapelle le 24 novembre de ladite année, bien que le testateur fût résidant à Saillans, nous fournit les détails suivants. François lègue à « Françoise Dupillon de Dône, » son épouse, son entretien durant sa vie dans la maison de noble Charles de Bonne, son fils et héritier universel. Il lègue à Joseph, Honoré, Françoise et Bonne de Bonne, à chacun 2 000 livres, et à Anne de Bonne, « attendu ses infirmités, » son entretien sa vie durant et 200 livres.

Vers 1763, Charles de Bonne, de Saillans, fils de François et de Françoise du Pilhon, était comte de Bonne-Lesdiguières, coseigneur de Vercors et ancien capitaine au régiment de Navarre, et épousait Marie Bernard, veuve de Jacques Vial, grand voyer en Dauphiné, trésorier général de France, dotée de 12 250 livres, de 7 000 pour ses joyaux, et de tous ses autres biens.

Peu après, Charles et son épouse avaient des biens à St-Donat, près de l’Herbasse, et plus tard, demeurant à Montélimar, ils vendaient pour 20 000 livres et 192 livres d’étrenne, à Nicolas Paul, bourgeois de Saint-Donat, les domaines de la Garde, Grange-Neuve et Pangot sur Margès. Puis vient le testament de Charles, en faveur d’Auguste, son fils aîné, lieutenant d’infanterie au régiment de Guyenne, avec le legs de son mobilier à Marie Bernard, sa femme ; testament suivi de l’acte d’inhumation à Montélimar du testateur, décédé vers 1786, à l’âge d’environ 59 ans.

De Bardonnenche. — Cette famille est originaire de Bardonnèche en Briançonnais. Elle portait d’argent au treillis de gueules cloué d’or, au chef de même chargé d’un aigle éployé naissant de sable, et avait pour devise : Tutum forti prœsidium virtus.

Le mariage de Melchionne, fille de René Engilboud, avec noble Alexandre de Bardonnenche fit passer dans la famille de ce dernier les biens de celui-là à Vassieux, à sa mort, arrivée avant septembre 1681.

Aussi on aune requête présentée vers ce temps à la Chambre des vacations par Alexandre de Bardonnenche seigneur de Vassieux, comme « père et légitime administrateur de noble René de Bardonnanche, héritier avec inventaire de noble René d’Engilboud. » Le suppliant y « remontre la qualité de seigneur de Vacieu » appartenant précédemment à René d’Engilboud, et la propriété que celui-ci avait de la montagne de Saint-Genys et même des deux tiers de la montagne proprement dite de Vassieux, l’autre tiers étant à l’évêque. Il conclut en demandant inhibition à toute sorte de personnes de couper ni faire couper du bois dans ces forêts pour voitures ou faire du charbon, sans son consentement, sous peine de 3 000 livres d’amende ; ce qui lui fut accordé par la cour le 25 septembre 1681, suivant arrêt signé Prunier de Beauchêne et Gondoin.

Cet arrêt devait provoquer l’ardeur d’un évêque justement jaloux de conserver à son siège les débris de ses biens d’autrefois. En effet, il s’en suivit devant la cour un procès pour le soutien duquel furent rédigés en 1689 deux mémoires, l’un pour M. de Bardonnenche, l’autre pour l’évêque, dont nous avons tiré la plupart de nos détails sur Vassieux, et qui ont pour objet les chefs de cette concession. Il paraît que la cour réduisit en partie la concession accordée aux Bardonnenche. Toutefois on voit Alexandre de Bardonnenche établir Jean Perrinet juge de Vassieux vers 1668, et Serre greffier des judicatures de Boule, Sérionne et Vassieux vers 1706 ; César de Bardonnenche pourvoir Aubert de la lieutenance du juge de Vassieux vers 1711, et Alexandre-René nommer Reynaud à la judicature dudit lieu vers 1718.

À René de Bardonnenche, seigneur de Vassieux, mort avant 1745, succéda Antoine-César. Celui-ci avait Vassieux vers 1770 ; mais cette terre fut aliénée bientôt après. Le 26 juillet 1787, M. de Bardonnenche vendait à M. Vignon, pour le prix de 3 600 livres, tous ses droits sur la seigneurie de Vassieux, les propriétés et privilèges qu’il pouvait avoir aux terroir et forets du lieu.

En vertu de cette acquisition, faite par un de ses auteurs, M. Vignon-Laversanne, avocat et juge à Montélimar, plaidait en 1834, contre les communes de Die, Marignac et Vassieux, à propos des bois de Vassieux.

Malsang. — Noël Malsang, négociant à la Chapelle-en-Vercors, décédé entre 1718 et 1734, laissa trois enfants, Jean, Philippe et Marie-Anne, mariée à Jean Bec, le 16 août 1714.

Jean était coseigneur de Vercors dès 1734 et à sa mort, arrivée le 13 février 1754. Il avait 1 part sur 16 de la coseigneurie partagée avec l’évêque, M. de Bonniot et M. de Lamorte. Son héritage fut recueilli par les fils de son frère.

Celui-ci, Philippe, était bourgeois à la Chapelle, en 1743 et 1760, et avait épousé Marie-Claudine Magnan-Chabert, dont il eut 7 enfants, tous indiqués dans le testament de celle-ci, fait le 28 février 1760, savoir : Jean, Joseph, Louis, Philippe, André, Jean-Baptiste, et Marianne.

L’aîné de ceux-ci, Jean, émancipé en 1741, recueillit la coseigneurie de Vercors. Marié à Louise Grand, il en avait eu, antérieurement à août 1752, deux enfants : Jean-Philippe, coseigneur de Vercors, résidant aux Chaberts en 1769 et en 1778, et Joseph-Marie, dit Duclot, tonsuré, quoique mineur, en 1772. Veuf, il épousait en 1750, Marie Bellier, qui épousait elle-même le 5 février 1760, Me Joseph Guillot, notaire à St-Martin-en-Vercors.

Joseph, 2e fils de Philippe et de Marie-Claudine, fut prêtre, secrétaire et aumônier de l’évêque de Die depuis 1752 jusqu’à 1760, prieur de St-Just-de-Claix depuis 1754 jusqu’à 1767, coseigneur de Vercors et habitant de la Chapelle, où il possédait le domaine des Chaberts, en 1766 et 1767, puis curé d’Aouste, et décédé le 6 janvier 1772.

Louis, le 3e, était clerc tonsuré habitant la Chapelle en 1755, vicaire à Vassieux en 1758 et 1760, prieur-curé de Chichiliane en 1772 et 1775, de plus prieur de St-Just-de-Claix en 1775.

Philippe, André et Jean-Baptiste vivaient en 1760, ainsi que leur sœur, précédemment mariée à Charles Voulet .

La Roque-Pluvinel. — Entre 1735 et 1742, le marquis de la Roque-Pluvinel déclarait, devant l’élection de Montélimar, avoir des biens ou droits seigneuriaux à Saint-Andéol, Saint-Étienne, Saint-Croix, Saint-Julien-en-Quint, Saint-Julien et Saint-Martin-en-Vercors.

Et c’est tout ce que nous savons sur les grandes familles se rattachant au Vercors antérieurement au xixe siècle.