Le regard de l’Oeil du Photographe : Ce premier chapitre historique nous plonge aux origines de Varzy, dont le nom d’origine celte (Ver dy) évoque poétiquement sa situation « entre deux collines ». L’auteur retrace avec passion l’évolution de la bourgade, depuis les cultes druidiques voués aux fontaines nivernaises jusqu’à l’occupation romaine, et souligne le rôle fondamental de saint Germain au Ve siècle. En décidant de remplacer un ancien temple païen par une basilique dédiée à sainte Eugénie, ce prélat scella le destin de Varzy. Rattachée aux terres épiscopales d’Auxerre, la ville devint alors une puissante seigneurie dont l’histoire restera intimement liée à celle de ses illustres évêques.
Sommaire
Temps anciens
Varzy, autrefois Verdy, d’origine celtique (Ver dy), veut dire entre deux collines cette dénomination, en effet, convient bien à la position de cette localité.
On appelait alors ses habitants les Verdigois. Plus tard, selon l’usage qui fut de changer la lettre d en z, on en fit Varzy. Au vie siècle, Varzy fut appelé Vaziacus, au xiie siècle Varziacum, et en 1507 Varzy, dans la coutume d’Auxerre.
Des monuments druidiques encore existants dans la contrée démontrent le culte en vénération dans ces temps reculés. L’Yonne, Icaun, eau des montagnes, a reçu jadis les adorations des Celtes ; sous la conquête romaine, la déesse fluviale est devenue semblable aux divinités de l’Olympe ; la ville d’Auxerre a plus d’une inscription en son honneur. Les Gaulois adoraient les fontaines et attribuaient à leurs eaux une puissante efficacité. On voit à Saint-Germain-des-Bois, entre Saint-Pierre-du-Mont et Tannay, une fontaine qui nous paraît avoir été l’objet d’un culte superstitieux ; de même qu’à trois quarts de lieue au sud de Varzy est une fontaine dont on buvait les eaux pour se guérir de la peur (on a construit auprès une chapelle dédiée à Saint-Loup) ; Corbigny, Vézelay et Clamecy ont aussi leur fontaine honorée autrefois d’un culte superstitieux.
Varzy, comme toute la région, a subi la conquête romaine ; ce pays, en effet, est peu éloigné de la route de Bourges à Autun, passant par Nevers et Entrains, dont on retrouve des vestiges dans les bois entre Champlemy et Oudan. Un temple païen y a été construit, dit-on, pendant l’occupation romaine.
Sans doute que les Romains, qui aimaient les beaux sites et les terres fertiles, ont élevé de nombreux monuments dans les Vaux d’Yonne ; mais les Barbares du Nord, qui sont venus ensuite, étaient de grands ravageurs ; ils en laissèrent peu debout.
À cette époque, les Vaux d’Yonne paraissent appartenir presque en totalité aux familles sénatoriales des anciens municipes romains d’où sortent les premiers évêques, et, par ces derniers, les terres deviennent la propriété du clergé.
Époque gallo-romaine
Vers 418, saint Germain, ancien gouverneur de la province d’Auxerre, où il est né en 380, converti par Amator, lui succéda comme 6e évêque, de 418 à 448. C’est peu après son élection à cette honorable fonction qu’il fit élever dans son domaine de Varzy une basilique, sous le vocable de Sainte-Eugénie, à la place d’un temple païen et sur une source d’une eau pure et bienfaisante.
Ce prélat, touché par les vertus chrétiennes, ne fut plus le même homme ; renonçant au luxe qu’il avait étalé jusque-là, on le vit se condamner à la vie austère, porter habituellement le cilice, se nourrir de pain d’orge, se couvrir de vêtements grossiers et donner tous ses biens aux pauvres ou en doter les églises de son diocèse, parmi lesquelles celle de Varzy bénéficia de ses libéralités dans une large mesure. Il donna la très noble ville de Varzy, une des plus illustres seigneuries de ses biens, à son église cathédrale de Saint-Étienne. Varzy fit alors partie du diocèse d’Auxerre et resta dans la puissance temporelle et spirituelle de ses évêques, qui devinrent les seigneurs de ce lieu ; son histoire est donc intimement liée à celle des évêques d’Auxerre.
Il mourut en 448 à Ravenne où il était allé demander la grâce de Eocaric, roi des Alains, qui opprimait les Armoricains et qu’il avait fait fléchir. Son corps fut ramené pompeusement à Auxerre aux frais de l’empereur Valentinien III.
Saint Auraire, 18e évêque d’Auxerre (de 572 à 603) statua sur plusieurs choses très salutaires dans l’église d’Auxerre ; et afin qu’elles fusent observées exactement, il les fit confirmer de l’autorité du roi Gontran. Il fait mention de la paroisse de Varzy dans son règlement épiscopal de 596. Varzy était alors le chef-lieu d’un archiprêtré duquel dépendaient quatre paroisses, en comprenant cette ville.
Le christianisme vainqueur du paganisme, élevant alors ses églises et créant ses couvents, eut encore à lutter pendant quelques siècles contre les brigandages et les incursions des Normands, et aussi avec la féodalité qui devenait la force du Moyen Âge.
de Varzy.
