<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités &#8211; L&#039;oeil du Photographe &amp; Drone</title>
	<atom:link href="https://www.oeil-photographe.com/category/les-reeditions-historiques/varzy-son-histoire-ses-monuments-ses-celebrites/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.oeil-photographe.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Sat, 07 Mar 2026 19:38:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.oeil-photographe.com/wp-content/uploads/2025/12/cropped-2025-12-07-Logo-L_oeil-du-Photographe-et-Drone-Carre_gris-32x32.png</url>
	<title>Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités &#8211; L&#039;oeil du Photographe &amp; Drone</title>
	<link>https://www.oeil-photographe.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Partie 3 &#8211; Chapitre unique : Ses célébrités</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-3-chapitre-unique-ses-celebrites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 11:30:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2487</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Comment comprendre véritablement l&#8217;âme d&#8217;une ville sans évoquer les personnalités illustres qui y ont vu le jour ? Ce dernier volet de l&#8217;ouvrage est un vibrant hommage aux enfants de Varzy qui ont brillé sur la scène nationale. Si le XIIIe siècle nous a légué le grand théologien [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Comment comprendre véritablement l&rsquo;âme d&rsquo;une ville sans évoquer les personnalités illustres qui y ont vu le jour ? Ce dernier volet de l&rsquo;ouvrage est un vibrant hommage aux enfants de Varzy qui ont brillé sur la scène nationale. Si le XIIIe siècle nous a légué le grand théologien dominicain Jean de Varzy, c&rsquo;est surtout le XIXe siècle qui met la cité à l&rsquo;honneur avec la célèbre lignée des frères Dupin – dont l&rsquo;avocat et homme politique André-Marie-Jean-Jacques Dupin – ainsi que l&rsquo;éminent Claude-Alphonse Delangle, ministre et procureur général. Un chapitre biographique inspirant qui clôt avec majesté cette monographie.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#famille-des-dupin">Famille des Dupin</a>
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#dupin-aine">Dupin Aîné</a></li>



<li><a href="#le-baron-dupin">Le Baron Dupin</a></li>



<li><a href="#dupin-philippe">Dupin (Philippe)</a></li>
</ul>
</li>



<li><a href="#delangle">Delangle</a></li>



<li><a href="#conclusion">Conclusion</a></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<p>Depuis le commencement de l’histoire de Varzy, jusqu’au xviie siècle, à part les évêques d’Auxerre, dont nous avons parlé, qui étaient les seigneurs de Varzy, nous avons à signaler un riche bourgeois, Renaud Chomez, qui, ayant suivi les armes, s’était fait recevoir chevalier en 1239, et, également au xiiie siècle, Milon de Varzy, archidiacre, qui fut choisi par Jean de Toucy, qui allait en Terre sainte, en 1248, pour l’un des exécuteurs de son testament. Le même archidiacre se fit Dominicain en 1250, ainsi que Jean de Varzy, qui succéda à saint Thomas-d’Aquin en l’Université de Paris.</p>



<p>Voici ce que l’abbé Lebeuf rapporte sur lui dans son chapitre «&nbsp;Catalogue des écrivains »&nbsp;:</p>



<p>xiiie siècle</p>



<p>Jean de Varzy, qui avait pris l’habit de saint Dominique au couvent d’Auxerre, fut appelé à Paris pour s’avancer dans les degrés&nbsp;; il y fut reconnu si habile qu’on le choisit pour professeur de l’Écriture sainte dans la maison de Saint-Jacques. Il n’était encore que bachelier en théologie lorsqu’il composa de petits commentaires sur le Livre de la Sagesse, et sur le Cantique des Cantiques&nbsp;; qui sont conservés dans la Bibliothèque publique de Bâle, et dont le Père Echard a eu connaissance par le moyen de M. Inselin Jean y est surnommé de Verdiaco pour de Varzyaci, selon l’usage ancien de changer la lettre z en d, qui fait dire encore les Verdigois pour les Varzycois. Ses sermons furent trouvés si bon que Gilles d’Orléans, autre Dominicain, qui vivait en 1273, en fit une collection. Son épitaphe est dans le chapitre des Jacobins à Paris, à main gauche, en ces termes&nbsp;: Hic jacet F. Johannes de Varzico ord. Fratrum Præd. in Theologia Magister qui obiit MCCLXXVIII. Comme l’archidiacre d’Auxerre, nommé Millon de Varzy, se fit Dominicain vers l’an 1250, il est à présumer que Jean, qui aurait été peut-être son frère ou son neveu, a pu suivre son exemple.</p>



<p>Nous avons aussi à signaler, au xve siècle, Raymond de Fontaines, curé de Varzy, sa ville natale, qui brilla comme théologien au Concile de Constance, et devint évêque de Soissons en 1423.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="famille-des-dupin">Famille des Dupin</h2>



<p>L’une des familles qui porta le plus gloire à Varzy fut celle des Dupin.</p>



<p>Le premier dont parle l’histoire fut Noble J.-J. Dupin, avocat au Parlement, lieutenant de la châtellenie de Varzy, qui acheta, en 1670, le château de Cœurs, vendu par les Lamoignon&nbsp;; de lui, descendent les Dupin de Cœurs.</p>



<p>La famille des Dupin, à laquelle se rattache le célèbre Louis-Ellies Dupin, docteur en Sorbonne en 1684, et Henri Dupin, auteur dramatique, a occupé des charges municipales et judiciaires dans les villes de Varzy et de Clamecy et a donné naissance, dans ces derniers siècles à quelques célébrités&nbsp;: André Dupin, médecin célèbre au xviiie siècle, a composé plusieurs ouvrages de médecine, restés inédits, mais cités avec éloge dans le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Lyon, par M. Delandine.</p>



<p>Son fils, Charles-André, né à Clamecy, en 1758 a été membre de la Constituante&nbsp;; arrêté comme suspect, il fut longtemps détenu dans la maison d’arrêt établie au château de Pressure, près Clamecy. De 1799 à 1804, il siégea au Conseil des Anciens&nbsp;; après avoir rempli de hautes fonctions à Paris, il revint en sa ville natale dont il a été sous-préfet de 1815 à 1830. Il eut trois fils, tous trois nés à Varzy. L’aîné, André-Marie-Jean-Jacques, né le 1er février 1783&nbsp;; le second, Charles, né le 6&nbsp;octobre 1784&nbsp;; le dernier, Philippe-Simon, né le 7&nbsp;octobre&nbsp;1795.</p>



<p>Pour les biographies des trois Dupin, nous ne pouvons mieux faire que de nous inspirer et de reproduire en partie celles qui furent écrites et publiées par Ernest Desmarest, avocat à la Cour d’appel de Paris.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-default"/>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="dupin-aine">Dupin Aîné</h3>



<p>Dupin (André-Marie-Jean-Jacques), non moins célèbre comme homme d’État que comme jurisconsulte, fit ses études juridiques à Paris, et fut pendant longtemps maître clerc chez un avoué de première instance de la rue Bourbon-Villeneuve. Lors de la réorganisation de la Faculté de Paris, en 1806, il fut le premier candidat qui se fit inscrire pour soutenir les épreuves imposées à ceux qui voulaient obtenir le diplôme de docteur en droit, et il les soutint de la manière la plus brillante. En 1810, il se mit sur les rangs pour une chaire de la Faculté de droit de Paris&nbsp;; mais il échoua dans le concours ouvert à cet effet. L’année suivante, Merlin, alors procureur général à la Cour de cassation, le présenta pour une place d’avocat général qui vint à y vaquer&nbsp;; mais elle fut donnée à un autre protégé de Fontanes. À l’époque de la chute de Napoléon, en 1814, M.&nbsp;Dupin était déjà connu avantageusement par la publication de divers ouvrages ayant pour but de faciliter l’étude des lois, et dont on a cessé depuis longtemps de compter les éditions. La réputation de savoir qui s’attachait à son nom explique comment il avait été appelé quelques mois auparavant à faire partie du Comité institué pour coordonner la masse énorme et confuse de décrets impériaux devenus partie intégrante du droit français.</p>



<p>Élu, en mai 1815, membre de la Chambre des représentants par la ville de Château-Chinon (Nièvre), il fut l’un des orateurs qui, dans le Comité secret du 21 juin, combattirent avec le plus de vivacité la proposition faite à la Chambre de proclamer Napoléon&nbsp;II empereur des Français, et il fit partie de cette coterie des puritains constitutionnels qui, en haine du despotisme impérial, s’avisèrent dans ce moment suprême d’invoquer bien haut, mais un peu tardivement les droits de l’homme et du citoyen, de réclamer, en conséquence, la liberté illimitée de la presse et des garanties pour la liberté individuelle, tandis peut-être qu’il eût été plus utile de songer aux moyens de sauvegarder avant tout l’indépendance nationale. Cette faute, M. Dupin la répara d’ailleurs autant que possible, à quelques jours de là, quand la France se trouva au pouvoir de l’étranger et livrée aux fureurs d’une réaction impitoyable dans ses vengeances, en publiant un écrit intitulé&nbsp;: De la défense des accusés. Tous les droits de l’humanité, effrontément violés et foulés aux pieds par les hommes à ce moment à la tête des affaires, étaient noblement revendiqués dans ce factum énergique, dont la publication, dans de telles circonstances, était, on doit le reconnaître, un véritable acte de courage civique. M. Dupin ne tarda pas à recevoir la digne récompense de cette belle action. C’est à lui, en effet, qu’échut la tâche de défendre le maréchal Ney, traduit, au mépris des termes formels de la capitulation de Paris, devant la Cour de Paris, comme prévenu de haute trahison en raison de la part directe prise par lui aux événements qui, sept mois auparavant, avaient ramené Napoléon de l’île d’Elbe aux Tuileries. L’année suivante, il défendit aussi les trois Anglais&nbsp;: Hutckinson, Bruce et Robert Wilson, accusés d’avoir favorisé l’évasion de Lavalette. On le voit ensuite successivement chargé devant les Cours prévôtales ou les Cours d’assises de la défense des généraux Alix, Savary, Gilly, Caulaincourt, etc., c’est-à-dire protestant éloquemment contre les illégalités, les violences et les abus de la force brutale, devenus à l’ordre du jour à une époque que l’on a justement appelée la Terreur blanche. Les nombreux procès intentés à la presse par le gouvernement de la Restauration lui fournirent encore d’autres occasions de proclamer les grands principes posés en 1789 comme la base immuable du nouveau droit public des Français. Ce furent là pour lui autant de triomphes oratoires qui popularisèrent bien vite son nom dans les masses, en même temps qu’ils lui assuraient au barreau la plus belle et la plus lucrative clientèle. C’est ainsi qu’en 1824, le premier prince du sang, Mgr le duc d’Orléans, le nommait membre de son Conseil privé, fonctions auxquelles était attaché un traitement de 15&nbsp;000&nbsp;francs, que M. Dupin conserva jusqu’en 1848, même plus tard.</p>



<p>En 1825, le ministère Villèle, mettant à profit une loi qui l’autorisait à intenter aux journaux des procès de tendance, sans avoir absolument besoin d’incriminer tel ou tel autre, traduisait en police correctionnelle le Constitutionnel, sous la prévention de tendances anarchiques. Ce fut à M. Dupin qu’on confia la défense de ce journal, alors l’organe le plus important du parti libéral, et les contemporains ont encore présent à la mémoire l’admirable plaidoyer dans lequel le célèbre orateur réduisit à néant toutes les charges élevées par l’accusation, et où, prenant corps à corps l’institut de Loyola, il s’écria que «&nbsp;c’était une épée dont la pointe était partout et la poignée à Rome&nbsp;! » En même temps, l’éminent et savant jurisconsulte, évoquant les vieux souvenirs parlementaires, prenait en main, dans diverses publications, qui toutes obtenaient un grand retentissement, la défense des libertés de l’église gallicane contre les usurpations flagrantes de l’ultramontanisme.</p>



<p>En 1827, aux élections générales, il fut élu membre de la Chambre des députés, où il alla siéger au centre. Il appartenait, en effet, à cette nombreuse classe de français qui avaient franchement accepté la Charte de 1814, et qui voulaient sincèrement le gouvernement constitutionnel. En 1830, il fut rapporteur de la fameuse adresse des 221, et il ne prévoyait pas la révolution qu’elle devait enfanter quelques jours après. La victoire du peuple, une fois décidée, il se fit, en revanche, un brusque revirement dans toutes les idées de M. Dupin, qui s’empressa de se rendre à Neuilly, pour engager le duc d’Orléans à accepter la lieutenance générale du royaume.</p>



<p>Une grande révolution venait de s’accomplir et déjà il avait tout lieu de craindre qu’en définitive elle n’eût été faite qu’au seul profit de l’anarchie. M. Dupin était d’ailleurs si loin de penser que le duc d’Orléans eût d’autres droits à la couronne que ceux que lui conférait une acclamation populaire incontestée, qu’il insista pour que le nouveau roi prît le nom de Louis-Philippe Ier et non pas celui de Philippe VII, qui l’eût rattaché à un passé que la nation répudiait solennellement une fois de plus. C’est à ce propos, en effet, qu’il fit sa célèbre distinction du quoique et du parce que.</p>



<p>«&nbsp;La France, s’écria-t-il, prend le duc d’Orléans pour roi, quoique, et non parce que Bourbon&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Le 23 août 1830, M. Dupin fut nommé procureur général à la Cour de cassation. Ce fut là très incontestablement un des choix du gouvernement nouveau auxquels l’opinion applaudit sans réserve. Il eût été certes difficile de rencontrer un jurisconsulte plus éminent et entouré de plus de considération. La plus vulgaire équité oblige de reconnaître que jamais la noble tâche qui incombe au ministère public devant notre Cour suprême ne se trouva conférée à des mains plus intègres, à un savoir plus profond, à un esprit plus élevé.</p>



<p>M. Dupin a réuni en 11 volumes ses réquisitoires, plaidoyers et discours de rentrée. C’est un des hommes dont le nom occupe le plus de place dans l’histoire contemporaine.</p>



<p>Nous avons très sommairement indiqué la carrière parcourue par l’avocat, car tous les incidents qui l’ont signalée se rattachent à l’histoire de la Restauration et, dès lors, sont suffisamment connus&nbsp;; mais nous insisterons sur sa carrière comme magistrat, parce que les luttes des partis qui ont troublé les 18 années du règne de Louis-Philippe ont trop souvent couvert de leur vain bruit l’activité si infatigable et si méritante du procureur général à la Cour de cassation. Ainsi, le voit-on ne pas hésiter un instant à requérir la censure contre un magistrat (affaire Fouquet, 1832), qui a donné le scandale d’une adhésion publique à un manifeste du parti légitimiste sous forme de projet de constitution nouvelle&nbsp;; puis contre un autre (affaire Chaley, 1834), assez oublieux de ses devoirs pour pactiser ouvertement avec l’émeute&nbsp;; car il comprend de quelle importance il est pour la société que la magistrature, gardienne des lois, reste toujours calme et impassible au milieu des discordes civiles d’une nation, sans jamais y prendre part, sans jamais tolérer qu’on essaye de transformer le sanctuaire de la justice en une arène à l’usage des passions politiques. Que de fois aussi, dans les causes privées (civiles ou criminelles), ses réquisitoires ont éclairé définitivement des matières d’une haute gravité restées jusqu’alors dans une grande obscurité, par exemple&nbsp;: la propriété littéraire (dépôt des exemplaires prescrits, 1834)&nbsp;; la responsabilité des médecins (affaire Thouret-Noroy, 1835)&nbsp;; la question de pénalité à appliquer à l’incendiaire de sa propre maison&nbsp;; la question du mariage des prêtres, etc., etc.</p>



<p>Si, comme magistrat, M. Dupin mérita de son pays plus peut-être que pas un des hommes qui l’avaient précédé dans l’exercice de ses hautes fonctions, il en est peu, en revanche, qui aient été de la part des partis l’objet d’attaques si haineuses et si passionnées. Cela tient peut-être à cette circonstance que M. Dupin, procureur général, était en même temps et surtout homme politique, et à ce qu’il jouait un rôle des plus importants dans le Parlement. Constamment choisi par les électeurs de la Nièvre comme député, il eut, en effet, à 8&nbsp;reprises successives sous le règne de Louis-Philippe, l’honneur d’être élu président de la Chambre&nbsp;; et il conserva, toujours, la plus entière indépendance vis-à-vis d’un gouvernement qui possédait, d’ailleurs, toutes ses affections. Quand ce gouvernement avait eu à réprimer l’émeute ensanglantant les rues de la capitale et devenant même parfois complètement maîtresse de cités importantes, il lui avait donné son concours le plus entier. Mais le péril social une fois conjuré, il était bien vite revenu aux idées de liberté sous la loi, sub lege libertas, qu’il avait résumées dans cette belle devise, adoptée par lui le jour où il crut avoir fait définitivement triompher le principe sacré de la libre défense des accusés, pour lequel il avait lutté de 1815 à 1830.</p>



<p>M. Dupin, dans la mémorable séance du 24 février 1848, venait d’engager ses collègues à proclamer, sans plus de délai, la régence de Mme la duchesse d’Orléans pendant la minorité de son fils, appelé au trône par le fait de l’abdication de Louis-Philippe, quand l’émeute, rugissante, envahit le Palais de la Chambre des députés…</p>



<p>Le lendemain, reconnaissant les faits accomplis, M. Dupin faisait décider par la Cour de cassation que, désormais, la justice ne serait plus rendue qu’au nom du peuple français. La République, proclamée le même jour à l’hôtel de Ville, ne crût pas devoir enlever à M. Dupin son titre de procureur général à la Cour de cassation, et ne lui imposa aucune espèce de serment. Il put dès lors, sans manquer à aucun de ses devoirs d’homme politique, conserver dans le Conseil privé de la famille d’Orléans la position qu’il y occupait depuis 1824. Le suffrage universel et la souveraineté du peuple devenant la base du nouveau gouvernement donné au pays, M. Dupin se mit sur les rangs pour les élections à l’Assemblée constituante, et y fut effectivement envoyé par ses compatriotes de la Nièvre, demeurés fidèles à leur vieil attachement pour l’homme qui, pendant 20 ans, n’avait pas cessé de les représenter. Il fut appelé à faire partie du Comité de constitution, et s’y prononça pour l’existence de deux Chambres. Réélu à la législative, il fut constamment élu président par cette assemblée. Il y fit, maintes fois, preuve d’un vrai courage civil, et il occupait encore le fauteuil le 2 décembre 1851, quand un coup d’État vint, mettre un terme à son mandat. Investi d’un pouvoir dictatorial momentané, Louis-Napoléon ne songea pas plus que les hommes de février à remplacer M. Dupin en qualité de procureur général ; et, suivant toute apparence, celui-ci aurait gardé encore son siège à la Cour suprême, si, le 22 janvier 1852, à la suite des décrets qui prononçaient la confiscation des biens de la famille d’Orléans, il n’avait pas cru devoir donner sa démission, refusant ainsi, avec éclat, de s’associer jusqu’à un certain point, par son silence, à des actes qui blessaient sa conscience<sup data-fn="1b877535-453e-4f6e-98e5-f1ece1ba400c" class="fn"><a href="#1b877535-453e-4f6e-98e5-f1ece1ba400c" id="1b877535-453e-4f6e-98e5-f1ece1ba400c-link">1</a></sup>.</p>



<p>M. Dupin, membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, s’était retiré dans sa terre de Raffigny, lorsque l’empereur, en 1857, le rappela au pouvoir, dans son ancienne fonction de procureur général à la Cour de cassation, en le priant en même temps d’accepter le titre de sénateur.</p>



<p>M. Dupin, ne pouvant refuser le rôle politique qu’il avait tenu toute son existence, accepta ces fonctions, qu’il remplit jusqu’au jour de sa mort, le 10 novembre 1865.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-default"/>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="le-baron-dupin">Le Baron Dupin</h3>



<p>Dupin (le baron Charles), frère du précédent, membre de l’Académie des sciences, sénateur, ancien membre du Conseil d’amirauté, etc., né à Varzy en 1784. En 1801, il fut admis le premier, à l’École polytechnique sur 200&nbsp;concurrents&nbsp;; en 1803, il fut reçu le premier de sa promotion, dans le corps du génie maritime. De 1803 à 1805, il concourut comme ingénieur de la marine à la formation de la grande flottille de la Manche, ainsi qu’à la création du vaste arsenal d’Anvers. Plus tard, au retour d’une inspection des ports de la Hollande, il prit part aux travaux de restauration du port de Gènes. Peu après le désastre de Trafalgar, il obtint de s’embarquer sur la première escadre qui osa reprendre la mer, et qu’on envoyait dans les îles Ioniennes, cédées à la France par le traité de Tilsitt. Dans l’arsenal de Corfou, il fut assez heureux pour réparer en 5 jours, sur 8 qui lui avaient été donnés, le vaisseau-amiral, démâté par une tempête, et cette extrême diligence permit à l’escadre française d’échapper à des forces supérieures, envoyées pour lui couper le chemin de Toulon. Resté à Corfou, sur sa demande, le jeune Officier, après un séjour de 4 années aux Îles Ioniennes, obtint de revenir en France vers la fin de 1812. C’est à partir de cette époque qu’il présenta successivement à l’Académie des sciences de nombreux mémoires, que l’illustre assemblée jugea dignes de figurer dans ses collections&nbsp;; mais l’auteur préféra les publier séparément sous le titre de&nbsp;: Développement de géométrie. D’autres travaux, non moins importants, lui valurent une place de correspondant dans la section de mécanique. Il succédait, en cette qualité, à l’illustre Watt. Au printemps de 1813, il partit pour Toulon, et y créa, malgré mille obstacles, le beau musée maritime que possède cette ville, et qui a donné l’idée de celui dont Paris fut doté vers la fin du règne de Charles X. En 1815, il était alors capitaine du génie maritime, il présenta à l’Académie un mémoire sur de nouvelles et ingénieuses machines créées dans ce port par l’habile ingénieur Hubert. L’année suivante, il obtint la permission, qu’il sollicitait depuis longtemps, de visiter les établissements maritimes de l’Angleterre, et s’empressa d’en profiter. Bien qu’il lui fût interdit de prendre sur les lieux des notes ou des croquis, il n’en rapporta pas moins de nombreux documents, à l’aide desquels, dès 1817, il put adresser au ministre de la Marine et à l’Académie des sciences un immense travail offrant le tableau complet des ressources navales, militaires et commerciales de la Grande-Bretagne, travail qui ouvrit à son auteur les portes de l’Académie en 1818, et le gouvernement ne tarda pas à le faire officier de la Légion d’honneur. En 1824, Louis&nbsp;XVIII lui octroya même le titre de baron.</p>



<p>En 1819, M. Dupin, qui avait réclamé, depuis son retour d’Angleterre, la création d’une école où serait enseignée l’application des sciences aux arts, école dont il avait étudié le modèle à Glasgow, vit son œuvre s’accomplir par l’ordonnance qui institua le Conservatoire des arts et métiers. Nommé professeur de mécanique dans le nouvel établissement, il ajouta à son cours des leçons sur la Géométrie appliquée aux arts, et la dynamie, ou science des forces motrices utiles à l’industrie. En 1825, il publia les résultats de ses recherches mathématiques, de 1804 à 1815, sur les applications de la géométrie à la construction et à la stabilité des vaisseaux, aux tracés des routes, aux déblais et remblais, à la dioptrique et à la catoptrique ainsi que la collection de ses discours sur les sciences et les arts où se trouve un remarquable tableau des progrès de la marine française depuis la paix générale.</p>



<p>C’est à peu près vers cette époque (1825) que M.&nbsp;Dupin tourna son attention sur la situation morale et matérielle de la France, dont il fit l’objet particulier d’un cours au Conservatoire de 1827. On connaît la célèbre carte, à teinte plus ou moins foncée, dont il accompagna ses leçons sur l’instruction publique de notre pays. Cette carte, souvent imitée depuis, représentait par les nuances les plus variées, entre le blanc et le noir, la richesse intellectuelle de chaque département&nbsp;; elle eut un succès de vogue.</p>



<p>Aux élections générales de 1828, le département du Tarn, l’un de ceux qu’il avait marqués en noir sur la carte de la France intellectuelle, le nomma député sans le connaître, sans l’avoir jamais vu. La première campagne parlementaire de M.&nbsp;Dupin fut heureuse&nbsp;; faisant usage, pour la première fois, des données statistiques habilement groupées, il signala avec force les pernicieux effets de la loterie sur toutes les parties de la France. Quelques orateurs de la droite avaient attaqué l’enseignement populaire, dont le Conservatoire des arts et métier de Paris avait donné l’exemple&nbsp;: M.&nbsp;Dupin le défendit comme on défend une création personnelle, et répondit victorieusement à toutes les objections. En 1830, M.&nbsp;Dupin vota avec les 221. Dans les journées de juillet, il fit parti du petit nombre de députés qui soutinrent et modérèrent le mouvement. La victoire décidée, quelques ouvriers, égarés par un coupable intérêt, commençaient à briser les machines, et l’œuvre de destruction menaçait à s’étendre, lorsque M.&nbsp;Dupin rédigea un appel à la générosité et aux lumières des ouvriers parisiens, qui fut écouté, et arrêta le désordre. En 1832, il soutint le projet de loi sur la garde nationale mobile, et combattit un amendement qui décidait qu’elle serait organisée même en temps de paix&nbsp;; il fut également l’organe dans la même session de la commission chargée d’examiner le projet de loi de l’avancement dans l’armée navale. C’est à cette époque que l’Académie des sciences morales et politiques l’admit dans son sein.</p>



<p>Il avait été, en 1832, nommé rapporteur du budget de la marine&nbsp;; la Chambre lui fit le même honneur en 1833, ainsi que dans les autres sessions, jusqu’au moment où il fut appelé à la pairie, en 1837. Membre du jury de l’Exposition de 1834, il venait d’être élu rapporteur, et s’occupait de réunir les éléments de son travail, lorsqu’il fut appelé à faire partie du cabinet du 14 novembre comme ministre de la Marine. Pendant son ministère de 3 jours, il prit 3 bonnes mesures. Par les 2 premières, il fonda des prix destinés à provoquer des perfectionnements dans les constructions navales et les armements militaires des bâtiments à vapeur, et à encourager l’application des mathématiques à la navigation&nbsp;; par la troisième, il décida que les équipages de ligne seraient formés chaque jour à tous les exercices de manœuvre et de canonnage. Dans la session de 1835, il ne prit qu’une faible part aux débats orageux provoqués par les lois de septembre.</p>



<p>Appelé à siéger à la Chambre des pairs, par une ordonnance royale en date du 4 octobre 1837, il se montra, dans cette assemblée, ce qu’il avait toujours été, laborieux, infatigable et dévoué à ses convictions. En 1841, il se prononça contre les fortifications de Paris, et, jusqu’en 1848, appartint à la partie modérée de l’opposition de la Chambre haute.</p>



<p>Les hommes de février 1848 ayant fait appel au suffrage universel, le baron Charles Dupin se mit sur les rangs dans le département de la Seine-lnférieure, pour les élections à l’Assemblée nationale, qui devait doter la France d’une Constitution nouvelle. Il fut élu à Rouen à une grande majorité, et, dans cette assemblée, comme dans la législative, dont il fit également partie, il vota constamment avec la majorité. À la suite du Coup d’État, le 2 décembre 1851, et des décrets du 22 janvier 1852, qui confisquèrent les biens de la maison d’Orléans, le baron Charles Dupin donna sa démission des fonctions de membre du Conseil d’amirauté, et sembla pendant quelque temps vouloir tenir rigueur au nouveau gouvernement. Mais l’offre d’un siège au Sénat lui ayant été faite, il l’accepta. Il remplit cette fonction jusqu’à la fin de l’Empire, en 1870, et mourut à Paris, en janvier 1873.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-default"/>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="dupin-philippe">Dupin (Philippe)</h3>



<p>Dupin (Philippe), frère des précédents, l’un des avocats les plus remarquables dont le barreau de Paris conserve le souvenir, naquit à Varzy, le 7 octobre 1795. Tandis qu’il faisait les fortes études sans lesquelles il est peu d’hommes supérieurs, son frère aîné jetait au barreau les fondements de cette grande réputation destinée à lui être transmise comme un patrimoine de famille. Lorsque Philippe Dupin vint à Paris, à l’âge de dix-sept ans, il y trouva une position toute préparée pour lui, et qui, pour ainsi dire, l’attendait. Avantage inappréciable&nbsp;! Epreuve périlleuse aussi&nbsp;! Servi et écrasé tout à la fois par la réputation de son frère, il lui fallait réussir tout de suite, sous peine de ne réussir jamais. Heureusement, il avait reçu de la nature les plus brillantes dispositions. Il fit, sous son frère, l’apprentissage de la profession. Il dépouillait les dossiers, s’étudiait à en faire l’analyse logique, et à préparer les notes de plaidoirie, chef-d’œuvre de méthode et de clarté, qui sont de tradition chez tous les grands avocats. Il se fit inscrire au tableau en 1816. Son apparition au barreau piqua vivement la curiosité. Ceux qui ont assisté à ses débuts disent qu’il s’éleva, dès les premiers pas, à la hauteur de talent qu’on a toujours admiré depuis en lui. Ce qui distinguait surtout cet inimitable talent, c’était l’ensemble énergique des plus brillantes facultés. Philippe Dupin fut accepté tout de suite comme le successeur de son frère aîné, et se trouva mêlé du premier bond à cet immense courant d’affaires publiques et privées qui emportait les hommes et les choses avant 1830. Il fit, avec son frère, toutes les campagnes de l’opposition contre la Restauration. On sait l’importance qu’avaient à cette époque les procès de presse. Un jour, c’était le Constitutionnel qui était accusé d’avoir outragé la morale publique, le lendemain, c’était le tour du Figaro. Le défense du Figaro par Philippe Dupin fut remarquée et méritait de l’être. Sa plaidoirie fut digne des Mémoires de Beaumarchais, que le titre du journal semblait naturellement évoquer.</p>



<p>En 1830, Philippe Dupin était déjà un avocat très occupé. La Révolution de juillet arriva et une nouvelle phase s’ouvrit devant lui. Son frère quitta les affaires pour courir les aventures politiques. Mais s’il abandonna le Palais, il y laissa son cadet. Il y eut là pour Philippe Dupin une seconde épreuve, qu’il traversa avec autant de bonheur que de talent. Il avait brillé au second rang, il ne s’éclipsa pas au premier. La vie de Philippe Dupin à partir de 1830, et surtout dans les dernières années de sa carrière, fut une véritable gageure, un véritable défi aux forces humaines. Un instant député de la Nièvre, après 1830, il comprit tout de suite que les exigences de la vie parlementaire étaient inconciliables avec ses occupations du barreau, et il quitta la politique pour se consacrer exclusivement au Palais. Aux audiences, personne n’était plus employé que lui. Essentiellement avocat et profondément apte à toutes les discussions, il n’avait pas de spécialité&nbsp;; plaidait partout, au criminel, au civil, au Tribunal de commerce, à la Cour des pairs, passant des grandes affaires aux petites avec une incomparable souplesse de talent. Il s’était rangé dans le parti qui se porta à la défense des nouveaux pouvoirs avec la même vivacité et la même passion que ce parti avait mise à combattre les anciens. Il rencontra dans cette ligne politique de grandes clientèles et d’éclatants procès. Il devint l’avocat de la liste civile et le conseil de plusieurs grandes administrations. Les ressources et l’activité de cet esprit frappaient de stupeur et d’admiration. Le recueil de ses mémoires et de ses consultations est immense. Nul n’allait plus fréquemment que lui plaider en province&nbsp;; il avait du temps pour le monde et les plaisirs, du temps pour les affaires, il en avait même pour les causeries de la bibliothèque des avocats. S’il arrivait parfois que, surchargé d’affaires, il eût négligé quelque partie de sa cause, il fallait le voir dans sa réplique ressaisir avec tous les avantages de l’expérience l’élément un instant compromis.</p>



<p>Dans son bâtonnat, Philippe Dupin montra les qualités qui conviennent à cette situation&nbsp;; elles se résument en deux mots&nbsp;: fermeté, bienveillance. Avec ses jeunes confrères, Philippe Dupin avait une familiarité un peu rude, mais complètement dénuée d’orgueil. En 1842, il rentra dans la carrière politique, et devint député d’Avallon. À partir de ce moment, il prit une part active et brillante à la discussion des affaires de la Chambre, ajoutant une nouvelle sphère d’activité à la première, sans qu’aucune des deux en souffrit&nbsp;; mais il faisait ces prodiges aux dépens de sa santé&nbsp;! La nature se vengeait soudainement. En 1845, quelques signes précurseurs de la cruelle et courte maladie qui l’a emporté se firent sentir. On lui conseilla le ciel et les distractions d’Italie&nbsp;; et après un voyage pendant lequel il reçut partout des ovations dues à sa gloire, mais qu’attristèrent les pressentiments d’une fin prochaine, il mourut à Pise, le 14 février 1846.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="delangle">Delangle</h2>



<p>M. Delangle (Claude-Alphonse) est né à Varzy, le 6 avril 1797. Son père était un simple entrepreneur de maçonnerie, plus riche de famille que de patrimoine, et dont les ressources ne semblaient pas se prêter aux exigences d’une éducation libérale. Toutefois, les heureuses dispositions de l’enfant déterminèrent le père de famille à s’imposer un lourd sacrifice. M. Delangle entra au collège de Varzy, où il devint condisciple de Philippe Dupin. Il obtint une bourse qui lui permit de terminer rapidement, au lycée de Bourges, en 1813, des études classiques où chacun de ses pas avait été marqué par le succès.</p>



<p>Alors s’éleva pour le jeune bachelier la redoutable question du choix d’une carrière. Il embrassa celle de l’enseignement qui lui permettait d’ailleurs d’aller au-devant d’une destinée meilleure sans compromettre, par de nouvelles charges, le bien-être de sa famille. Malgré sa jeunesse, il obtint d’être admis comme professeur de seconde dans un collège communal du département de l’Indre. Trois ans après, en 1816, il était à Paris simple maître d’études, puis professeur d’une classe élémentaire, et enfin, inspecteur de l’un des collèges de Sainte-Barbe.</p>



<p>Aussitôt il s’engage, avec la prudence que lui commande sa pauvreté, dans la voie qui doit le conduire si loin. Il prend, dans la même année 1816, sa première inscription à l’École de droit de Paris, et c’est pendant les loisirs de sa fonction qu’il poursuit ses nouvelles études&nbsp;; c’est avec le prix de son ingrat labeur qu’il en acquitte la dépense. Durant trois années, il voue ses jours et ses nuits à un travail presque incessant. Étranger aux plaisirs, aux distractions les plus légitimes de son âge, il s’ensevelit tout entier dans l’étude, comme pour avancer l’heure de son affranchissement. Il lit avec passion les couvres de ses maîtres, il les annote et les commente&nbsp;; il écrit une analyse complète du Traité des obligations, de Pothier. Son diplôme de licencié obtenu, il donne des répétitions de droit, sans oser encore quitter le toit hospitalier où s’abrite sa jeunesse, années fécondes où M. Delangle apprend à connaître la mesure de ses forces, tout en acquérant cette connaissance des principes qui fut le fondement le plus solide de sa renommée de jurisconsulte.</p>



<p>C’est sur ces entrefaites, et en 1819, que Philippe Dupin, son ami, dont le cœur était fait pour comprendre le sien, l’amène à prendre un parti qui décidera de son sort. Il l’enhardit à rompre avec un état qui ne lui offre pas d’avenir et à consacrer au barreau toute son activité&nbsp;; il l’entraîne vers le cabinet de son frère aîné, déjà visité par la fortune. M. Delangle y devient le collaborateur assidu des deux frères qui l’associent à la préparation de leurs plaidoyers. Là encore, il travaille avec son énergie accoutumée&nbsp;; heureux de joindre la pratique à la théorie, il redouble d’ardeur pour élever le niveau de son savoir.</p>



<p>Mais le temps s’écoule et M. Delangle reste obscur, les dossiers ne lui arrivent pas. Après plusieurs années de labeur stérile, il se prend à douter de l’avenir. Vainement, l’affaire des quatre sergents de la Rochelle, dans laquelle il a défendu Castille, l’un des accusés, lui a-t-elle procuré l’occasion et l’honneur de se produire aux côtés d’avocats fameux, et vainement, après sa plaidoirie, il a reçu de son brillant adversaire, l’avocat général de Marchangy<sup data-fn="7e9d1760-7b57-4308-9da6-e64b24a786c0" class="fn"><a href="#7e9d1760-7b57-4308-9da6-e64b24a786c0" id="7e9d1760-7b57-4308-9da6-e64b24a786c0-link">2</a></sup>, un billet flatteur qui le félicite sur le talent qu’il a révélé. Ce n’est là qu’un vague sourire de la fortune, et M. Delangle, malgré le sentiment qu’il a de sa force, va céder au désespoir ; le futur garde des sceaux ira peut-être enfermer son avenir dans les horizons bornés d’une étude d’avoué, en province, quand un ami clairvoyant relève son courage et le maintient dans les voies de sa destinée.</p>



<p>L’heure du succès ne tarde pas, d’ailleurs, à sonner pour M. Delangle. De 1825 à 1830, sa valeur s’affirme hautement au Palais, sa clientèle se forme et s’étend de jour en jour, il est un des avocats les plus considérables de la génération nouvelle. La Révolution de 1830 le porte aux premiers rangs du barreau, en appelant les anciens à des fonctions publiques. En 1836, son talent éprouvé par la lutte est plein épanouissement&nbsp;; ses confrères lui décernent la dignité du bâtonnat, dans laquelle il succède à Philippe Dupin. M. Delangle a 40 ans à peine, il appartient au Conseil de l’Ordre depuis la première élection faite en vertu de l’ordonnance du 7 août 1830. Le discours que, suivant l’usage, il prononce à l’ouverture de la Conférence des avocats, le 24 novembre 1836, est une page touchante dans la vie de M. Delangle. Appelé à donner à ses jeunes confrères les conseils de son expérience, et, naturellement, amené à les consoler des amertumes du début par l’espoir d’un meilleur avenir. M. Delangle s’offre en exemple, et dit les luttes, les souffrances, les découragements de sa propre jeunesse. Le ton de l’orateur est simple, ses accents partent du cœur, sa voix est émue. La grande leçon que contient le retour d’un présent glorieux vers des commencements si douloureusement éprouvés n’est point perdue pour l’auditoire. Il s’attendrit à l’humilité que le nouveau bâtonnier ne dédaigne pas de montrer du haut de sa dignité récente et au milieu de ses premières joies&nbsp;; l’enthousiasme qu’il fait éclater, atteste, une fois de plus, combien la modestie honore le caractère et ennoblit le talent.</p>



<p>M. Delangle quitte le barreau en 1840&nbsp;; une ordonnance du 5 août de cette année le nomme avocat général à la Cour de cassation. Il apporte dans l’exercice de ces fonctions les qualités qui distinguent son solide talent, une vaste intelligence, une science profonde des principes, une parole alerte et sûre d’elle-même, une clarté d’exposition qui se joue de la multiplicité des détails, une dialectique puissante. On n’oubliera pas de longtemps, à la Cour de cassation, ces belles et fructueuses années de travail dont le souvenir resta cher au cœur de M.&nbsp;Delangle, et pendant lesquelles deux œuvres considérables sortent de sa plume. Il publie, en 1843, son Traité sur les Sociétés commerciales, et, en 1846, dans l’Encyclopédie du droit, une monographie qui a pour titre&nbsp;: La Cour de cassation&nbsp;; ce dernier travail fait comprendre les services rendus par le magistrat qui su si bien expliquer l’organisation, le but et les règles de la haute juridiction à laquelle il était attaché.</p>



<p>En 1846, les électeurs de l’arrondissement de Cosne (Nièvre) confient à M. Delangle le mandat de les représenter à la Chambre des députés. Il y prend place au centre gauche et défend avec zèle la politique conservatrice. Une ordonnance du 22 mars 1847 le nomme procureur général à la Cour royale de Paris. Il a le douloureux devoir de porter la parole dans l’affaire Teste et Despaus-Cubières. Il commence aussi l’instruction de l’affaire Praslin.</p>



<p>La Révolution de 1848 rend M. Delangle à la vie privée, il rentre au barreau où il retrouve, avec les sympathies de ses confrères, son succès d’autrefois. Il accepte, malgré ses nombreuses occupations, la présidence du bureau d’assistance judiciaire qui s’établit, en 1850 auprès de la Cour de cassation.</p>



<p>Après le Coup d’État du 2 décembre, M. Delangle se rallie au prince Napoléon, dont la politique sollicite son patriotisme. Il devient membre de la commission municipale et départementale de la Seine et de la Ville de Paris, membre de la commission consultative formée par le décret du 13&nbsp;décembre&nbsp;1851. D’autres décrets l’appellent successivement à diverses fonctions, qu’il ne fait pour ainsi dire que traverser. Il est nommé président de la section de l’intérieur, de l’instruction publique et des cultes au Conseil d’État (28 janvier 1852)&nbsp;; procureur général à la Cour de cassation, en remplacement de M. Dupin, démissionnaire (30 du même mois)&nbsp;; conseiller d’État en service ordinaire hors sections (11 février suivant). Il est un des commissaires pour représenter le gouvernement dans la délibération du Sénat relative au rétablissement de l’Empire.</p>



<p>M. Delangle échange ses fonctions de procureur général à la Cour de cassation contre celles de premier président de la Cour d’appel de Paris, que lui confère un décret du 30 novembre&nbsp;1852&nbsp;; il est compris, le lendemain, dans une promotion de sénateurs. Son nouveau poste judiciaire le trouve à la hauteur des grands devoirs qu’il impose. Il y succède à M. Troplong, dont il continue les errements. Ses arrêts sont revêtus d’une forme magistrale qui en fait des modèles. Le barreau écouté avec une religieuse attention, trouve dans l’ancien bâtonnier un protecteur intelligent des franchises de la défense.</p>



<p>En 1858, M. Delangle se laisse enlever aux travaux de toute sa vie par un décret qui le nomme ministre de l’Intérieur, en remplacement du général Espinasse. Cette nomination contraire à ses goûts et ses habitudes, est un hommage à la modération de son caractère, en même temps qu’elle témoigne de son dévouement. L’avènement du général, au lendemain de l’attentat du 14 janvier, avait été une mesure destinée à rassurer l’opinion par le déploiement d’une sévérité exceptionnelle, M. Delangle vient rendre au pays les garanties qu’offre en lui une imposante personnification du droit et de la loi.</p>



<p>Il ne passe qu’une année au ministère de l’intérieur, où il laisse cependant une forte empreinte de son passage. Le 5 mai 1859, il devient ministre de la Justice, avec le titre de garde des Sceaux.</p>



<p>Les qualités administratives qu’on lui connait déjà se montrent ici en une vive lumière&nbsp;; il stimule le travail, dont il donne l’exemple&nbsp;; accessible à tous, rien n’échappe à son œil investigateur&nbsp;; il simplifie, parce qu’il voit de haut et de loin&nbsp;; reconnaissant le prix du temps, il veut la prompte expédition des affaires, qu’il considère comme le devoir étroit d’une fonction publique&nbsp;; son administration n’est pas seulement intelligente et habile, elle se caractérise par ce dévouement qu’on a si bien nommé «&nbsp;un des aspects de la probité professionnelle&nbsp;».</p>



<p>La magistrature est pour M. Delangle une famille dont il est le chef impartial et respecté. Si, en souvenir des luttes de sa jeunesse, il favorise parfois le mérite sans prôneurs, et si le talent acclamé est à ses yeux le premier des titres, nul ne songe à lui en faire un grief. On sait que les dérogations passagères des traditions de l’avancement hiérarchique fortifient les cadres de la magistrature, servent l’intérêt de la chose publique et ne manquent jamais d’ailleurs d’être sanctionnées par l’opinion qui y applaudit comme à des actes d’une justice intelligente.</p>



<p>M. Delangle administrait ainsi, depuis 5 ans, le ministère de la Justice et des Cultes, lorsqu’il crut devoir donner sa démission, acceptée le 23 juin 1863.</p>



<p>Le 18 octobre suivant, il est nommé premier vice-président du Sénat, en remplacement de M. Rouland. Depuis le 6 avril 1860, l’Ordre de la Légion d’honneur le compte au nombre de ses premiers dignitaires comme grand-croix. Son élection à l’Institut (Académie des sciences morales et politiques) remonte à l’année 1859.</p>



<p>Un dernier décret du 14 novembre 1865 investit M.&nbsp;Delangle, pour la seconde fois, du poste de procureur général à la Cour de cassation où, pour la seconde fois aussi, il remplace M.&nbsp;Dupin. Son inaction lui pesait depuis 2 ans, il se montre heureux de pouvoir reprendre ses travaux aimés. On se rappelle son discours d’installation dans lequel il exprimait avec tant d’ardeur la joie de son retour, après les vicissitudes et les amertumes du pouvoir. Il a retrouvé ce qu’il venait chercher dans cette dernière et paisible étape de sa vie&nbsp;: le calme de l’étude, un nouvel emploi de son activité, le charme de ses saintes et chères amitiés «&nbsp;que n’allèrent, a-t-il dit lui-même, ni le temps, ni l’absence, ni la diversité des opinions politiques&nbsp;».</p>



<p>Telle fut la vie si pleine d’enseignements de M. Delangle, qui mourut à Paris, le 26 décembre 1889.</p>



<p>M. Farjon ajoute à cette notice les paroles suivantes&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Cette nouvelle perte sera encore un grand deuil pour la magistrature. Elle sera profondément ressentie à la Cour de cassation où M. Delangle exerçait l’influence du savoir et du talent, où il était estimé par sa droiture et l’indépendance de son caractère, aimé par son affabilité et sa bienveillance. M.&nbsp;Delangle, qui se fit plus d’une fois, malgré ses attaches impérialistes, le défenseur des idées libérales, était resté la principale force de la Cour. Il occupait avec une haute distinction le siège de ses prédécesseurs, Merlin et Dupin. »</p>



<p>On peut dire, ce qui n’est pas banal, que, pendant 35&nbsp;années des règnes de Louis-Philippe et Napoléon III, la haute fonction de procureur général à la Cour de cassation, a été tenue par un enfant de Varzy, tantôt Dupin, tantôt Delangle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="conclusion">Conclusion</h2>



<p>Comme nos ancêtres les Gaulois, nous sommes pas éloigné de croire à l’efficacité de l’eau des fontaines, et de penser, en effet, suivant la tradition ancienne, que la source de Sainte-Eugénie donne de l’esprit à ceux qui ont eu le bonheur de boire de son eau.</p>



<p>Espérons, pour Varzy, que cette source, qui coule encore, ne se tarira pas.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="1b877535-453e-4f6e-98e5-f1ece1ba400c">Ce fut M. Delangle, un autre compatriote, qui le remplaça dans cette haute fonction. <a href="#1b877535-453e-4f6e-98e5-f1ece1ba400c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7e9d1760-7b57-4308-9da6-e64b24a786c0">Un autre compatriote, M. de Marchangy, contemporain de Dupin aîné, était né à Clamecy. <a href="#7e9d1760-7b57-4308-9da6-e64b24a786c0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 2 &#8211; Chapitre III : Le château et autres monuments</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-2-chapitre-iii-le-chateau-et-autres-monuments/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 11:30:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2483</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Au-delà de son patrimoine sacré, Varzy regorge de richesses civiles et militaires minutieusement inventoriées par l&#8217;auteur. Des ruines de l&#8217;imposant château épiscopal – dont les anciens fossés comblés forment nos actuelles promenades – aux vestiges du beffroi et des fortifications du Moyen Âge, on imagine aisément l&#8217;allure fère [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Au-delà de son patrimoine sacré, Varzy regorge de richesses civiles et militaires minutieusement inventoriées par l&rsquo;auteur. Des ruines de l&rsquo;imposant château épiscopal – dont les anciens fossés comblés forment nos actuelles promenades – aux vestiges du beffroi et des fortifications du Moyen Âge, on imagine aisément l&rsquo;allure fère de la cité d&rsquo;antan. La description des anciens couvents des Franciscains et des Clarisses, de la Halle du ban-vin, du collège florissant dès le XVIIe siècle ou encore du vieil Hôtel-Dieu, nous permet de reconstituer la vie quotidienne, économique et administrative d&rsquo;une cité nivernaise très</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#le-chateau">Le château</a></li>



<li><a href="#les-fortifications-les-portes-les-tours-et-les-fosses-de-la-ville">Les fortifications, les portes, les tours et les fossés de la Ville</a></li>



<li><a href="#le-chapitre-de-sainte-eugenie">Le Chapitre de Sainte-Eugénie</a></li>



<li><a href="#couvents-des-franciscains-et-clarisses">Couvents des Franciscains et Clarisses</a></li>



<li><a href="#le-gouverneur-les-echevins-le-beffroi">Le gouverneur, les échevins, le beffroi</a></li>



<li><a href="#la-coutume-et-la-rue-des-lods">La coutume et la rue des Lods</a></li>



<li><a href="#halles-caves-du-ban-vin">Halles, Caves du Ban-Vin</a></li>



<li><a href="#grenier-a-sel">Grenier à sel</a></li>



<li><a href="#four-banal">Four banal</a></li>



<li><a href="#college">Collège</a></li>



<li><a href="#bibliotheque-et-musee">Bibliothèque et musée</a></li>



<li><a href="#hotel-de-ville">Hôtel de Ville</a></li>



<li><a href="#maisons-anciennes">Maisons anciennes</a></li>



<li><a href="#statue-de-dupin">Statue de Dupin</a></li>



<li><a href="#chapelle-saint-lazare-maladrerie">Chapelle Saint-Lazare maladrerie</a></li>



<li><a href="#hopital">Hôpital</a></li>



<li><a href="#cimetiere">Cimetière</a></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="le-chateau">Le château</h2>



<p>Comme nous l’avons vu par l’histoire de Varzy, ce fut Gaudry, évêque d’Auxerre, qui, le premier, fit construire en 923 un logement, lequel, plus tard, fit place au château épiscopal.</p>



<p>Le premier château a dû être construit par Hugues de Challon (évêque de 999 à 1039), que l’historien dit avoir été le lieu de retraite des évêques d’Auxerre et un séjour fort agréable.</p>



<p>L’évêque Humbaud (de 1087 à 1114), retirant le château des mains de Geoffroy de Donzy qui s’en était emparé, y fit de grandes restaurations&nbsp;; augmenta de beaucoup la terre de Varzy, fit construire un clos de vignes et attacha à la seigneurie tous les serfs des deux sexes, les maisons et les terres tant cultivées qu’incultes.</p>



<p>L’évêque Hugues de Noyers, vers 1204, ne trouvant point digne de la magnificence épiscopale ce que ses prédécesseurs avaient fait bâtir, fit reconstruire à Cosne, Toucy et Varzy des maisons qu’on pouvait appeler des palais. Il mit le château de Varzy en état de résister à tous les assauts, n’y épargnant ni tours, ni murs, ni fossés, qu’il remplit d’eau en détournant le cours de la fontaine Sainte-Eugénie.</p>



<p>Guy de Millo, en 1248, rétablit les salles et le reste du château qui avait été brûlé, et il répara les murs de la forteresse, sur les bords de laquelle il bâtit des logements très commodes.</p>



<p>De ces différents châteaux il ne reste plus que quelques traces par les murs des fossés. Quelques restaurations faites à la fin du xve et au commencement du xvie siècle existent encore&nbsp;; on les doit, en partie, à l’évêque de Dinteville, qui fit faire à cette époque de grands travaux à Varzy.</p>



<p>L’évêque Jacques Amyot, qui aimait beaucoup Varzy, ajouta de nouvelles constructions au manoir épiscopal.</p>



<p>On doit à Nicolas Colbert certaines constructions et la transformation des fossés en parc, qui sert actuellement de promenades.</p>



<p>En 1598, sous l’épiscopat de François Donadieu, le château était en très mauvais état et menaçait ruine, et toutes les réparations qui étaient nécessaires furent faites par l’évêque en 1604.</p>



<p>Enfin c’est à l’évêque de Cicé, dernier propriétaire du château épiscopal, que l’on doit la dernière construction datant du xviiie siècle.</p>



<p>À la tourmente révolutionnaire, les chanoines de la collégiale furent chassés, la terre épiscopale de Varzy fut morcelée et vendue, le château des évêques, mutilé, fut mis en vente comme bien national, et le procès-verbal du district de Clamecy, en date du 16 juin 1791, nous apprend qu’il fut adjugé pour la somme de 18&nbsp;000&nbsp;francs, aux sieurs Edme-Jacques Rollin et Étienne Thoulet Vauvardin.</p>



<p>Jacques Rollin en étant devenu le seul propriétaire, à sa mort, en 1823, son fils le céda à M. Givry, riche bourgeois et maire de Varzy. Les restaurations que fit M. Givry rendirent à ce château comme un souvenir de sa splendeur d’autrefois.</p>



<p>À sa mort, il fut vendu et passa en diverses mains, qui le laissèrent presque tomber en ruines, et dont la décadence actuelle laisse presque à désirer l’anéantissement de ce château, pour n’en conserver que le souvenir des temps passés.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="les-fortifications-les-portes-les-tours-et-les-fosses-de-la-ville">Les fortifications, les portes, les tours et les fossés de la Ville</h2>



<p>Les fortifications remontent au xie siècle. L’évêque Geoffroy de Champ-Aleman, pour se défendre des envahisseurs, fut le premier qui entoura la ville de murailles qui pussent lui servir de défense&nbsp;; ce qui n’empêcha pas Geoffroy de Donzy de la reprendre à nouveau en 1085.</p>



<p>Jusqu’au xiie siècle, il n’existait autour de la ville que des murailles très mal entretenues et insuffisantes pour la protéger même contre les brigandages des maraudeurs. L’évêque Hugues de Noyers établit des fortifications d’une réelle importance. Il fit réparer les anciens murs et bâtir de grandes tours sur les fossés. Les courtines étaient protégées par des fossés très larges et très profonds&nbsp;; trois portes crénelées et garnies de mâchicoulis, munies de herses et ayant des ponts-levis sur les fossés donnaient accès dans la ville. Ces trois portes étaient&nbsp;: la porte d’Auxerre au nord, la porte de Vézelay au levant, et celle de Marcy au midi. Une quatrième porte assurait une entrée particulière dans le château épiscopal.</p>



<p>On ne voit plus aujourd’hui aucune trace de ces fortifications, si ce n’est du côté ouest, sur trois autres tours étaient placées séparément entre les portes d’Auxerre, de Vézelay, de Marcy et du Château.</p>



<p>Celle du Château des évêques, la tour Isoard, avait dans sa mouvance les baronnies de Donzy et Saint-Verain, de la Rivière et de Couloutre, ainsi qu’un certain nombre de fiefs.</p>



<p>La ville de Varzy n’a jamais eu d’autres armes que celles des évêques d’Auxerre, seigneurs du lieu&nbsp;; aujourd’hui, elle prend les armes pontificales qui sont d’azur aux deux clefs croisées.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="le-chapitre-de-sainte-eugenie">Le Chapitre de Sainte-Eugénie</h2>



<p>Les bâtiments du chapitre étaient placés auprès de l’église collégiale de Sainte-Eugénie, dans la rue qui porte son nom et où on voit encore des vestiges d’anciennes maisons de chanoines.</p>



<p>Le chapitre de la collégiale fut fondé dans les premières années de l’an 1000 par l’évêque d’Auxerre, Hugues de Challon, qui le composa d’ecclésiastiques dont le chef portait qualité de chantre, il lui attribua les fonds nécessaires à son existence. Hugues de Noyers, en 1202, donna au chapitre la cure de Saint-Pierre et augmenta le nombre des prébendes. Guillaume de Grey, en 1286, confirma cette libéralité et aussi le droit du vingtième du vin de Varzy qui lui avait été accordé par Guillaume de Seignelay en 1215. Il créa aussi une nouvelle prébende dans la chantrerie de la collégiale, et, en 1292, il arrêta avec les chanoines les statuts qui réglaient tous les devoirs du chapitre.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="couvents-des-franciscains-et-clarisses">Couvents des Franciscains et Clarisses</h2>



<p>Il existait à Varzy un couvent de Franciscains ou Frères mineurs, connus plus tard sous le nom de Cordeliers. L’ordre des Franciscains, fondé par François d’Assise, avait été approuvé par le pape Innocent III, en 1209, et confirmé par Honoré III, son successeur. Les Franciscains s’étaient établis à Auxerre avec l’autorisation de l’évêque Henri de Villeneuve (de 1220 à 1234). On ignore à quelle époque ils s’établirent à Varzy, mais ils y étaient encore au xviie siècle.</p>



<p>Cet établissement était situé dans les bâtiments occupés aujourd’hui par l’hôtel de l’Écu&nbsp;; nous retrouvons dans les fenêtres de la façade et dans l’escalier de la cour, les restes d’une architecture de la fin du xve siècle. Ce couvent, situé auprès de celui des Clarisses, occupait avec lui tout le périmètre des maisons renfermées entre les rues de Marcy, des Forges et de l’Hôtel-de-Ville. Il est probable que la maison d’Angerville, dont la façade intérieure et l’escalier sont du même style que l’hôtel de l’Écu, dépendait de ce couvent. Peut-être était-ce la demeure du supérieur&nbsp;?</p>



<p>On voit encore aujourd’hui, dans les murs des maisons construites sur son emplacement et dans les caves, des portes bouchées qui établissaient des communications entre les premières constructions.</p>



<p>Un couvent de femmes, les Clarisses, ordre de religieuses fondé par sainte Claire en 1212, dites Urbanistes, s’installa également à Varzy. Cet ordre, plus sévère que celui des Franciscains, avait pour mission de soigner les malades et d’instruire les enfants.</p>



<p>Le couvent des Clarisses, qui occupait rue des Forges des bâtiments du commencement de la Renaissance, qui existent encore en partie, avait, ainsi que celui des Franciscains, des communications particulières avec la maison du gouverneur.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="le-gouverneur-les-echevins-le-beffroi">Le gouverneur, les échevins, le beffroi</h2>



<p>Le gouverneur, intendant et trésorier de la seigneurie des évêques, occupait les bâtiments situés dans la rue des Lods, donnant dans la rue d’Auxerre. Il réunissait tous les pouvoirs publics et avait sous son autorité tous les officiers de la ville. C’est dans son hôtel du xve siècle, qui existe encore en partie (dit maison Guiton), qu’étaient déposées les archives de la ville et où les échevins avaient leur salle particulière pour traiter les intérêts de la commune. Une cheminée monumentale, de la fin du xve siècle, ornait cette salle<sup data-fn="c890cff1-03a1-48d8-9dba-399ded8ca583" class="fn"><a href="#c890cff1-03a1-48d8-9dba-399ded8ca583" id="c890cff1-03a1-48d8-9dba-399ded8ca583-link">1</a></sup>. On voit encore le beffroi dont la cloche annonçait les assemblées municipales, ainsi que la façade de l’hôtel avec ses fenêtres gothiques et sa porte en anse de panier, ornée d’un écusson à un oiseau et un chef. Sous cette maison, il existe une cave de six travées voûtées à croisées d’ogives à pans, retombant sur des colonnes dont les chapiteaux sont décorés de crochets du xiiie siècle. On remarque aussi une ouverture donnant accès à un passage souterrain, qui conduisait sans doute aux caves du ban-vin et au couvent des Clarisses et des Franciscains. Ce passage offrait aux religieux l’avantage de communiquer directement avec l’hôtel du gouverneur-intendant et de leur ouvrir un asile sûr pendant les temps de troubles religieux et de guerres.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="la-coutume-et-la-rue-des-lods">La coutume et la rue des Lods</h2>



<p>Il existait rue des Lods, à côté de l’Hôtel des échevins, une salle particulière où étaient conservées les matrices des terres Iodiales ou allodiales possédées en franc-alleu. La coutume du Nivernais se distinguait des autres coutumes de France qui disaient&nbsp;: Nulle terre sans seigneur, en déclarant à l’article premier du chapitre II de sa coutume&nbsp;: Tous héritages sont censés et présumés francs et allodieux qui ne montrent du contraire. La ville de Varzy était régie par la coutume d’Auxerre qui avait été arrêtée en 1507 avec deux articles spéciaux protégeant les coutumes locales. Aussi, les terres allodiales que les personnes tenaient en franc-alleu étaient-elles respectées par les seigneurs et maîtres du pays.</p>



<p>La justice était du ressort du bailliage d’Auxerre depuis le xive&nbsp;siècle par suite d’un arrêt du Parlement du 11 avril 1391.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="halles-caves-du-ban-vin">Halles, Caves du Ban-Vin</h2>



<p>Les caves du ban-vin étaient sous les anciennes halles bâties sur la place actuelle en bordure du cimetière qui entourait autrefois l’église Saint-Pierre. Les habitants ne pouvaient vendre leur récolte qu’après l’expiration du délai réservé au seigneur évêque pour écouler les siennes.</p>



<p>D’une transaction intervenue entre l’évêque Baillet et les habitants de Varzy, le 25 juillet 1509, il résulte qu’il existait un procès avec l’évêque et un habitant, nommé Liénard Michon, concernant le droit de vendre du vin au détail, pendant le mois d’août, dans la ville et les faubourgs.</p>



<p>Par adjudication, en 1793, la halle fut démolie, les caves du ban-vin comblées, et une nouvelle halle construite sur l’emplacement de l’ancien cimetière de l’église, qui fut elle-même détruite pour l’agrandissement de la place et l’érection de la statue du grand jurisconsulte Dupin (qui eut lieu) en 1869.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="grenier-a-sel">Grenier à sel</h2>



<p>Le dépôt du grenier à sel de Varzy se trouvait sur la grande place, à côté des halles et de l’église paroissiale.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="four-banal">Four banal</h2>



<p>Le dernier four banal était à l’entrée de la rue d’Auxerre, en face du beffroi. L’habitant était tenu de cuire au four de l’évêque&nbsp;; ce droit ne disparut qu’en 1791.</p>



<p>Dans un compromis du 19 juillet 1509, il est indiqué qu’un procès existait entre l’évêque Baillet et Toussaint Perot, boulanger, les officiers de l’évêque ayant voulu prendre le vingtième du pain que le sieur Pérot vendait à Varzy, bien qu’il ne fut pas cuit dans le four seigneurial.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="college">Collège</h2>



<p>Le collège de Varzy remonte à une époque assez reculée, mais il est constant qu’il existait déjà avant 1619. Car, d’après l’ouvrage de l’abbé Lebeuf, ce collège fut l’objet de soins particuliers de François Donadieu, évêque d’Auxerre, qui, en ladite année 1619, termina les difficultés qui s’étaient élevées entre le chapitre et la ville pour l’élection d’un maître&nbsp;; il décida que les chanoines auraient le droit de présenter et d’instituer le principal. À cette époque, l’enseignement était gratuit et allait jusqu’à la rhétorique. Plus tard, en 1676, le même collège fut l’objet de soins également particuliers de Nicolas Colbert évêque d’Auxerre. Il n’a cessé d’être florissant pendant cette époque et a produit, à plusieurs reprises, des hommes supérieurs.</p>



<p>Au milieu du xviiie siècle, le collège, qui avait été aussi très florissant sous la direction des professeurs placés par l’évêque de Caylus, fut négligé peu de temps après l’intronisation de l’évêque de Condorcet, vers 1756, et perdit tous ses élèves.</p>



<p>En 1785, l’évêque Champion de Cicé attribua la treizième prébende de la collégiale au principal du collège. Lors de la suppression du chapitre, en 1790, le chanoine recteur du collège était l’abbé Lacasne, qui le dirigea jusqu’en 1793.</p>



<p>Ce fut un nommé Noël Sequet qui en devint le principal en 1791, en prêtant serment d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi.</p>



<p>Au commencement du xixe siècle, le collège était tenu par M. Martin&nbsp;; c’est sous ce maître intelligent que MM. P. Dupin et Delangle firent leurs premières études. En 1834, par l’influence de M. Dupin, l’établissement fut érigé en collège communal, sous la direction de l’abbé Bercier, auquel succédèrent MM.&nbsp;Chevrier et Grévin.</p>



<p>En 1861, il fut transformé en une école normale départementale, qui existe encore actuellement.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="bibliotheque-et-musee">Bibliothèque et musée</h2>



<p>La bibliothèque, primitivement au collège, a pris une telle importance, qu’elle fut transportée, ainsi que le musée, dans un ancien bâtiment communal qui servait d’école primaire. La bibliothèque a été fondée par M. Dupin père, ancien sous-préfet de Clamecy, et considérablement augmentée depuis par M. Dupin aîné, son fils, et M. le ministre de l’instruction publique et des cultes Delangle&nbsp;; elle est composée présentement d’environ 2&nbsp;000&nbsp;volumes.</p>



<p>À la bibliothèque il a été joint un musée, fondé en 1856, sous l’administration de M. Oudot, maire de Varzy.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="hotel-de-ville">Hôtel de Ville</h2>



<p>Anciennement, l’Hôtel des Échevins était dans les bâtiments du gouverneur. L’hôtel de ville actuel, placé près des dépendances des couvents des Clarisses et des Franciscains, est établi dans une maison du xviiie siècle qui a appartenu à M.&nbsp;Gestat, riche habitant de la ville, qui l’a vendue en 1826 à la commune pour le prix de 25&nbsp;000 francs.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="maisons-anciennes">Maisons anciennes</h2>



<p>Nous signalerons une maison gothique, en face de l’hôtel de l’Écu&nbsp;; une autre, renaissance, rue Saint-Jean, et une troisième, avec escalier Louis XIII, rue Vézelay.</p>



<p>Nous indiquerons également deux maisons particulières sans aucun style, mais qui se recommandent par les souvenirs que des plaques de marbre consacrent&nbsp;; l’une est celle où sont nés les trois Dupin, l’autre où est né Claude-Alphonse Delangle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="statue-de-dupin">Statue de Dupin</h2>



<p>Varzy, fier de ses célébrités, a fait ériger sur sa place principale, derrière le chevet de l’église, une statue à l’un des plus glorieux de ses enfants&nbsp;; voici l’inscription gravée sur le piédestal&nbsp;:</p>



<p>DUPIN</p>



<p>(André -Marie-Jean-Jacques)</p>



<p>né à Varzy</p>



<p>1783-1865</p>



<p>Avocat, député, membre de l’Institut</p>



<p>Président des Assemblées législatives</p>



<p>Sénateur</p>



<p>Procureur général près la Cour de cassation.</p>



<p>La statue est signée E. Boisseau, lui aussi enfant de Varzy.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="chapelle-saint-lazare-maladrerie">Chapelle Saint-Lazare maladrerie</h2>



<p>Varzy avait une maladrerie considérable, située à 4&nbsp;kilomètres de la ville, sur la route de la Charité&nbsp;; elle était desservie par les chanoines réguliers de l’abbaye de Montyoux, dans les Alpes.</p>



<p>De cet établissement, dont la création remonte au commencement du xiiie siècle, il ne reste plus aujourd’hui qu’une chapelle placée sous le vocable de Saint-Lazare. Ce petit monument, qui est encore en grande vénération dans le pays, a tous les caractères de l’architecture du commencement du xiiie siècle&nbsp;; elle est divisée en deux travées voûtées, sur croisées d’ogives, chevet plat, avec clocher carré, percé de baies gothiques géminées, garnies de colonnettes. La porte d’entrée fut remaniée au xive siècle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="hopital">Hôpital</h2>



<p>L’hôpital, situé dans le quartier haut de la ville, a été établi par un édit du 10 septembre 1695, avec la réunion des maladreries de Varzy et d’Entrains. Des lettres patentes de Louis XIV de 1696, donnent droit aux malades d’Entrains d’être reçus dans cet établissement. Le 25 novembre 1699, l’évêque André Colbert y autorisa la création d’un bureau d’administration, qui fut nommé par les habitants réunis en assemblée générale.</p>



<p>Cet établissement a subi d’importantes modifications, notamment en 1770, époque à laquelle on reconstruisit une nouvelle chapelle, pour remplacer celle qui existait auparavant sur la rue de Vézelay&nbsp;; cette nouvelle chapelle, placée sous vocable de Saint-Antoine, a été bénie le 23 mai 1771 par M.&nbsp;Huet de Chambernard, curé de Varzy.</p>



<p>Cet hôpital possède 21&nbsp;lits dont 14 sont destinés aux malades civils de la commune, 7 pour les hommes, 7 pour les femmes et les 7 autres pour les militaires de passage à Varzy.</p>



<p>Administré par des laïques, il avait pour directrice, à l’époque de la Révolution, Mme Marguerite Chariot, née Micalef.</p>



<p>Après avoir traversé tous les mauvais jours et subvenu avec ses propres ressources aux frais de la maison et des malades, elle avait adressé une demande, le 11 brumaire, an&nbsp;VI, au ministre de l’intérieur, en restitution d’une somme de 11&nbsp;586,25&nbsp;francs qu’elle avait avancée.</p>



<p>Cette demande, appuyée par l’administration municipale du canton de Varzy et la commission du pouvoir exécutif, était signée par les citoyens Baudesson, Boulu et Gauthier.</p>



<p>Voici la réponse qui lui fut faite&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;liberté, égalité</p>



<p>Deuxième division,hôpitaux civils</p>



<p>Paris, le 15 nivôse, an VI de la République Française, une et indivisible.</p>



<p>Le ministre de l’Intérieur,</p>



<p>Aux administrateurs du département de la Nièvre,</p>



<p>Citoyens,</p>



<p>On m’a mis sous les yeux une pétition par laquelle la citoyenne Marguerite Chariot expose qu’étant depuis trois&nbsp;ans et demi à la tête de l’hospice civil de la commune de Varzy, cette maison s’est trouvée dans cet intervalle privée de toute ressource, par le non-paiement de ses rentes, et la non-valeur du papier-monoie qu’elle recevoit en paiement du peu de redevances dont elle jouit, affligée du triste sort qui menaçait les malheureux que l’hospice était obligé de recueillir, la citoyenne Chariot a cru devoir prendre sur des fonds qui lui appartenoient pour pourvoir à leur subsistance. Ces avances, constatées par l’administration municipale, s’élèvent à une somme de 11,586&nbsp;fr. 25 en assignats, qui se trouvent réduits à 700&nbsp; fr. 75, valeur métallique, par le tableau de dépréciation de votre département. La pétitionnaire, qui n’a d’autres ressources que cette somme et qui est chargée de deux enfants, demande qu’il lui soit accordé des dédommagements en faveur du motif qui l’a portée à avancer les 11,586 fr. 25 annoncés cy-dessus, qui faisaient partie d’une somme de 13,000 francs provenant de la vente d’une maison, seule fortune dont elle et ses enfants jouissaient. Je ne peux, citoyens, qu’applaudir au zèle et à l’humanité qu’a montré la citoyenne Chariot pour le service des pauvres malades, mais quelqu’intérêt que m’inspire sa situation, n’ayant à ma disposition aucuns fonds destinés à des indemnités de la nature de celles qu’elle sollicite, il n’est pas en mon pouvoir d’accueillir sa demande. Je vous invite, citoyens, à faire part à cette citoyenne du contenu de ma lettre.</p>



<p>Salut et fraternité.</p>



<p>Letourneau.</p>



<p>Certifié conforme Baudin. »</p>



<p>Malgré cette déconvenue, cette dame n’en est pas moins restée la directrice de cet hospice jusqu’à sa mort, décembre 1814. Peu après l’hôpital fut desservi par les Sœurs de la Charité de Nevers, jusqu’en ces derniers temps où elles furent remplacées à nouveau par des laïques.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="cimetiere">Cimetière</h2>



<p>Anciennement, à Varzy comme dans toutes les autres villes, on enterrait dans les églises. En outre, des cimetières existaient près des églises Saint-Pierre, Sainte-Eugénie et Saint-Saturnin, ainsi qu’à côté des chapelles Saint-Jean et Saint-Thibaut&nbsp;; cette dernière construite dans le haut de la ville, près de l’hospice. Aujourd’hui, le cimetière est situé à l’est de la ville dans le faubourg de Vézelay, et date du xviie siècle.</p>



<p>Au centre existe une chapelle, dite de la Vierge, bâtie en 1643, sous le vocable de Notre-Dame-des-Vertus.</p>



<p>Au-dessus de la porte d’entrée, on remarque cette dédicace&nbsp;:</p>



<p>En l’honneur de Notre-Dame, dicte des vertus, cette chapelle a été édifiée par M. Pierre Petit, lieutenant au bailliage B. de Varzi et honn-femme Anne Dupin, sa femme. Priés Dieu pour eulx, 1643.</p>



<p>Au-dessus de cette inscription, il existe des armoiries mutilées, écu parti de cinq trèfles&nbsp;? et d’un arbre, timbré d’un casque avec lambrequins.</p>



<p>Ce champ de repos nous invite au souvenir des temps passés. Si l’on ne rencontre pas, gravés sur la pierre, les noms des personnages qui ont illustré Varzy, on y retrouve tout au moins les noms des anciennes familles qui l’ont honoré et servi avec dévouement&nbsp;; mais ce n’est pas sans une vive émotion que nous constatons que beaucoup d’entre elles ont complètement disparu, à commencer par celle des Dupin, dont la dernière pierre tombale porte cette épitaphe&nbsp;:</p>



<p>ici git</p>



<p>La mère</p>



<p>des</p>



<p>trois Dupin</p>



<p>Décédée le 19 novembre</p>



<p>1827</p>



<p>Parmi le petit nombre de familles dont il reste encore des descendants, personnellement, je ne compte plus, hélas&nbsp;! que quelques amis. C’est toujours avec un pieux recueillement que je m’incline devant ces tombes, particulièrement devant une qui renferme les restes de ceux dont j’ai reçu la vie, qui sont morts à quelques jours de distance, après 57 années de mariage&nbsp;; aussi, ne voulant pas que la mort les séparât, je les ai réunis dans le même médaillon pour représenter, en même temps que leurs traits, l’image de l’union intime de leur vie.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c890cff1-03a1-48d8-9dba-399ded8ca583"> Cette cheminée fut enlevée et déposée au musée archéologique de la porte du Croux, à Nevers. <a href="#c890cff1-03a1-48d8-9dba-399ded8ca583-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 2 &#8211; Chapitre II : Vie de sainte Eugénie</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-2-chapitre-ii-vie-de-sainte-eugenie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 11:30:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2479</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Écrit par L. Grévin, ancien principal du collège de Varzy, ce récit hagiographique nous transporte au cœur des premiers siècles du christianisme, sous l&#8217;Empire romain. Il s&#8217;avère indispensable pour décrypter les différentes scènes peintes sur le célèbre triptyque de l&#8217;église Saint-Pierre. De son éducation brillante à Alexandrie jusqu&#8217;à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Écrit par L. Grévin, ancien principal du collège de Varzy, ce récit hagiographique nous transporte au cœur des premiers siècles du christianisme, sous l&rsquo;Empire romain. Il s&rsquo;avère indispensable pour décrypter les différentes scènes peintes sur le célèbre triptyque de l&rsquo;église Saint-Pierre. De son éducation brillante à Alexandrie jusqu&rsquo;à son martyre tragique à Rome, en passant par sa conversion fulgurante et sa retraite sous des habits masculins parmi les moines Esséens, la légende de sainte Eugénie est une épopée spirituelle bouleversante. Ce chapitre justifie pleinement la ferveur exceptionnelle que les Varzycois ont vouée à leur sainte patronne.</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#vie-legendaire-de-sainte-eugenie">Vie légendaire de sainte Eugénie, vierge et martyre, L’an 261 de J.-C</a>
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#education-d-eugenie">Éducation d’Eugénie</a></li>



<li><a href="#conversion-d-eugenie">Conversion d’Eugénie</a></li>



<li><a href="#eugenie-abbe-des-esseens">Eugénie abbé des Esséens</a></li>



<li><a href="#accusation-de-melanthia">Accusation de Mélanthia</a></li>



<li><a href="#innocence-d-eugenie">Innocence d’Eugénie</a></li>



<li><a href="#eugenie-dans-la-maison-paternelle">Eugénie dans la maison paternelle</a></li>



<li><a href="#eugenie-a-rome">Eugénie à Rome</a></li>



<li><a href="#martyre-d-eugenie">Martyre d’Eugénie</a></li>
</ul>
</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<p>Un universitaire, principal du collège de Varzy<sup data-fn="83d7f3e8-e513-4ded-b918-eb5a602858e2" class="fn"><a href="#83d7f3e8-e513-4ded-b918-eb5a602858e2" id="83d7f3e8-e513-4ded-b918-eb5a602858e2-link">1</a></sup>, impressionné par l’importance du tableau, le sujet et les différentes scènes qui sont représentées, eut la bonne pensée de faire des recherches, afin d’exhumer pour ainsi dire, des ruines de la collégiale de Sainte-Eugénie de Varzy, l’histoire de sa glorieuse patronne.</p>



<p>Le martyrologe romain ne donnant qu’un résumé bien restreint de la vie de cette martyre, M. Grévin s’inspirant de divers documents, consultant l’ouvrage des Bollandistes, les notes du cardinal Baronius, la Vie des Saints, par François Giry, a pu raconter la vie de sainte Eugénie, avec l’authenticité des faits et des dates.</p>



<p>Ayant la bonne fortune de posséder le manuscrit de cette étude, nous croyons devoir le reproduire en grande partie pour la compréhension du tableau qui représente la vie de sainte Eugénie.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="vie-legendaire-de-sainte-eugenie">Vie légendaire de sainte Eugénie, vierge et martyre, L’an 261 de J.-C.</h2>



<p>par L. Grévin, ancien principal du collège de Varzy.</p>



<p>Extrait du martyrologe romain&nbsp;:</p>



<p>Virgo hœc — Sancta Eugenia — Græce et latine doctissima, spreto sponso Aquilanio consulis filio, cum Protho et Hyacintho eunuchis, sub virili habitu, in cœnobio Heleni abbatis sanctissime vixit. Ubi Mélanthiæ Alexandrinœ libidinosæ feminæ insidis apud patrem ægypti præfectum detectis, Romam rediens cum parentibus Avitoque et Sergio fratibus atque eunuchis Protho et Hyacitho, jam Christianis, anno domi CCLXI, martyrii coronam accepit. Valeriano et Galiano imperatoribus.</p>



<p>Traduction&nbsp;:</p>



<p>Cette jeune vierge, sainte Eugénie, distinguée par l’étude approfondie des lettres grecques et latines, refusa l’alliance d’Aquilanus, son fiancé, fils d’un consul. Sous un vêtement d’homme, accompagnée des eunuques Prothus et Hyacinthe, elle vécut dans une communauté, dont Hélénus était abbé. ElIe y signala son séjour par les exercices de la plus haute piété.</p>



<p>Lorsque les embûches que Mélanthia, femme très corrompue d’Alexandrie avait dressées contre sa vertu furent découvertes auprès de son père, préfet d’Égypte, Eugénie revint à Rome avec ses parents et ses frères Avitus et Sergius, et les eunuques Prothus et Hyacinthe, déjà chrétiens. Elle y reçut la couronne du martyre, sous les empereurs Valérien et Gallien, l’an du Seigneur 261.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background"/>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="education-d-eugenie">Éducation d’Eugénie</h3>



<p>Après ses brillantes victoires sur Artaxercès, roi des Perses, Alexandre Sévère distribua les divers gouvernements de l’empire à ceux de ses généraux qui s’étaient le plus distingués sur les champs de bataille.</p>



<p>Avant de voler en Germanie pour châtier les barbares révoltés, Alexandre Sévère envoya Philippe, l’un de ses plus illustres chefs, défendre les frontières menacées du Midi&nbsp;; il comptait sur sa prudence et sa modération pour apaiser les discordes civiles et préserver l’Égypte de nouveaux envahissements.</p>



<p>L’illustre général quitta Rome l’an 230, aborda Alexandrie avec Claudia, son épouse, ses deux fils Avitus et Sergius, une fille, nommée Eugénie, moins âgée que ses frères.</p>



<p>Deux eunuques, Prothus et Hyacinthe, étaient spécialement attachés au service intérieur du gynécée.</p>



<p>Eugénie, dès son enfance, s’était fait remarquer par une rare intelligence&nbsp;; le développement de ses facultés croissait avec les années et dans son jeune cerveau fomentait rapidement le germe des vertus.</p>



<p>Témoin de son aptitude extraordinaire pour les sciences et les belles-lettres, son père lui fit suivre les cours publics, encore très florissants à Alexandrie. La langue grecque lui devint aussi familière que sa langue naturelle&nbsp;; elle les écrivait toutes deux avec une rare élégance. D’un caractère naturellement sérieux, elle se fit bientôt remarquer par la maturité de son jugement et la sagesse de ses discours. Elle discutait sur toutes les choses avec modération et sa justesse d’appréciation la faisait admirée et recherchée de tous. L’étude de la philosophie et des sciences qui en découlent était son occupation la plus chère&nbsp;; elle y consacrait tous ses loisirs.</p>



<p>Accompagnée de ses deux fidèles esclaves, Prothus et Hyacinthe, elle assistait régulièrement aux leçons des philosophes, que se partageaient alors les diverses écoles d’Alexandrie.</p>



<p>Là, avec la modestie du cœur et la supériorité du talent, elle discutait sur les matières les plus sérieuses. Devant un auditoire nombreux et avide de l’entendre, elle soutenait des thèses brillantes et vivement applaudies sur les matières les plus graves de la philosophie et de la religion.</p>



<p>Les nouvelles idées religieuses remplissaient à cette époque tous les esprits, surtout dans les diverses écoles philosophiques&nbsp;; elles donnaient matière à de nombreuses controverses. Les discussions, sans cesse renaissantes sur ces importantes questions conduisirent tout naturellement Eugénie à la connaissance des dogmes de la religion chrétienne. Les idées spiritualistes, les pensées d’avenir chrétien contenues dans les épîtres de l’apôtre des nations faisaient une profonde impression dans son âme avide de tentations intellectuelles.</p>



<p>«&nbsp;Je serai chrétienne, répétait-elle souvent, après avoir médité quelques-unes de ces sublimes épîtres, et, pour n’appartenir qu’au Dieu vivant, pour le servir seul, je suivrai le conseil de Paul à ses disciples de Corinthe. »</p>



<p>Aquilianus, fils du consul, aspirait au bonheur de posséder pour épouse la belle et chaste Eugénie. La famille consulaire à laquelle il appartenait, sa réputation bien méritée de citoyen vertueux, le rendraient digne de son espoir. Philippe s’était montré favorable à la demande du jeune patricien&nbsp;; Claudia préparait déjà la robe nuptiale, la tendre mère se réjouissait de voir bientôt sa fille chérie allumer le flambeau de l’hyménée, et, par une alliance selon son cœur, devenir la couronne de sa vieillesse.</p>



<p>Mais Eugénie, forte d’une résolution irrévocablement arrêtée, avait renoncé à tous les avantages que procure la jeunesse, une naissance illustre, la fortune, une condition brillante. Les plaisirs ne trouvaient en elle que froideur.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background"/>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="conversion-d-eugenie">Conversion d’Eugénie</h3>



<p>Alexandre Sévère avait laissé reposer les bourreaux des persécutions&nbsp;; les plaies des martyrs se cicatrisaient mais, après sa mort, les anciens édits furent remis en vigueur&nbsp;; les chrétiens reçurent l’ordre de quitter immédiatement les grands centres de population et de vivre isolés dans les campagnes. Malgré sa sympathie pour eux, le gouverneur d’Égypte, Philippe, dut se joindre à leurs ennemis. Chassés d’Alexandrie, les nombreux sectateurs de Jésus-Christ, se réfugièrent dans les habitations isolées qui environnent la ville à une assez grande distance des murs. Dans ces retraites procurées par la charité de leurs frères des champs, ils purent, avec quelque sécurité, célébrer les saints mystères et entendre la voix de leurs pasteurs. La chaumière du pâtre, la cabane de l’artisan, les ruines mêmes devinrent autant de temples, où tous n’ayant qu’un cœur et qu’une âme venaient se fortifier dans la prière et la communication de l’esprit qui vivifie la foi, ranime l’espérance et grandit la charité. Avant le signal donné pour cette nouvelle persécution, Eugénie se rendait souvent dans leurs assemblées. La sublimité de leurs dogmes, la pureté de leur morale, la sainteté de leur vie, la charité immense qui les unissait tous avaient captivé son âme, enchaîné son cœur.</p>



<p>Aussi, malgré les ordres sévères publiés partout et exécutés avec rigueur, elle défendait les Nazaréens contre les accusations dont on les accablait. Dans toutes les réunions, elle se proclamait hautement l’admiratrice de leurs vertus. Les dangers semés de toutes parts par la persécution n’arrêtaient pas Eugénie&nbsp;; elle ne craignait même pas de les visiter dans les endroits cachés qui pouvaient leur servir d’abri contre la fureur des païens. Prothus et Hyacinthe, secrets confidents de ses desseins, l’accompagnaient chaque jour dans ses excursions aux assemblées chrétiennes. Ces pieuses retraites étaient devenues pour elle un séjour de prédilection vers lequel un attrait irrésistible l’entraînait, et dont elle aimait à savourer les douceurs. La réputation de sa vertu, la haute faveur qu’elle accordait aux chrétiens, lui en rendaient l’accès bien facile. Dans la mystérieuse obscurité des ruines, elle écoutait avec une religieuse ferveur les cantiques sacrés, épiait pour ainsi dire le développement des cérémonies et recueillait avec avidité les pieuses exhortations des prêtres, confesseurs de la foi. Les éloquentes et profondes paroles d’Hélénus, évêque d’Alexandrie, formaient l’objet de toutes ses méditations…</p>



<p>Le soleil avait disparu dans les sables de la Libye, le court crépuscule de la zone torride avait fait place à la nuit. La lune montait lentement et répandait la nébuleuse blancheur de ses rayons sur la campagne assoupie. Le repos de la nature, le silence de la solitude, le calme rafraîchissant du soir succédant aux ardeurs du jour remplissaient le cœur de douces émotions et portaient l’âme à la contemplation. Eugénie suivait un sentier solitaire dont le sillon se perdait dans un bouquet de dattiers et de sycomores. Tout à coup, une brise venue de la mer lui apporta les accords d’un grand nombre de voix. Dans un chant harmonieux, ces voix répétaient&nbsp;: Tous les Dieux des nations ne sont que des démons&nbsp;; mais le vrai Dieu est celui qui à fait les cieux.</p>



<p>Une sensation jusqu’alors inconnue s’empara de l’âme d’Eugénie, la céleste vérité illumina subitement sa pensée, embrasa son cœur. Anéantie par la grandeur du sentiment divin qui remplissait son être, elle tombe le front dans la poussière.</p>



<p>Ses serviteurs la crurent évanouie&nbsp;; craignant pour sa vie, ils s’approchèrent rapidement pour lui prodiguer leurs secours, mais une sorte de terreur religieuse les arrête&nbsp;; ils veulent lui parler et leurs paroles se glacent sur leurs lèvres. Ils ont vu le visage de leur aimable maîtresse resplendissant de lumière, une auréole de feu couronner sa tête, un nuage couleur de sang environner son corps.</p>



<p>Cependant, la brise apporte encore la douce mélodie des cantiques sacrés. Ces paroles&nbsp;: Tous les Dieux des nations ne sont que des démons&nbsp;; Dieu seul est Dieu, lui seul fait les merveilles, se font entendre de nouveau. Sortant comme d’un profond sommeil, reflétant encore sur son visage les éternelles splendeurs que Dieu sans doute lui avait montrées de loin, Eugénie se lève, et, les mains vers la voûte étoilée des cieux&nbsp;: «&nbsp;Oui, s’écrie-t-elle, tous les Dieux des nations ne sont que des démons, mais le vrai Dieu est celui qui a fait les cieux. Hors de lui, tout n’est que mensonge, erreur et folie&nbsp;; lui seul a fait cet univers. En vain, la science des hommes chercherait à expliquer hors de lui l’existence et les merveilles. Entendez-vous ce concert de louanges qui monte vers son trône&nbsp;? Ne condamne-t-il pas tout ce que la philosophie des païens peut nous apprendre&nbsp;? Cette nuit même, qui nous découvre toutes les richesses dont il a paré son firmament&nbsp;? Ces étoiles qui se réfléchissent, dans l’immensité de la mer, ne nous invitent-elles pas à joindre nos voix et nos cœurs à ceux qui l’adorent&nbsp;? A lui, Dieu véritable, à lui seul nos hommages et l’immolation de nous-mêmes&nbsp;? Ô Prothus, Ô Hyacinthe, voyez, reconnaissez avec moi l’existence éternelle du vrai Dieu&nbsp;: Je suis chrétienne&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Le voile de l’erreur était enfin tombé, Eugénie s’approche de ses esclaves, qui la considéraient dans un respectueux silence&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Ô vous, mes fidèles serviteurs, leur dit-elle, gravez dans vos cœurs mes paroles, qu’elles y germent et y fructifient. En vérité, je vous le répète&nbsp;: Eugénie est chrétienne, elle sera désormais la servante du Seigneur. Le Dieu qui, par amour pour ses créatures, voulut mourir sur une croix, et, par sa mort, les délivrer de leurs chaînes, sera seul mon partage. Le séjour de ses adorateurs sera mon séjour, leur vie sera ma vie. Ô vous, gardiens de mon enfance, aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs, mais ouvrez-les à la pénitence&nbsp;; il les délivrera des atteintes des démons, il les affranchira de l’esclavage, comme Eugénie aujourd’hui délivre vos corps des atteintes de la servitude, comme en son nom elle brise vos chaînes et vous rend libres.&nbsp;»</p>



<p>Les deux eunuques essayèrent de s’opposer à ce dessein. Invinciblement attachés à elle par sa douceur et ses vertus, ils ne virent tout d’abord que l’ordre d’une douloureuse séparation.</p>



<p>«&nbsp;Non, disait-elle, n’essayez pas de m’arrêter dans le chemin où Dieu m’a conduite. Vous ne comprenez pas le sens de mes paroles. Notre séparation n’est pas dans les desseins du seigneur, ma docilité à suivre sa voix n’a rien qui puisse vous faire craindre ces dangers dont votre ignorance s’effraie. Loin de m’exposer, moi et les miens, à la mort, je marche et je les conduis avec assurance dans le chemin de la vie. Si réellement vous voulez me rester fidèles, convertissez-vous au Seigneur.&nbsp;»</p>



<p>Le regard inspiré d’Eugénie rompit la glace de ces cœurs déjà ébranlés par les entretiens précédents et chauffés par la grâce. N’ayant jamais d’autres volontés que la sienne, cédant du reste à cette voix d’en haut qui, par la bouche d’une personne aimée, les appelait à elle, Prothus et Hyacinthe répondirent&nbsp;: «&nbsp;Nous sommes chrétiens. »</p>



<p>«&nbsp;Allez, reprit Eugénie, retournez vers mon père. Quand il vous demandera compte de sa fille, vous lui direz qu’elle n’habite plus cette terre, que son âme, aspirant aux cieux, a déposé auprès du Dieu vivant et véritable, pour premier sacrifice et le plus cher de tous, l’amour d’un tendre père et d’une mère bien aimée. Dites-leur que ce Dieu m’appelle irrévocablement à lui, que désormais il sera seul mon soutien et ma vie. S’il permet, pour quelques instants, notre séparation sur cette terre, c’est pour mieux assurer à tous notre éternelle réunion dans son royaume. »</p>



<p>La paternelle affection des deux esclaves fut effrayée d’un projet si contraire à la sagesse humaine. Cependant, ô prodige du sentiment que la foi chrétienne inspire&nbsp;; dans ce moment épuré de toute considération terrestre, éclairé de la véritable lumière, fortifié par des aliments nouveaux, ce sentiment, dont la source est en Dieu, subit une rapide et mystérieuse transformation. Il suggéra à ces hommes nouveaux dans le Christ des résolutions dont ils ne pouvaient se rendre compte. Désormais, plus d’obstacles&nbsp;; les voilà prêts à tout entreprendre dans les travaux du Seigneur&nbsp;; ils seront ingénieux même à favoriser les sacrifices d’Eugénie, à l’aider dans l’exécution de ses pieux desseins.</p>



<p>Craignant que son sexe et sa qualité n’apportassent quelques entraves à son admission dans l’église chrétienne, la vierge s’est dépouillée de ses ornements féminins. Elle dépose ses vêtements de jeune patricienne, revêt celui des philosophes, et, suivie de ses deux compagnons, elle se rend près d’Hélénus.</p>



<p>«&nbsp;Pontife, lui dit-elle, dans les ruines situées au midi de la ville, non loin des bords de la mer, nous avons entendu les chants des chrétiens, nous avons recueilli les paroles de vérité qui sortaient de ta bouche, elles ont touché nos cœurs. Aussi, tu le vois, pleins de confiance dans le Dieu qui t’inspire, nous venons à toi pour te prier de nous recevoir au nombre de tes fidèles pour nous instruire dans ta foi et nous donner le baptême des chrétiens. »</p>



<p>«&nbsp;Mon fils, lui répondit le saint évêque, vous paraissez bien jeune, votre langage et votre extérieur annoncent une personne de distinction, élevée dans les délices de cette vie. L’esprit est prompt, dit l’apôtre, mais la chair est faible. Je crains bien que vous ne puissiez accoutumer vos membres délicats aux rigueurs de la pénitence chrétienne. Votre cœur, jusqu’alors rempli des vanités de ce monde, s’ouvrira difficilement au sentiment des austères vertus qui caractérisent les disciples d’un Dieu crucifié.&nbsp;»</p>



<p>«&nbsp;Je suis encore bien ignorant, il est vrai, des choses de ce Dieu, de ses préceptes et de ses mystères&nbsp;; mon âme est encore dans les ténèbres, mais elle soupire après la lumière. Les illusions de la jeunesse m’ont peu touché. Les leçons de philosophie que mon père m’a fait suivre jusqu’à ce jour n’ont point satisfait mon cœur, ami de la vérité. Les vaines subtilités des écoles n’y ont produit que l’incertitude et l’ignorance, ou plutôt y ont creusé un vide, qu’il voudrait combler.</p>



<p>Les paroles de vérité que, chaque soir, je venais recueillir dans l’ombre, à la porte de vos assemblées, ont éclairé mon intelligence. J’ai vu se dérouler devant moi les pages d’une histoire inconnue &nbsp;; j’ai senti mon cœur s’inspirer de sentiments nouveaux.</p>



<p>Illustre et très pieux évêque, ne refusez pas la communion des fidèles à votre serviteur Eugène. »</p>



<p>Prothus et Hyacinthe joignaient leurs prières à celles de la vierge romaine.</p>



<p>«&nbsp;Ne rejetez pas, disaient-ils, en se prosternant devant le saint évêque, ne rejetez pas de pauvres esclaves, et ne méprisez pas la bassesse de leur origine. Tous les hommes, dites-vous, sont frères en votre seigneur Jésus. Au nom de cette pauvreté divine, recevez nous dans votre sein&nbsp;; au nom de ce Dieu qui, selon vous, témoigna son amour à tous les hommes libres et esclaves en mourant, pour tous, admettez-nous au nombre de ses enfants, des frères de votre Christ, car notre volonté est de vivre et de mourir chrétiens. »</p>



<p>Hélénus, entendant des paroles déjà si dignes de chrétiens, conçut pour ceux qui les proféraient une estime proportionnée aux sentiments qui les dictaient. Quoique tout heureux de pouvoir offrir à son Dieu une si belle conquête, il voulut néanmoins soumettre à une nouvelle épreuve la résolution d’Eugénie.</p>



<p>«&nbsp;J’admire votre courage, mon fils, lui dit-il, et je vous félicite du dessein que vous avez formé de vous donner au vrai Dieu&nbsp;; si sa divine religion a pour vous l’attrait que vous nous témoignez, je serai heureux de constater moi-même la constance de vos résolutions, à la place que vous dites occuper, chaque soir, près de nos assemblées. Allez&nbsp;; et que la paix du Seigneur soit avec vous. »</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="eugenie-abbe-des-esseens">Eugénie abbé des Esséens</h3>



<p>Le temps d’épreuve dura peu&nbsp;; les parents d’Eugénie, ne la virent plus reparaître dans la maison paternelle. Son père, au désespoir, fit exercer les plus minutieuses recherches dans la ville et dans les environs, mais toutes ses investigations furent inutiles. Une profonde douleur s’empara de son cœur, et, chaque jour, des torrents de larmes sillonnaient le visage de Claudia, pauvre mère si cruellement éprouvée&nbsp;! Philippe, perdant tout espoir de jamais revoir sa fille, consulta sur le sort que les destins lui avaient fait les plus célèbres devins de la superstitieuse Égypte.</p>



<p>«&nbsp;La fille de Philippe, le gouverneur, répondit un magicien, ainsi que ses deux esclaves, ont été ravis dans l’Olympe. Ils sont maintenant au nombre des dieux.&nbsp;»</p>



<p>Eugénie avait triomphé de tous les obstacles suscités à sa foi, par sa condition, son sexe, et enfin la prudence et la sagesse d’Hélénus.</p>



<p>La communauté des chrétiens lui avait ouvert ses portes&nbsp;; à leur table sainte s’était assis ses esclaves, désormais libres de la servitude des hommes, et le cœur affranchi des chaines du démon. Combien alors Eugénie put savourer les paroles de charité et de vie que le saint évêque distribuait à ses disciples.</p>



<p>Douée d’une mémoire prodigieuse, Eugénie voulut apprendre la lettre même des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament&nbsp;; moins de deux années suffirent à cette étude.</p>



<p>Pour échapper plus facilement aux recherches de ses parents, pour satisfaire son amour de l’humilité et de la retraite, pour s’oublier lui-même, loin de tout contact extérieur, dans la contemplation des perfections divines et l’étude de l’intelligence humaine, comme émanation de la divinité, le fervent néophyte s’était enseveli dans la cénacle des Esséens. Là, tout en Dieu, il partageait les heures du jour entre le travail qui asservit le corps, et la prière qui élève l’âme. Il espérait ainsi se soustraire à tous les regard, et se livrer à la pratique des vertus, sans autre témoin que Dieu seul.</p>



<p>Mais la lumière ne pouvait point rester cachée. Plein de confiance dans sa vertu et ses connaissances, l’évêque Hélénus l’avait appelé dans son conseil&nbsp;; il le consultait avant de prendre les décisions que réclamait le soin de son église et les anxiétés de la persécution. Puis, en contemplant son fils chéri, devenu la consolation de sa vieillesse, l’espoir de son troupeau, le flambeau de son église, il tressaillait d’allégresse et remerciait Dieu dans le secret de son cœur.</p>



<p>Trois années s’étaient écoulées&nbsp;; l’abbé des Esséens, vieillard vénérable par ses austères vertus, disciple d’un maître qui avait appris de l’apôtre Barnabé lui-même la science du Christ, vint à quitter cette terre. Qui pouvait mieux que le cénobite Eugène remplacer à la tête de ses frères le saint abbé que tous regrettaient&nbsp;? Quelle voix pouvait mieux les encourager dans les sentiers de la vertu&nbsp;? Quel guide plus sûr et plus digne de confiance&nbsp;? Quelle âme plus forte pour supporter le poids de telles fonctions&nbsp;? Quel autre, parmi les Esséens, pouvait mieux justifier le choix que l’évêque Hélénus avait indiqué lui-même&nbsp;?</p>



<p>Effrayée des conséquences de son acquiescement aux vœux de ses frères, alarmée pour son secret le plus intime, Eugénie prétexta de son inexpérience, de son inhabileté pour la direction des consciences, de sa religion encore peu éclairée, mal affermie&nbsp;; mais ce fut en vain. Rien ne put vaincre la respectueuse persistance des cénobites esséens.</p>



<p>Ils passèrent trois jours et trois nuits dans la prière et un jeûne absolu, et, d’une voix unanime désignèrent Eugène pour leur abbé.</p>



<p>En présence d’une situation si contraire aux lois de la nature et aux conditions ordinaires de la vie extérieure et des règles cénobitiques, elle eût souhaité qu’une circonstance indépendante d’elle, en révélant son secret, motivât une interdiction entièrement conforme à son humilité et à son sexe, puis songeant au scandale qu’une telle révélation produirait, redoutant pour elle-même et les chrétiens surtout les conséquences de ce scandale, elle refoulait dans les derniers replis de son cœur ce secret si cher à sa pudeur virginale. En parlant, n’exposerait-elle pas aux railleries des païens, à la commisération des chrétiens, une vertu à laquelle elle tenait plus qu’à la vie, et la réputation de rigoureuse pureté si bien justifiée par les Esséens.</p>



<p>L’évêque Hélénus, sous l’influence d’une inspiration divine mit un terme aux perplexités de la vierge.</p>



<p>«&nbsp;J’ai consulté le Seigneur, lui dit-il&nbsp;; cette nuit, après avoir célébré les saints mystères, je vous ai vu pendant mon sommeil. Une main invisible retirait votre sombre vêtement et le remplaçait par une robe d’une éblouissante blancheur&nbsp;; à votre cou, maculé de sang, était suspendue la croix abbatiale, la houlette du saint pasteur, qui vient de quitter cette terre, était dans votre main droite, votre gauche portait la palme des martyrs&nbsp;; un lys, dont les fleurs étaient plus blanches que la neige, l’entrelaçait. Dieu le veut, Eugène&nbsp;; le Christ, notre Seigneur, vous donnera la grâce, ô mon fils, d’accomplir sa sainte volonté.&nbsp;»</p>



<p>«&nbsp;Que cette volonté soit faite, et non la mienne, répondit passivement Eugénie, mais vous, ô mon père, vous à qui je dois de vivre de la vie des chrétiens, soyez toujours mon guide.&nbsp;» «Et ainsi soit&nbsp;»&nbsp;, répondirent avec un profond recueillement les pieux cénobites, ses frères.</p>



<p>À l’exemple du divin maître, Eugénie commença les heures de son sacrifice, en lavant les pieds à ceux qu’elle devait conduire dans le chemin de la perfection. Le temps de la prière étant venu, tous, dans l’épanchement d’un seul cœur et d’une seule âme, louèrent et bénirent le Seigneur, dont les miséricordes sont infinies.</p>



<p>Dieu avait élevé Eugénie, justice était rendue à ses vertus et à ses talents. Mais le jeune abbé était loin de s’enorgueillir d’une distinction qu’il n’avait jamais désirée. Il l’avait subie par abnégation et n’en envisageait que les difficultés et les dangers. Ne cherchant, que l’oubli de lui-même, il voulait, être le serviteur des plus humbles cénobites, et les assistait dans toutes leurs infirmités. Comme il avait étudié, avant sa conversion, l’art de guérir les hommes, ses soins étaient couronnés de succès. Sanctionnée par le ciel, sa science faisait des prodiges.</p>



<p>Les hommes que visitaient la douleur et l’infortune se rendaient, de toutes parts, au monastère, les uns pour faire l’aveu de leurs fautes, les autres pour se régénérer dans la foi et puiser de nouvelles forces contre les déceptions de cette vie.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="accusation-de-melanthia">Accusation de Mélanthia</h3>



<p>Depuis plus d’une année, Mélanthia, dame illustre d’Alexandrie, était en proie à une fièvre invétérée qui ne lui laissait point de repos. C’est en vain qu’elle avait eu recours à la science des simples d’Esculape. Sentant sa mort prochaine, elle n’eut plus d’espoir que dans l’abbé des Esséens. Si, comme païenne, elle ne reconnaissait pas son pouvoir surnaturel, elle savait du moins que sa science garantissait l’efficacité de ses remèdes. Retenue sur son lit de douleur, elle envoya deux serviteurs supplier en son nom le saint abbé de se rendre auprès d’elle.</p>



<p>L’espoir d’une conversion comme couronnement de guérison détermina Eugénie à quitter enfin la solitude pour venir s’asseoir au chevet de l’illustre malade. Tous les secrets de ses connaissance médicales furent prodigués, mais, plus confiante dans la miséricorde de Dieu, Eugénie lui adressa de ferventes prières qui furent exaucées. Une prompte guérison vint mettre un terme aux souffrance de Mélanthia.</p>



<p>La riche patricienne, pénétrée de reconnaissance et d’estime pour son bienfaiteur, lui envoya de somptueux présents. Mais l’abbé Eugène refusa les dons qui lui étaient offerts et chargea l’illustre donatrice de les distribuer elle-même aux pauvres. Ce désintéressement fit une profonde impression sur l’idolâtre Mélanthia. Elle conçut pour Eugène une haute estime et n’en parlait qu’avec vénération.</p>



<p>Entièrement rendue à la santé, Mélanthia porta ses premiers pas vers le monastère priant l’abbé de la recevoir et de ne pas refuser au moins ses actions de grâce. Elle demanda comme une faveur insigne de puiser à une source si pure les précieux enseignements dont elle avait besoin pour fortifier son âme.</p>



<p>Pour Eugénie, Mélanthia était une sœur qui voulait se convertir&nbsp;; elle lui prodiguait ses enseignements. Mélanthia, élevée d’une manière distinguée, initiée à la connaissance des lettres, ne pouvait se rassasier de l’entendre&nbsp;; mais l’agitation d’un cœur coupable porta la perturbation dans les veines de la malheureuse. Rentrée chez elle, un frisson agite de nouveau ses membres, tandis qu’un feu dévorant consomme ses os.</p>



<p>À ces tristes nouvelles, Eugénie, n’écoutant que sa bonté, vole au secours de son amie.</p>



<p>Ô horreur&nbsp;! un éclair lancé de ses yeux frappe au cœur le jeune cénobite, une main brûlante comme un tison de l’enfer saisit la sienne et l’attire vers le lit.</p>



<p>Joseph, redoutant un danger réel, avait fui l’épouse infidèle de Putiphar. Eugénie, un instant troublée, va suivre cet exemple&nbsp;; mais bientôt, se repliant sur elle-même, elle lui dit&nbsp;: «&nbsp;Combien je vous plains et combien ce que je vois navre mon cœur. Aimez votre époux, Mélanthia, parce que c’est à lui que le Dieu des cœurs vous a unie. »</p>



<p>Tout à coup, repoussant à ses pieds les vêtements qui la couvrent, elle se dresse comme un spectre, l’œil hagard, la bouche écumante. Un cri, tel que les démons doivent en pousser dans les flammes infernales, sort avec violence de sa poitrine puis elle retombe anéantie sur son lit, les mains crispées aux vêtements d’Eugénie.</p>



<p>Perdant l’espoir de rappeler à la conscience de ses devoirs un cœur entièrement corrompu, la vierge s’arrache à ces étreintes convulsives et cherche son salut dans une fuite précipitée.</p>



<p>Cependant Mélanthia, revenue à elle, poursuivait de sa haine celle qu’elle n’aurait point craint de perdre avec son amour. Cet amour, selon elle, méprisé lui inspirait d’inconcevables vengeances.</p>



<p>Au cri de désespoir qu’elle avait jeté, son époux, ses serviteurs étaient accourus. Le son extraordinaire de sa voix, l’agitation de son visage, le tremblement de tous ses membres, le désordre enfin qu’on pouvait remarquer autour d’elle, tout concourait à justifier l’horrible accusation que cette épouse osa porter devant son mari. Celle qui personnifiait si bien l’innocence fut accusée d’un crime infâme&nbsp;; sa fuite même devint sa condamnation. Des esclaves n’avaient-ils pas vu l’abbé des Esséens s’éloigner rapidement&nbsp;? L’accusation était accablante, toutes les apparences rendaient véritables les dépositions des témoins. Mélanthia s’en remit à son mari de venger son honneur outragé.</p>



<p>Rempli d’indignation, cet époux trop crédule se rendit au Tribunal du gouverneur de la ville, qui n’était autre que Philippe.</p>



<p>«&nbsp;Souffrirez-vous encore longtemps, seigneur, s’écria-t-il, l’audace des chrétiens. Ils osent porter jusque dans nos demeures l’opprobre de la honte, l’honneur de nos chastes épouses n’est plus en sûreté. Leurs prêtres même leur donnent l’exemple de tous les crimes. Junon seule et la foi conjugale ont pu préserver ma vertueuse épouse, la noble Mélanthia, des attentats de celui que les impies vénèrent le plus, le chef de la secte des Esséens. Un tel forfait demande vengeance&nbsp;; s’il en était autrement, Philippe ne serait point l’ami de César.&nbsp;»</p>



<p>Sans retard, le magistrat cite à son Tribunal, au nom de l’empereur, Eugène, chef de la secte des Esséens.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="innocence-d-eugenie">Innocence d’Eugénie</h3>



<p>Au milieu des larmes des pieux cénobites, les soldats du gouverneur chargent de chaînes la noble victime de l’infamie. Les chrétiens gémissent et se cachent. Les païens, dans leur joie féroce, insultent à l’innocence de la vierge, réclament une prompte condamnation, et que son corps soit jeté aux bêtes du cirque.</p>



<p>Eugénie alors devint triste, mais ce n’était point la souffrance, ni le sacrifice prochain de son corps qui traduisaient sur son visage l’effroi qui l’accablait&nbsp;; dans ce terrible jour, sa pudeur n’avait plus d’autre refuge que son cœur, et sa mort seule pouvait témoigner de son innocence et réhabiliter sa mémoire.</p>



<p>Dieu, qui vit les angoisses et les perplexités de la vierge chrétienne, descendit dans son cœur et l’éclaira des lumières de son esprit. Une douce sérénité empreinte de la résignation des martyrs se répandit sur son visage, et, confiante en celui qui l’avait visitée, elle vint répondre à l’interrogatoire d’un père devenu, sans le savoir, le juge de sa fille.</p>



<p>«&nbsp;Eugène, lui dit Philippe, serait-il vrai que, dérogeant tout à coup à cette vie austère dont j’ai entendu publier partout les veilles, vous vous soyez rendu coupable d’un crime que tous les hommes ont en horreur&nbsp;? L’abbé des Esséens couvrirait-il ses détestables passions du voile de l’hypocrisie&nbsp;? Le cœur le plus dépravé et le plus corrompu se cacherait-il en lui sous les dehors des plus séduisant de la vertu&nbsp;? Chef de la secte des Esséens&nbsp;! un attentat à l’honneur de Mélanthia vous est imputé. Cette dame, aussi illustre par sa vertu que par sa naissance, n’a échappé que par un prodige à vos honteuses violences. À ses cris de désespoir, son noble époux est accouru et ses esclaves ont été, avec lui, témoins de votre forfait. Votre mort l’eût expié sur-le-champ, justice serait faite, si une fuite prompte, et précipitée ne vous eût dérobé à leurs coups. Qu’avez-vous à répondre, à ces accusations, dont toutes les preuves sont accablantes et irréfutables&nbsp;?&nbsp;»</p>



<p>Des larmes brillaient dans les yeux de la jeune femme, mais la force de son âme virile les retenait. Son cœur se brisait dans sa poitrine, mais le calme d’une conscience pure et tranquille se reflétait dans ses traits, empreints d’une noble sérénité.</p>



<p>Au milieu du silence que l’ordre des licteurs avait commandé, une voix douce comme celle d’un ange porta au pied du tribunal ces simples et courtes paroles&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Ô Philippe&nbsp;! le Dieu qui a fait le ciel et la terre, dont le fils a racheté le monde en mourant sur une croix, est témoin que je suis innocent du crime dont on m’accuse. »</p>



<p>Le son de cette voix frappa le magistrat d’une étrange émotion. Une sympathie secrète, indéfinissable, l’attirait vers ce jeune homme, dont le noble visage dénotait la candeur&nbsp;; et ses regards attendris cherchaient dans ces traits comme un vague souvenir.</p>



<p>Le noble époux de Mélanthia, l’illustre dame elle-même, ses amis dévoués et ses esclaves fidèles avaient soutenu et prouvé l’accusation. Tous les faits relatés, les circonstances exactement précises et les preuves rendaient le doute impossible.</p>



<p>Cependant, Philippe, les yeux invariablement fixés sur l’accusé, pouvait à peine entendre les dépositions des témoins. Absorbé dans ses pensées, il ne pouvait croire ce jeune homme coupable.</p>



<p>Les spectateurs étaient en suspens&nbsp;: les uns pleins de haine, les autres remplis de compassion et de douleur.</p>



<p>Debout devant son juge, Eugénie, calme et résignée, attendait son arrêt.</p>



<p>Après un moment de silence et de recueillement en lui-même&nbsp;: «&nbsp;Vous le voyez, infortuné Eugène, dit enfin Philippe, le crime n’est que trop manifeste. La justice et la vertu outragées réclament une expiation. Votre mort seule…&nbsp;» et sa voix expire sur ses lèvres.</p>



<p>Les bourreaux n’attendent pas la fin de la sentence. Avides de sang chrétien, ils s’élancent sur leur proie pour l’entraîner au supplice. Philippe reste immobile, les chrétiens se voilent, l’époux et ses amis font éclater leur joie et la foule applaudit.</p>



<p>À ce moment qui va décider non seulement de sa vie, mais surtout de l’honneur de son Dieu, Eugénie reçoit du ciel un suprême élan de courage. Rassemblant toutes les forces de son âme, elle se dérobe aux étreintes des soldats, écarte les rangs de la foule et tombe aux pieds de son juge&nbsp;:</p>



<p>« Ô Philippe, s’écria-t-elle, ce n’est pas pour lui-même que le condamné demande grâce, mais pour l’infortunée qui m’accuse. Promettez à celui qui va mourir et dont la mort va découvrir l’innocence, de pardonner à Mélanthia.&nbsp;»</p>



<p>«&nbsp;Si votre demande est l’expression sincère de votre conscience, elle sera accueillie&nbsp;», dit Philippe, qui saisit avec empressement ce prétexte de retarder l’exécution de la sentence.</p>



<p>Magistrats et peuple, écoutez&nbsp;: L’abbé des Esséens, sur le point de mourir, se déclare innocent du crime dont il est accusé. Il affirme que son Dieu connait la pureté de son cœur et que, par sa mort, il la révélera victorieusement. Avant de présenter sa tête à la hache du bourreau, son dernier vœu serait que l’illustre Mélanthia ne souffrit point de l’accusation portée contre lui, si cette accusation est reconnue mensongère.&nbsp;»</p>



<p>Ces paroles firent sur la foule une heureuse impression.</p>



<p>Profitant de cet instant favorable, il ajouta, en s’adressant à Eugène&nbsp;: « Mais pourquoi, si votre Dieu doit révéler votre innocence, ne le fait-il pas à cette heure&nbsp;? Si, réellement, vous n’êtes point coupable, il ne doit point vouloir le sacrifice de votre vie&nbsp;; autrement, il ne serait pas juste. Ce serait à lui, maintenant, de faire éclater sa puissance et de vous soustraire à la justice quelquefois aveugle des hommes.&nbsp;»</p>



<p>Ces paroles étaient bienveillantes, les païens les accueillirent, mais, aux yeux des chrétiens, elles compromettaient la grandeur, la justice et la puissance du vrai Dieu.</p>



<p>Eugénie le comprit aussitôt&nbsp;; par sa mort, son innocence serait proclamée, mais ne contribuerait en rien à la glorification de son Dieu&nbsp;; pour les païens, elle serait, au contraire, l’affirmation de son impuissance.</p>



<p>Une révélation soudaine brilla dans ses yeux, un éclat ineffable illumina la beauté naturelle de ses traits.</p>



<p>«&nbsp;Le Dieu des chrétiens, s’écria d’une voix forte la vierge inspirée, n’est pas semblable aux Dieux des nations&nbsp;; lui seul est le vrai Dieu&nbsp;; à lui seul appartiennent la gloire, la puissance et l’amour&nbsp;; la gloire, car ses ennemis vont être couverts de confusion&nbsp;; la puissance, parce qu’il va faire éclater l’innocence de ses serviteurs&nbsp;; l’amour, parce qu’il n’abandonnera jamais celui qui l’aime. C’est lui qui protège, qui console et qui rend à une tendre mère et à un père chéri, leur fille qu’ils croyaient à jamais perdue.</p>



<p>Oui, mon père, reconnaissez votre fille&nbsp;: je suis Eugénie… Il fut un temps de se taire, Dieu l’a voulu ainsi&nbsp;; mais aujourd’hui, le temps de parler est venu. »</p>



<p>Puis, adressant au ciel un regard résigné et confiant, tandis qu’une vive rougeur colore son visage, elle ouvre son vêtement, découvre son sein de vierge, et tombe dans les bras de son père.</p>



<p>«&nbsp;Ma fille… Mon cœur me le disait bien&nbsp;!… Je ne t’ai point condamnée au moins, Les Dieux n’ont pas voulu… »</p>



<p>Il n’en put dire d’avantage. Les sanglots couvraient sa voix&nbsp;; il serrait sa fille contre son cœur, il l’arrosait de ses larmes.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="eugenie-dans-la-maison-paternelle">Eugénie dans la maison paternelle</h3>



<p>La foule resta quelque temps muette de stupeur. À la vue d’un semblable dénouement, la joie des chrétiens éclata en bruyants applaudissements et leurs actions de grâce montèrent aux pieds de l’Éternel. Les païens eux-mêmes mêlèrent leurs acclamations à ce concert de louanges. Un grand nombre d’entre eux abjurèrent leurs erreurs et demandèrent le baptême. Mais il n’y eut qu’un cri d’indignation contre Mélanthia qui put à peine échapper à la juste sévérité de la foule indignée de tant d’infamie.</p>



<p>Qui peindra le bonheur dont fut inondée l’âme d’une mère qui revoit sa fille après une longue absence. Ce bonheur, le langage humain ne peut l’exprimer.</p>



<p>«&nbsp;Eugénie, ô ma fille, disait cette mère heureuse, puisque je te vois enfin, toutes mes douleurs sont dissipées.</p>



<p>Quand tu nous fus ravie, j’avais tressé dans le secret ta couronne nuptiale. Aquilianus était l’époux que nous t’avions choisi, ô ma fille&nbsp;; mais quand il sut que notre Eugénie n’était plus, il alla chercher la mort, au milieu des combats.&nbsp;»</p>



<p>Suspendue au cou de sa mère, Eugénie lui disait&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Le Dieu qui recommande aux hommes d’aimer et d’honorer leurs père et mère afin de vivre longtemps sur la terre n’a permis notre séparation pendant quelque temps que pour faire goûter à la fille le bonheur de vivre constamment unie à sa mère. Dieu ne permettra plus que nous nous quittions désormais&nbsp;; ensemble nous irons nous reposer dans le sein de son éternité heureuse.&nbsp;»</p>



<p>Eugénie rendue à la maison paternelle, par ses vertus, avait gagné les cœurs et concilié le respect de tous. Ses exhortations avaient peu à peu détourné ses parents des sentiers de l’erreur. Instruits des dogmes chrétiens par leur fille, devenue leur apôtre, Philippe et Claudia se firent chrétiens ainsi que Avitus et Sergius, ses frères.</p>



<p>Prothus et Hyacinthe donnaient de nouvelles preuves de l’inaltérable fidélité qu’on ne rencontre que dans les cœurs chrétiens.</p>



<p>Les chrétiens, sous l’administration de Philippe, avaient pu s’adonner aux exercices de leur croyance sans être trop inquiétés.</p>



<p>Philippe, inébranlable dans sa foi, perdit son gouvernement et bientôt mourut martyr de sa fidélité à son Dieu.</p>



<p>Terentius Lésus, son successeur, l’un des favoris du cruel Décius, eût la lâcheté de le massacrer, de sa propre main, dans son palais même.</p>



<p>Ce martyre ne fut que le prélude de la plus terrible persécution. Les chrétiens eurent tout à redouter de la férocité du nouveau gouverneur.</p>



<p>Aussi, le deuil se répandit partout&nbsp;; une partie de la population déserta la ville, comme autrefois, on ne se rassemblait plus que pendant la nuit, dans les lieux les plus déserts.</p>



<p>Claudia, devenue chrétienne, devint aussi la femme forte de l’Écriture. S’armant d’un courage que l’attente du martyre redoublait, elle confia elle-même à la terre le corps sanctifié de son époux. Eugénie et ses pieux frères, Avitius et Sergius aidèrent leur mère dans ces tristes devoirs.</p>



<p>Prothus et Hyacinthe cachèrent, jusqu’à des temps meilleurs, le corps de leur maître.</p>



<p>Privée de son chef, isolée et sans appui, chassée par son persécuteur, réduite à fuir, la pieuse famille revint à Rome, où l’appelaient ses nombreux amis.</p>



<p>C’est dans cette ville qu’elle vécut unie dans le Christ jusqu’au temps des empereurs Valérien et Gallien.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="eugenie-a-rome">Eugénie à Rome</h3>



<p>Eugénie, dans la capitale du monde païen, dans le foyer de l’idolâtrie, continua, avec un redoublement d’ardeur, la divine mission qu’elle avait si bien commencée à Alexandrie. Une foule de jeunes patriciennes, instruites par les leçons que la douceur et la science rendaient agréables, embrassèrent à l’envi la foi chrétienne.</p>



<p>La demeure d’Eugénie était devenue un sanctuaire où se réunissaient ses pieuses compagnes. Là, semblable à un apôtre, elle leur enseignait la parole du Seigneur, leur révélait les admirables mystères d’une religion véritablement sainte. C’est ainsi que de jour en jour elle sanctionnait dans leurs cœurs les sentiments inspirés par l’Évangile. Dans son zèle, elle les conduisait au chevet des malades, aux portes des prisons, dans les cachots, où, confesseurs et criminels étaient entassés, confondus, jusque dans les réduits les plus abjects de la misère.</p>



<p>Le pape Corneille gouvernait alors l’Église romaine&nbsp;; son cœur bondissait d’allégresse quand il contemplait avec amour la communauté de ces âmes d’élite autour de la fille de Claudia.</p>



<p>Les aimables vertus d’Eugénie firent une profonde impression sur une jeune vierge romaine, nommée Basile, de la plus haute distinction, issue même, a-t-on dit, de sang royal.</p>



<p>La jeune patricienne, timide dans ses résolutions, et craignant peut-être de devenir la cause de nouvelles angoisses pour l’Église, n’osa pas tout d’abord se joindre au chœur des saintes femmes. Elle la fit prier de venir à elle ou de lui envoyer secrètement quelques personnes fermes dans la foi, instruites de ses mystères pour la disposer à recevoir le baptême.</p>



<p>Confiante dans la prudence de Hyacinthe et dans les lumières de Prothus, Eugénie les envoya vers Basile.</p>



<p>Leurs soins furent amplement récompensés. Le pape Corneille vint bientôt couronner leur succès. La fille des rois reçut le baptême de ses mains. Forte de l’esprit qui renouvelait la face de la terre, elle ne craignit plus d’encourir les disgrâces de la fortune et le mépris des hommes. De toutes les compagnes d’Eugénie, Basile devint la plus assidue, la plus fervente. Animée de sentiments véritablement chrétiens, elle prodiguait ses trésors pour racheter des esclaves. On vit cette fille des rois les servir de ses propres mains, panser leurs plaies, accompagner leurs derniers moments, et, par ses pieuses exhortations, les disposer à la pénitence.</p>



<p>Traduite devant les tribunaux pour ses œuvres miséricordieuses, elle soutint courageusement sa foi. Malgré les supplications d’une famille éplorée, la jeune fille méprisa les tortures. Les bourreaux s’acharnèrent en vain sur le corps faible de la vierge&nbsp;; son âme, déjà, s’était envolée vers son Dieu, le 30 mai de l’an 261.</p>



<p>La conversion de l’illustre Basile, celle d’un nombre considérable de dames romaines, la désertion qui de jour en jour s’étendait autour des autels antiques, furent comme autant d’aliments nouveaux qui enflammaient la fureur des païens. On voulut découvrir d’où partaient contre l’idolâtrie ces coups qui la frappaient au cœur. On remarqua les absences à époques fixes, on redoubla les recherches des personnes suspectes, et la retraite d’Eugénie fut enfin découverte. De faibles femmes, dont les pauvres et les malades bénissaient les noms, de pauvres veuves, de jeunes vierges plus belles et plus pures que ne le furent jamais les vestales sacrées, tels furent les ennemis que l’on y rencontra.</p>



<p>Les Dieux outragés par ces femmes réclamaient une vengeance proportionnée à la honte de leur défaite.</p>



<p>Prothus et Hyacinthe furent les premiers arrêtés et traînés au tribunal de Nicetius, préfet de Rome. Avitus et Sergius eurent le même sort.</p>



<p>Mais une sorte de terreur religieuse s’empara des soldats à la vue d’Eugénie. Ils n’osaient l’arracher aux étreintes de sa mère, qui la tenait étroitement embrassée. «&nbsp;Dieu avait eu pitié de moi, disait l’infortunée Claudia, il m’avait rendu ma fille&nbsp;; mais, pour la seconde fois, il me la retire&nbsp;; je ne la verrai plus sur cette terre, je n’ai plus qu’à mourir.&nbsp;» Sur l’ordre d’un chef, insensible aux charmes de l’innocence, et aux accents de l’amour maternel, les soldats cependant s’avancent, leurs mains s’apprêtent à saisir Eugénie, qui retenait sa mère sur son sein. Elle la dépose doucement, se prosterne un instant devant elle, baise ses mains vénérées, les arrose de ses larmes, montre du doigt le ciel comme pour indiquer le terme de leurs souffrances et se livre à ses persécuteurs.</p>



<p>Marchant d’un pas ferme vers son supplice, Eugénie encourageait ses frères.</p>



<p>Nicétius envoie les saints confesseurs au temple de Jupiter, soit pour éprouver encore leur foi, soit pour donner à une sentence inique un spécieux prétexte.</p>



<p>Pendant le chemin, Eugénie leur disait&nbsp;: «&nbsp;Ô vous qui avez marché d’un pas ferme dans la voie du Seigneur, mes frères, mes serviteurs que la foi a rendus mes amis les plus dévoués, réjouissez-vous&nbsp;; j’aperçois le terme heureux de notre longue vie de souffrances. Ne craignez pas les tourments, et ne regrettez pas la perte d’un corps destiné à périr, nos âmes vont s’en voler ensemble dans le sein du Seigneur. »</p>



<p>Au pied de la statue de Jupiter, un prètre païen s’avance. Ses mains portaient l’encens et la coupe des libations. Il les présente à Eugénie et à ses compagnons, mais la chrétienne, détournant la tête et levant les yeux au ciel&nbsp;: «&nbsp;Ô mon âme, s’écrie-t-elle, glorifie le Seigneur ton Dieu&nbsp;; publie sa magnificence, exalte la grandeur de celui qui à la face de ses ennemis sait faire éclater sa puissance. Gloire au père qui a fait le monde, au Christ, son fils, qui nous a rachetés, à l’Esprit saint qui fortifie notre foi et rend ceux qui l’adorent vainqueurs de leurs ennemis. Gloire à lui seul dans tous les siècles des siècles&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>«&nbsp;Que cela soit ainsi, répondirent en chœur les pieux compagnons d’Eugénie. »</p>



<p>Au même instant, un éclair brillant sillonnait la nue&nbsp;; un bruit comme celui de la foudre retentit dans les airs, la statue de Jupiter, détachée de son piédestal, tombe à la renverse et ses débris épars jonchent le sol du temple, ébranlé lui-même jusque dans ses fondements. Le prêtre, épouvanté, s’enfuit, et va porter au préfet la nouvelle de ce désastre.</p>



<p>Nicetius jugea désormais tout interrogatoire inutile&nbsp;: la défaite et la honte de ses Dieux outragés et vaincus réclamaient une prompte vengeance.</p>



<p>Les saints confesseurs, après avoir été battus de verges, eurent la tête tranchée le onzième jour de septembre 261.</p>



<p>Un autre supplice attendait l’héroïque Eugénie.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="martyre-d-eugenie">Martyre d’Eugénie</h3>



<p>Nicétius, dans sa sagesse, avait jugé que pour l’honneur des Dieux il ne fallait pas laisser aux infâmes les restes d’Eugénie, qui pourraient être un nouvel aliment à leur superstition, une occasion de nouveaux attentats contre la religion de l’empire. Il avait donné l’ordre qu’à son corps fût fortement attaché un bloc de lourd rocher, et, qu’ainsi enchaînée, elle fût précipitée dans le Tibre par la nuit la plus noire.</p>



<p>Mais, vaines précautions, vaines fureurs, folie de la puissance humaine, qui veut lutter contre Dieu et ses desseins éternels&nbsp;! Le bloc de pierre chargé de son précieux fardeau, et lancé dans le Tibre ne se perdit point dans l’abîme des flots, on le vit flotter sur la surface des eaux&nbsp;; on aperçut, à la lueur des fanaux, l’héroïque martyre étendue sur une pierre comme sur un lit de repos. Elle chantait les louanges du Seigneur dans un mélodieux cantique que répétaient les échos de la nuit.</p>



<p>Nicélius ne reconnut point dans ce prodige le néant de sa puissance, et le doigt de Dieu qui le marquait du sceau de la réprobation.</p>



<p>L’insensé voulut faire péril par le feu celle que les eaux n’avaient pu engloutir.</p>



<p>Par son ordre, une immense fournaise est allumée, un feu dévorant élève ses tourbillons de flammes. Des mains profanes dépouillent Eugénie de ses vêtement et la précipitent dans cet océan de feu. Les gerbes de flammes s’écartent, un tourbillon de fumée s’élance du vide produit par la chute du corps dans la fournaise qui l’enveloppe d’un voile impénétrable.</p>



<p>Des gardes doivent interdire l’approche de cet épouvantable tombeau.</p>



<p>Les chrétiens gardaient un morne et religieux silence.</p>



<p>«&nbsp;Le feu a dévoré ses chairs, calciné ses os, vociféraient les païens, les cendres de l’impie, mélangées aux cendres du bûcher, seront dispersées par le souffle des vents, et de celle qui osa braver les Dieux, il n’en restera plus aucun vestige&nbsp;; leçon terrible et efficace pour ceux qui seront tentés de suivre son exemple.&nbsp;»</p>



<p>Mais encore, crime inutile, ridicules menaces, nouvelle épreuve impuissante des idoles, nouvelle victoire de celle que le Seigneur fortifie.</p>



<p>Comme ces pieux martyrs de l’ancienne foi, Eugénie fut retrouvée le lendemain dans l’extase de la prière, à genoux sur les derniers charbons embrasés, une sérénité tout céleste brillait sur le visage d’Eugénie, rendant gloire à Dieu et priant sans doute pour ses persécuteurs.</p>



<p>Nicétius, à bout de supplices, désespérant de vaincre les éléments, fit jeter la vierge martyre dans un cachot creusé dans les entrailles de la terre. L’héroïque Eugénie devait y souffrir les tortures de la faim, puis mourir inhumée d’avance.</p>



<p>Mais, là encore, dans cette tombe anticipée, s’écoulèrent les heures de son martyre jusqu’au 25 décembre. Sa conservation jusqu’à ce jour fut encore un miracle qui ne changea pas le cœur de Nicétius, mais affermit dans la religion un grand nombre de chrétiens et convertit une foule d’infidèles.</p>



<p>Lorsque le temps marqué par ses impénétrables desseins fut accompli, Dieu mit un terme aux souffrances d’un si long sacrifice.</p>



<p>Les chrétiens, dans les catacombes, célébraient dans la nuit sainte la naissance temporelle du Seigneur<sup data-fn="e7eb0408-3021-46e4-8c84-f248ee04677c" class="fn"><a href="#e7eb0408-3021-46e4-8c84-f248ee04677c" id="e7eb0408-3021-46e4-8c84-f248ee04677c-link">2</a></sup>.</p>



<p>«&nbsp;Prions, mes frères, disait le vénérable pontife, saint Denys, l’un des successeurs de Corneille. Prions pour les illustres victimes de la persécution qui gémissent dans les cachots.&nbsp;»</p>



<p>Le saint pontife, les bras étendus, le front couronné de rayons, paraissait contempler une vision qui le tint pendant quelque temps muet et immobile.</p>



<p>Tout à coup, «&nbsp;réjouissez-vous, mes frères, s’écria-t-il, j’ai vu les noces de l’agneau&nbsp;; à ses côtés, notre sœur Eugénie, la tête ceinte d’une couronne étincelante de pierreries, est assise sur un trône de saphir&nbsp;; ses vêtements plus blancs que la neige resplendissent dans la divine lumière, à sa main est une palme d’or.&nbsp;</p>



<p>Prosternés dans la poussière, célébrons les merveilles du Seigneur&nbsp;; répétons avec les anges qui entourent son trône&nbsp;: Et ainsi soit-il, honneur à notre Dieu dans tous les siècles des siècles.&nbsp;»</p>



<p>Nicétius, pour anéantir le témoin toujours vivant de sa féroce impuissance, avait enfin résolu de faire périr Eugénie par le glaive. L’épée d’un bourreau avait cette nuit-là même achevé le sacrifice.</p>



<p>Dieu avait enfin ouvert à Eugénie les portes de l’immortel séjour.</p>



<p>«&nbsp;Voilà enfin mon repos, dit Eugénie, en rendant le dernier soupir. »</p>



<p>De riches chrétiens achetèrent au prix de l’or le corps de la vierge martyre et le cachèrent précieusement dans leurs maisons en attendant des jours meilleurs.</p>



<p>Ils le mirent ensuite dans un somptueux tombeau que Claudia éleva sur la voie Latine, dans le lieu de la sépulture que son aïeul Apronianus s’était choisi. Les corps de Prothus et de Hyacinthe furent déposés à ses pieds.</p>



<p>Le pape saint Denys, par vénération de l’illustre épouse du Christ, joignit son nom à celui des autres saints martyrs dans le canon des sacrifices des autels.</p>



<p>Sans doute à cause de la solennité exceptionnelle de la nuit anniversaire du Christ, la glorification de sainte Eugénie fut célébrée dans l’église le troisième jour des Ides de septembre, jour du martyre et fêtes des saints Prothus et Hyacinthe, décapités avant elle.</p>



<p>Cependant, de la famille de Philippe, Claudia seule vivait encore. Jusqu’à son dernier soupir, elle était venue sur le tombeau de sa fille, répandre ses larmes, implorer son secours. Elle voulut qu’après sa mort, on la déposât à ses côtés. Les anges du ciel reçurent l’âme de Claudia, mais la déposèrent dans un endroit de purification et d’espérance, où les âmes des justes achèvent l’expiation de fautes légères et de leurs imperfections.</p>



<p>Le Seigneur se laissa bientôt fléchir aux prières d’Eugénie&nbsp;; il donna même à la fille la satisfaction de délivrer sa mère du purgatoire.</p>



<p>Eugénie descend dans les profondeurs des limbes&nbsp;; de sa palme d’or, elle écarte les flammes, dans lesquelles gémissait l’âme de Claudia, et lui montre le chemin du ciel. Purifiée, les anges la transportèrent sur leurs ailes et la présentèrent au Dieu rémunérateur, qui lui donna un trône d’honneur auprès de ses enfants.</p>



<p>Le tableau votif, que François de Dinteville a fait faire en hommage à sainte Eugénie, représente bien les principales scènes de la vie légendaire de cette martyre que nous venons de décrire.</p>



<p>Après cette longue digression, nous reprenons l’histoire des monuments de Varzy.</p>



<p>En outre de l’église Saint-Pierre dont nous venons de parler, Varzy possède encore quelques vestiges de son ancienne splendeur.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="83d7f3e8-e513-4ded-b918-eb5a602858e2">Qui fut mon professeur. <a href="#83d7f3e8-e513-4ded-b918-eb5a602858e2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e7eb0408-3021-46e4-8c84-f248ee04677c">N.D.É. 2023 : la fixation au 25 décembre de la naissance du Christ a été effectuée en 354 par le pape Libère (352-366). Une fête romaine antérieure celle du « soleil invaincu » (sol invictus) était fixée ce jour, l’auteur a anticipé la fixation de ce temps-fort, son récit se déroulant en 261. <a href="#e7eb0408-3021-46e4-8c84-f248ee04677c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 2 &#8211; Chapitre I : Monuments religieux</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-2-chapitre-i-monuments-religieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 11:30:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2474</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Ce chapitre fascinant nous ouvre les portes du trésor patrimonial de Varzy. Si la grande collégiale de Sainte-Eugénie et l&#8217;église Saint-Saturnin ont aujourd&#8217;hui disparu, l&#8217;imposante église Saint-Pierre, achevée en 1350, veille encore sur la cité. L&#8217;auteur nous y convie à une visite guidée émouvante, détaillant l&#8217;histoire des prestigieuses [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Ce chapitre fascinant nous ouvre les portes du trésor patrimonial de Varzy. Si la grande collégiale de Sainte-Eugénie et l&rsquo;église Saint-Saturnin ont aujourd&rsquo;hui disparu, l&rsquo;imposante église Saint-Pierre, achevée en 1350, veille encore sur la cité. L&rsquo;auteur nous y convie à une visite guidée émouvante, détaillant l&rsquo;histoire des prestigieuses reliques miraculeusement sauvées de la Révolution, et s&rsquo;arrêtant longuement sur le fameux triptyque de l&rsquo;École flamande. Ce chef-d&rsquo;œuvre pictural commandé en 1535 par l&rsquo;évêque de Dinteville, dont nous avons spécialement restauré les prises de vue pour cette édition numérique, constitue à lui seul un témoignage artistique inestimable.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#eglise-collegiale-de-sainte-eugenie">Église collégiale de Sainte-Eugénie</a></li>



<li><a href="#saint-saturnin">Saint-Saturnin</a></li>



<li><a href="#eglise-paroissiale-de-saint-pierre">Église paroissiale de Saint-Pierre</a></li>



<li><a href="#reliques">Reliques</a>
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#reliques-de-saint-renobert">Reliques de Saint Renobert</a></li>



<li><a href="#reliques-de-saint-leonard">Reliques de Saint Léonard</a></li>



<li><a href="#reliques-de-saint-paul">Reliques de Saint Paul</a></li>



<li><a href="#reliques-de-saint-prix">Reliques de Saint Prix</a></li>



<li><a href="#reliques-de-saint-cot">Reliques de Saint Cot</a></li>



<li><a href="#reliques-de-saint-sebastien">Reliques de Saint Sébastien</a></li>



<li><a href="#reliques-de-saint-eusebe">Reliques de Saint Eusèbe</a></li>



<li><a href="#reliques-de-la-vraie-croix">Reliques de la Vraie Croix</a></li>
</ul>
</li>



<li><a href="#tableau-de-sainte-eugenie">Tableau de sainte Eugénie</a>
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#numerisation-inedite-triptyque">Une numérisation inédite : Le triptyque comme si vous y étiez</a></li>
</ul>
</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="eglise-collegiale-de-sainte-eugenie">Église collégiale de Sainte-Eugénie</h2>



<p>De l’époque celtique, il reste encore quelques monuments dans la contrée, entre autres un dolmen, non loin de Varzy, à l’angle d’un petit bois, près de la route de Clamecy à Varzy.</p>



<p>Aucune trace n’est restée de l’occupation romaine. Un temple païen a disparu pour faire place à la basilique Sainte-Eugénie, bâtie par Saint Germain en 418, qui, après avoir subi bien des dévastations, des reconstitutions et des restaurations, a été elle-même détruite à la Révolution en 1793.</p>



<p>Cette église est du nombre de celle que saint Aunaire désigne en 590 dans le règlement des paroisses de son diocèse, et que saint Tétrice indique comme devant être visitée par tous les abbés et archiprêtres une fois chaque année.</p>



<p>En 923 l’évêque Gaudry fit rebâtir l’église,qui était en ruines&nbsp;; il y plaça plusieurs autels, l’embellit de vitraux et de riches décorations et y déposa les reliques de la sainte.</p>



<p>Hugues de Challon en fondant le chapitre des chanoines, et en donnant à Sainte-Eugénie le titre de collégiale, fit rétablir tout ce qui manquait à ce bâtiment et lui donna des ornements de la plus grande richesse, en l’an 1015.</p>



<p>Laurent Pinon, en 1438, fonda dans l’église deux chapelles, l’une sous le vocable de Saint-Pierre, martyr, et l’autre sous celui de Saint-Thomas-d’Aquin. Le grand autel avait été construit, en 1537, par François de Dinteville, deuxième du nom, qui, en même temps, avait fait établir les orgues et édifier la voûte de l’église&nbsp;; il l’enrichit d’autres œuvres d’art, entre autres le tableau de Sainte-Eugénie, qu’il fit placer au-dessus du maître-autel.</p>



<p>La collégiale était un lieu de pèlerinage et de grande dévotion&nbsp;; un nombre considérable d’étrangers étaient attirés dans la ville pour y visiter le trésor, qui se composait des innombrables reliques, statues, tableaux et ornements d’une grande valeur donnés par les évêques.</p>



<p>Sainte-Eugénie fut fermée le 8 mai 1793, et on apposa les scellés sur les principaux meubles et sur les portes du monument.</p>



<p>Cette église fut vendue sur la mise à prix de 6 blancs&nbsp;<sup data-fn="7c63ac65-89b5-4799-8443-185ffa64b722" class="fn"><a href="#7c63ac65-89b5-4799-8443-185ffa64b722" id="7c63ac65-89b5-4799-8443-185ffa64b722-link">1</a></sup>; elle fut adjugée au citoyen Louis Bercier moyennant la somme de 8&nbsp;225&nbsp;francs, que l’adjudicataire ne put payer. Démolie en 1797, ses matériaux servirent à la construction de maisons bâties sur son emplacement&nbsp;; quelques-unes laissent encore apercevoir des fragments de cet édifice&nbsp;; à l’intérieur, quelques colonnes engagées à chapiteaux du xiie siècle, et, à l’extérieur, un pignon et une partie du chevet, sous lequel le ruisseau de Sainte-Eugénie prend sa source.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="saint-saturnin">Saint-Saturnin</h2>



<p>De Saint-Saturnin, il ne reste rien. Cette église, dont la construction est de date inconnue, fut restaurée en 923 et probablement détruite au xie siècle. Seule, l’église paroissiale de Saint-Pierre, qui fut reconstruite deux fois, a subsisté des trois églises que possédait Varzy au xe siècle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="eglise-paroissiale-de-saint-pierre">Église paroissiale de Saint-Pierre</h2>



<p>La première église paroissiale de Saint-Pierre, dont la date de fondation est inconnue, fut restaurée en 923 par l’évêque Gaudry, en même temps que Sainte-Eugénie et Saint-Saturnin&nbsp;; de celle-là, il ne reste rien. Elle fut reconstruite en 1102 par l’évêque Humbaud. Cette seconde église, de style roman, qui plus tard prit le nom de Saint-Jean, ne fut pas détruite lors de la construction de l’église actuelle&nbsp;; elle se trouvait tout à côté&nbsp;; elle servit de baptistère et on l’employa aussi pour les catéchismes. Après avoir été dévastée en 1793, elle devint une salle de club&nbsp;; elle servit longtemps de magasin, et, en 1846, elle fut démolie en partie pour construire sur son emplacement des écuries et des granges. Il n’en reste plus qu’un pan de mur, que soutient un contrefort.</p>



<p>L’église paroissiale actuelle est un magnifique vaisseau, mesurant intérieurement 50,5 mètres de longueur et 17,75&nbsp;mètres de largeur&nbsp;;&nbsp;composée de 3 nefs, 1 principale et 2 petites, dites bas-côtés. Elle est d’un style élégant (du commencement du xive siècle). On retrouve, cependant, dans les gros piliers de la nef, le sentiment de la fin du xiiie siècle&nbsp;; en effet, d’après les documents que nous avons étudiés, les fondations ont dû être jetées en 1280&nbsp;; elle fut terminée en 1350&nbsp;; sa construction aurait donc duré 70 ans à s’accomplir.</p>



<p>Son plan représente une croix latine&nbsp;; sur les bras de la croix, formant un transept, s’élèvent deux clochers, qui accompagnent un chevet à pans coupés, et donnent à cette église une physionomie toute particulière.</p>



<p>Sa façade est très dégagée, bien que flanquée de deux contreforts amortis en pignon et de deux arcs-boutants qui, en la consolidant, lui servent de décoration. La flore de ses chapiteaux, très variée et bien exécutée, donne une richesse distinguée à l’ensemble de ce gracieux monument. Son chevet, orné de contreforts en pignon, de fenêtres à colonnettes et chapiteaux sculptés d’un double rang de feuilles, est une merveille de grâce et d’élégance.</p>



<p>À l’intérieur, on est impressionné par la hardiesse de la nef principale, ornée d’un triforium. Nous ne retrouvons malheureusement des beaux vitraux qui ornaient l’église que les restes d’une ancienne verrière du xive siècle, dans la fenêtre centrale de l’abside, représentant des sujets légendaires tirés de l’histoire de Notre-Seigneur et de celle de saint Pierre, qui seraient signés, dit-on, du nom de leur auteur.</p>



<p>L’église possède six cloches&nbsp;: une grosse cloche, datée de 1767, qui ne fut pas détruite à la Révolution&nbsp;; une autre, nommée Barbet, née à Varzy en 1493 (comme dit l’inscription) et refondue en 1864, ayant pour parrain M. Delangle, ministre de la justice, et pour marraine Mme Gaudin, sa fille&nbsp;; la cloche dite du Catéchisme, qui date de 1807, et un carillon composé de deux cloches, dont une refondue sous l’administration de M. Oudot, maire de Varzy. La dernière cloche, qui pèse 700&nbsp;kilos, dont la pose peut être regardée comme un ouvrage hardi et aussi de curiosité, est placée extérieurement, à la pointe d’un des clochers de l’église&nbsp;; elle sert de tocsin et de timbre à l’horloge, et comme il est probable qu’elle a été placée en cet endroit lors de la construction des clochers, qui remonte au xive siècle, il y aurait à peu près 600 ans qu’elle serait ainsi suspendue.</p>



<p>Dans la sacristie se trouvent de nombreuses reliques, très intéressantes aussi au point de vue artistique, dont nous allons faire la nomenclature et l’historique.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques">Reliques</h2>



<p>Voici ce que relate le mémoire historique des saintes reliques qui se trouvaient dans le trésor de Sainte-Eugénie, et dont la translation à l’église paroissiale de Saint-Pierre a été faite le 9 octobre 1792, lors de la suppression du chapitre de l’église collégiale&nbsp;<sup data-fn="440e3223-6fcf-439b-90e1-7fbad60fc936" class="fn"><a href="#440e3223-6fcf-439b-90e1-7fbad60fc936" id="440e3223-6fcf-439b-90e1-7fbad60fc936-link">2</a></sup>:</p>



<p>Reliques de sainte Eugénie, martyrisée à Rome en l’an 261.</p>



<p>Les reliques que nous avons de cette sainte patronne furent apportées de Rome par Gaudry, évêque d’Auxerre. La translation s’en fit le 18e jour de mai de l’an 923.</p>



<p>Elles sont contenues&nbsp;:</p>



<p>1° Dans une magnifique châsse d’argent du xiiie siècle, renfermant deux morceaux du crâne en toute son épaisseur&nbsp;;</p>



<p>2° Un reliquaire de bois en forme de bras couvert de plaques d’argent doré du xiie siècle, dans lequel se trouve une partie de l’os humérus, long de 6 pouces.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-renobert">Reliques de Saint Renobert</h3>



<p>Saint Renobert, second patron de notre église, était évêque de Bayeux au viie siècle&nbsp;; sur la fin du ixe siècle, son corps fut transporté, pour éviter les incursions des Normans Danois.</p>



<p>M. Baillet croit qu’on en mit une partie à Corbeil-sur-Seine et que l’autre fût portée au diocèse de Besançon&nbsp;; il ne dit rien de Varzy. Il ne savait pas apparemment que nous avons dans notre église un monument très ancien qui fait voir que le corps de saint Renobert de Bayeux y a été relevé de terre par Hugues de Noyers, évêque d’Auxerre.</p>



<p>Autour de la tombe de saint Renobert, on remarque l’inscription suivante&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Hic Reynobertus sanctus fuit intumulalus<br>Bajocensis honos, qui rexit pontificatus.<br>Hugo bonus prœsul prœsens fuit ad relevatum<br>Qui dormitat ibi recipit de febvre juvamen.</p></blockquote></figure>



<p>Traduction&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Ici saint Renobert fut mis au tombeau<br>L’honneur de Bayeux, dont il fut évêque.<br>Hugues le Bon, évêque, fut présent au relèvement.<br>Celui qui dort ici reçoit le soulagement de la fièvre<sup data-fn="5cfe9ab0-31ef-4587-99d1-5588f8708587" class="fn"><a href="#5cfe9ab0-31ef-4587-99d1-5588f8708587" id="5cfe9ab0-31ef-4587-99d1-5588f8708587-link">3</a></sup>.</p></blockquote></figure>



<p>À l’appui de cette version, voici ce que dit l’abbé Lebeuf dans son ouvrage, Confraternité du chapitre d’Auxerre avec diverses églises du royaume&nbsp;:</p>



<p>« Le chapitre de l’église d’Auxerre se trouve lié de confraternité de temps immémorial avec ceux de la cathédrale de Beauvais, Bayeux et celui de Saint-Martin-de-Tours.</p>



<p>Celle de Saint-Martin-de-Tours vient de ce que le corps du grand saint Martin fut réfugié à Auxerre durant les guerres des Normans, à la fin du ixe siècle, et de ce que le clergé de Saint-Martin vint le reprendre solennellement au monastère de Saint-Germain, où il était en dépôt&nbsp;<sup data-fn="2be7841d-5f11-4a95-b27d-99b76c2f1115" class="fn"><a href="#2be7841d-5f11-4a95-b27d-99b76c2f1115" id="2be7841d-5f11-4a95-b27d-99b76c2f1115-link">4</a></sup>; celle du chapitre de Bayeux doit son origine au transport des corps de saint Renobert, célèbre évêque de Bayeux, et de saint Zenon, son diacre, dans la ville d’Auxerre, à l’occasion des mêmes guerres des Normans. Les ossements de ces saints, commis à la garde de l’évêque d’Auxerre, furent réfugiés dans son château de Varzy, excepté une partie qu’on transporta en Franche-Comté. La portion des reliques restées à Varzy dans un cercueil de pierre fournit ce qui servit à la dédicace de la nouvelle paroisse, érigée dans la cité d’Auxerre, au commencement du xiiie siècle, sous l’invocation de saint Renobert, sur le territoire de laquelle est une bonne partie du chapitre.&nbsp;»</p>



<p>D’autre part, en parlant de Hugues de Noyers, il dit&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Ce fut de son temps et en sa présence que fut faite l’élévation des reliques de saint Renobert, évêque de Bayeux, qui auparavant étaient dans un tombeau de pierre. S’étant réservé dans cette cérémonie les plus petits ossements du saint, c’est à dire les phalanges des mains et des pieds, il s’en servit pour la dédicace de l’église du nom du même saint qui fut élevée à Auxerre. »</p>



<p>Pierre de Broc, évêque d’Auxerre, faisant la visite de notre collégiale le 3 juin 1642, tira de la châsse d’argent de saint Renobert un os de la jambe de ce saint, qui fut déposé, le dimanche 19 avril 1643, en l’église paroissiale de saint Renobert, à Auxerre. Une autre portion du même évêque fut accordée à l’église cathédrale de Bayeux, en 1711, sous l’épiscopat de Charles de Caylus, évêque d’Auxerre, d’heureuse mémoire.</p>



<p>Les reliques de ce saint que possède Varzy sont enfermées dans trois reliquaires&nbsp;:</p>



<p>1° La grande châsse de saint Renobert, ouverte lors de la visite de Nicolas Colbert, évêque d’Auxerre, le quatrième jour de novembre 1673&nbsp;; on a trouvé 7 grands ossements presque entiers, savoir&nbsp;: 2 os des cuisses nommés fémur, 2 omoplates, 1 os sacrum, 1 clavicule et 1 os pubis, et séparément, dans une espèce de poche de fin linge, 1 os d’un bras nommé radius, et 1 côte entière avec quelques petits fragments et esquilles d’os humain inconnus.</p>



<p>Cette châsse est de la fin du xiie siècle et donnée à Varzy par Hugues de Noyers, ainsi qu’on le verra plus loin.</p>



<p>2° Une châsse de bois couverte de plaques d’argent faite en forme de tourelle octogone avec une petite serrure et enrichie de quelques figures d’argent en bosse, contenant tout l’os du dessus de la tête d’homme nommé crâne, que l’on dit être l’os de la tête de saint Renobert. Châsse du xiie siècle, style romano- byzantin.</p>



<p>3° Un reliquaire du xiie siècle en forme de bras couvert de plaques d’argent et bandes de cuivre doré, contenant un os radius d’un bras humain de 6 pouces de longueur. De plus, une petite bourse de soie dans laquelle sont des morceaux d’un os, nommé apophie ou jointure, étiqueté saint Renobert.</p>



<p>Ces trois reliquaires, ainsi que les deux qui renferment les reliques de sainte Eugénie, ont une grande valeur artistique et ont figuré à l’Exposition universelle de Paris en 1900.</p>



<p>Il existe d’autres reliquaires de moindre importance artistique&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-leonard">Reliques de Saint Léonard</h3>



<p>Le reliquaire est en forme de bras vêtu, duquel sort une main, le tout de bois peint et doré, parsemé de fleurs de lys, du style du xviie siècle.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-paul">Reliques de Saint Paul</h3>



<p>Le reliquaire est de bois argenté en forme de bras vêtu d’une manche fort plissée, également du style du xviie siècle.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-prix">Reliques de Saint Prix</h3>



<p>Le reliquaire est fait en forme de bras en bois doré, posé debout sur une base ou piédestal carré, et de style du xvie&nbsp;siècle.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-cot">Reliques de Saint Cot</h3>



<p>1° Un reliquaire en bois doré, d’une forme carrée, sans sculpture en relief,du xviie&nbsp;siècle&nbsp;;</p>



<p>2° Une petite châsse de bois peint, faite en forme d’église gothique, posée sur un pied, de caractère Louis XIII.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-sebastien">Reliques de Saint Sébastien</h3>



<p>Le reliquaire est en corne transparente, de figure cylindrique, garni de cuivre doré, posé sur un pied de cuivre, comme d’un calice, d’un caractère bizarre auquel on ne peut attribuer une époque bien définie.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-saint-eusebe">Reliques de Saint Eusèbe</h3>



<p>Le reliquaire est de bois doré, sans caractère.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="reliques-de-la-vraie-croix">Reliques de la Vraie Croix</h3>



<p>Cette précieuse relique est renfermée dans une petite croix d’or dans laquelle l’évêque Nicolas Colbert dit avoir trouvé, lors de la visite de nos reliques qu’il fit en 1673, de petits papiers pliés, écrits en sorte de petits caractères anciens&nbsp;: De vera Cruce.</p>



<p>II appert<sup data-fn="c5de5e43-2332-4be0-b8a8-d74a1152ca43" class="fn"><a href="#c5de5e43-2332-4be0-b8a8-d74a1152ca43" id="c5de5e43-2332-4be0-b8a8-d74a1152ca43-link">5</a></sup>, par un ancien nécrologe de notre église, au rapport qu’en fit M. Joseph Rossignol, chanoine dudit seigneur Nicolas Colbert, que cette petite croix a été donnée à ladite église Sainte-Eugénie par Hugues de Noyers, évêque d’Auxerre (de 1183 à 1206), dans lequel nécrologe, au sixième des ides de décembre, se lisent ces mots&nbsp;: Eodem die obiit bonœ recordationis Hugo de Noyers, venerab Autissio. Episc. qui dedit nobis[…] pixidis argenteam cum reliquiis sanctorum et cum cruce parvula aurea inquâ de ligno domini continetur, etc… obiit anno 1206.</p>



<p>Traduction&nbsp;: Le même jour mourut Hugues de Noyers, de bon souvenir, vénérable évêque d’Auxerre, qui nous donna un coffret d’argent avec des reliques de saints <sup data-fn="37755580-4a68-43e1-bb58-b54ca1bd59a5" class="fn"><a href="#37755580-4a68-43e1-bb58-b54ca1bd59a5" id="37755580-4a68-43e1-bb58-b54ca1bd59a5-link">6</a></sup>et avec une petite croix d’or dans laquelle est contenue une parcelle de la croix du Sauveur&nbsp;; il mourut l’an 1206.</p>



<p>Cette petite croix d’or, ornée de cabochons et de pierreries, fut mise sur une croix d’ébène par les soins de l’évêque Nicolas Colbert.</p>



<p>Toutes ces reliques sont contenues dans une armoire, dont les vantaux sont ornés de peintures.</p>



<p>À l’intérieur, les panneaux représentent quelques scènes de la Passion&nbsp;: le baiser de Judas, l’arrivée du Christ au prétoire et la Flagellation&nbsp;; ils sont du xvie&nbsp;siècle.</p>



<p>À l’extérieur, ils représentent&nbsp;: la Pénitence de saint Pierre, le Quo Vadis et le Crucifiement de saint Pierre&nbsp;; ils sont d’époque moderne.</p>



<p>On remarque aussi, dans cette église, des œuvres admirables du commencement de la Renaissance&nbsp;: deux statues en pierre, l’une, une Vierge à l’Enfant&nbsp;; l’autre, une statue de Sainte-Eugénie, d’un goût et d’un arrangement parfaits&nbsp;; une chaire, également de la Renaissance, fort intéressante, aux pieds des pilastres qui forment pans-coupés sont incrustés les mots&nbsp;: Paix et Amour<sup data-fn="84675ff2-22c7-4032-961f-6f01ff7fa9e0" class="fn"><a href="#84675ff2-22c7-4032-961f-6f01ff7fa9e0" id="84675ff2-22c7-4032-961f-6f01ff7fa9e0-link">7</a></sup>.</p>



<p>Mais l’œuvre la plus importante est un tableau formant triptyque, représentant la Vie et le martyre de sainte Eugénie.</p>



<p>Ces richesses proviennent de la basilique de Sainte-Eugénie à laquelle elles avaient été données par François de Dinteville.</p>



<p>Il est intéressant de connaître la vie de ce bienfaiteur.</p>



<p>Voici ce qu’en dit l’abbé Lebeuf dans son ouvrage sur les évêques d’Auxerre&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;François de Dinteville, le deuxième du nom, a été évêque d’Auxerre de 1530 à 1554.</p>



<p>François de Dinteville mangeait peu, buvait fort rarement, ne dormait guère, travaillait continuellement, étudiait sans relâche, et vivait comme un vrai philosophe. Outre les arts libéraux, il se connaissait aussi dans la mécanique. Aimant surtout la peinture, il avait toujours chez lui quelque peintre. Il était ennemi déclaré de l’oisiveté, et rappelait souvent à ceux de sa compagnie l’adage d’Appelles. S’il faisait accueil aux gens studieux, laborieux et vigilants, s’il les aimait et les honorait, il avait aussi en horreur les lâches, les fainéants, les gens oisifs et paresseux&nbsp;; il était d’une très faible santé tantôt attaqué de fièvre ou dysenterie, tantôt des douleurs de la gravelle et de la goutte. Au milieu de ces infirmités, il se réjouissait de souffrir en ce monde, pour arriver dans le lieu de rafraîchissement. »</p>



<p>C’est par où l’auteur anonyme finit sa relation, à laquelle j’ai été obligé d’ajouter plus de la moitié des faits qu’il n’a pas rapportés comme étant alors trop nouveaux et d’une espèce que j’avoue n’être devenue intéressante que depuis l’éloignement des temps. On peut reconnaître quelques tableaux faits sous son épiscopat et par ses amis à la représentation de son visage que les peintres se plaisaient à introduire dans le rang des spectateurs. Aussi est-il tiré dans le tableau de la Lapidation de saint Étienne conservé sur l’autel de la Chapelle Saint-Alexandre au fond de l’église cathédrale d’Auxerre, et dans celui du Martyre de sainte Eugénie, à Varzy, au retable du grand autel de l’église collégiale. Ces tableaux passent pour être de la façon de Félix Chrétien, chanoine, qui transcrivit l’abrégé de sa vie dans le livre manuscrit des évêques, conservé au trésor littéral du chapitre. L’église de Sainte-Eugénie de Varzy, dont je viens de parler, eut une grande part dans ses libéralités, il l’enrichit de plusieurs ornements en 1537, il y fit construire les orgues, le grand autel, avec ses accompagnements et la voûte qui est au-dessus.</p>



<p>On attribue à l’auteur des tableaux les quatre distiques qui suivent&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Is Præsul cujus liber hic dat splendida gesta<br>Immeriti pœnas pertulit exilii<br>Vidit eum infontem testisque comesque laborum<br>Felix a christi nomine nomen habens&nbsp;:<br>Vidit, et est ipsum casu comitatus in omni<br>Mæstitiæque cornus, lætitiæque comes<br>Cui cum non posset majora rependere dona<br>Itud scriptura nobilitavit opus.<br>1566.<br></p></blockquote></figure>



<p>Traduction&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Subit les peines d’un exil immérité.<br>Un ami, nommé Félix, au nom de Jésus-Christ,<br>Témoin et compagnon de ses travaux, reconnut son innocence.<br>Il le vit et l’accompagna en partageant<br>Dans toutes circonstances ses peines et ses joies.<br>Ne pouvant témoigner de plus grande reconnaissance.<br>Il a illustré cet ouvrage par la copie qu’il en fit.<br>1566.</p></blockquote></figure>



<p>Cet écrivain de l’éloge de François de Dinteville avait commencé par être enfant de chœur dans la cathédrale, ainsi que je l’ai vu par les registres&nbsp;; et il avait tellement gagné la bienveillance du prélat par la délicatesse de sa main dans l’écriture et la peinture, qu’il parvint à être chanoine. On apprend par ses vers qu’il avait été son commensal et que s’il n’était pas auteur de la Vie de François de Dinteville, il en était le copiste<sup data-fn="ef255613-f628-4316-a8f9-7727a7c67f5e" class="fn"><a href="#ef255613-f628-4316-a8f9-7727a7c67f5e" id="ef255613-f628-4316-a8f9-7727a7c67f5e-link">8</a></sup>.</p>



<p>L’évêque de Dinteville avait établi l’an 1531, lors de son ambassade à Rome, Filibert de Beaujeu, évêque de Bethléem de Clamecy pour son suffragant quant aux fonctions épiscopales. Cet évêque, vice-gérant, avait visité les paroisses de la ville, et fait les ordinations suivant le besoin&nbsp;; on croit qu’il continua les mêmes pouvoirs depuis son retour de Rome, au moins pendant quelques années&nbsp;; cela est d’autant plus vraisemblable, qu’il fut obligé de faire plusieurs voyages à l’occasion d’un bâtiment qu’il entreprit à Tonnerre, en 1535, et qu’il fut détourné de ses fonctions pour une autre affaire plus embarrassante&nbsp;; il se l’était attirée en voulant punir lui-même un chasseur qu’il avait trouvé dans les forêts de Varzy<sup data-fn="12216a40-fe92-46b4-a8f7-b9b8aa95f905" class="fn"><a href="#12216a40-fe92-46b4-a8f7-b9b8aa95f905" id="12216a40-fe92-46b4-a8f7-b9b8aa95f905-link">9</a></sup>.</p>



<p>Jusqu’à sa mort, il fit presque, chaque année, quelques embellissements dans l’église cathédrale d’Auxerre. Outre ce qu’il fournit à l’exemple de son oncle pour continuer la tour, il destina, en 1543, une somme pour orner l’église de peintures en différents endroits<sup data-fn="1e4025a9-6241-47da-b022-f1b00b1b21fc" class="fn"><a href="#1e4025a9-6241-47da-b022-f1b00b1b21fc" id="1e4025a9-6241-47da-b022-f1b00b1b21fc-link">10</a></sup>.</p>



<p>La prodigieuse statue de saint Christophe était alors bien avancée&nbsp;; on y avait travaillé pendant son absence, selon le goût particulier d’un chanoine (Jean Olivier, curé de Champlemi), mais le prélat était bien éloigné d’avoir ses idées&nbsp;: François de Dinteville était doué d’un goût exquis pour la peinture. Claude Robert dit dans ses additions en gallia christiana que cet évêque dépeignit de sa propre main à Regennes les châteaux appartenant à l’évêché d’Auxerre avec leur voisinage, et aussi pour tout ce qui dépendait de la mécanique, connaissance qui avait peut-être été l’un des fondements des faux soupçons qu’on avait eu contre lui<sup data-fn="5350dabb-614d-4a76-9a88-bd9c3be41d02" class="fn"><a href="#5350dabb-614d-4a76-9a88-bd9c3be41d02" id="5350dabb-614d-4a76-9a88-bd9c3be41d02-link">11</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="tableau-de-sainte-eugenie">Tableau de sainte Eugénie</h2>



<p>Le tableau votif, que l’évêque de Dinteville fit faire en hommage à sainte Eugénie, est placé dans l’église Saint-Pierre, à gauche, dans la chapelle latérale, près du chœur.</p>



<p>C’est un triptyque en bois, se fermant avec doubles vantaux, et dont le panneau de fond mesure 2,15&nbsp;mètres de largeur et 1,40&nbsp;mètres en sa plus grande hauteur. Les personnages du premier plan ont tout près d’un mètre de hauteur. Lorsque les deux portes sont fermées, elles représentent sur la surface extérieure des grisailles&nbsp;; l’une, à gauche, le Martyre de saint Étienne, l’autre, à droite, le Martyre de saint Laurent.</p>



<p>Quand les deux portes sont déployées, l’ensemble du tableau représente la vie de sainte Eugénie, son accusation, son martyre et sa glorification.</p>



<p>Au milieu du panneau principal, on voit sainte Eugénie à genoux devant son juge, et frappée par le bourreau&nbsp;; à gauche et à droite sont différents personnages, parmi lesquels on distingue, dans le troisième à gauche, le portrait de l’évêque de Dinteville, représenté coiffé de la barrette, avec ses armes et sa devise Virtuli — Fortuna — Comes. (La fortune est compagne de la vertu), peintes au-dessus d’un portail qui simule les murs d’un château fortifié et, à droite, une ville avec ses tours formant paysage, que l’on peut supposer être Varzy. Une tête couverte d’une petite toque flamande émerge du sol entre les jambes du bourreau. C’est, évidemment, la figure du peintre, qui aura ainsi signé son œuvre, selon l’usage de ce temps<sup data-fn="77e95659-5250-404e-85da-cb7cfdd5b553" class="fn"><a href="#77e95659-5250-404e-85da-cb7cfdd5b553" id="77e95659-5250-404e-85da-cb7cfdd5b553-link">12</a></sup>.</p>



<p>Au troisième plan du tableau s’élève la coupe verticale d’un chœur d’église gothique. Devant la première marche du sanctuaire, sainte Eugénie, revêtue d’un costume religieux, embrasse la vie monastique et prononce ses vœux. Un prêtre les reçoit&nbsp;; les pieux ascètes ses frères garnissent les deux côtés du chœur. Dans l’abside, trois fenêtres armoriées et ornées de vitraux se détachent en lumière sur le fond obscur des voûtes.</p>



<p>Aux pieds du personnage du premier plan sont représentées deux planchettes sur lesquelles le peintre a simulé des feuilles de parchemin écrites, et au bas du tableau, presque au milieu, la date 1535.</p>



<p>Sur l’une des tablettes est représentée une écriture probablement flamande, qui, jusqu’ici, n’a pas été traduite&nbsp;; peut-être nous renseignerait-elle sur l’origine du tableau&nbsp;?</p>



<p>L’autre contient une prière à sainte Eugénie dont voici la copie&nbsp;:</p>



<p>Virgo martyr Eugenia decus</p>



<p>Et gemma virginum tua prece nos expia ab omni labe criminum, ut per tua suffragia mereamur ad dominum pervenire cum gloria post hujvite terminum — v — ora pro nobis beata Eugenia — ut digni efficiamur promissionibus christ&nbsp;: Orato&nbsp;;</p>



<p>Indulgentiam nobis quesumus domine beata Eugenia virgo et martyr imploret&nbsp;: que tibi grata semper extitit et merito castilatis et suæ professione virtutis. — Per christum dominum nostrum.</p>



<p>Traduction&nbsp;:</p>



<p>Vierge martyre Eugénie, l’honneur et la perle des vierges, par ta prière lave-nous de toutes taches de crimes, afin que, par tes suffrages, nous méritions de parvenir au Seigneur avec gloire, après le terme de cette vie&nbsp;; prie pour nous, bienheureuse Eugénie, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.</p>



<p>Prière. — Seigneur, nous demandons pour nous l’indulgence que la bienheureuse vierge Eugénie et martyre implore, elle qui te fut toujours agréable et par le mérite de la chasteté et par sa profession de vertu. — Par le Christ Notre Seigneur.</p>



<p>Sur le vantail ouvert de gauche, on voit l’accusatrice Mélanthia, le père juge de sa fille, et sainte Eugénie découvrant sa poitrine pour se justifier&nbsp;; — et qu’un pinceau scrupuleusement pudique a cru devoir dissimuler en la barbouillant.</p>



<p>Le vantail de droite représente une apparition glorieuse de la sainte&nbsp;; elle vient retirer des profondeurs de la terre et conduire au séjour de l’immortalité, sa mère, qu’un trop grand attachement aux choses d’ici-bas retenait captive dans les limbes.</p>



<p>Au bas de cette scène, on voit un mausolée, dont une des faces reproduit en quelques mots latins la légende de sainte Eugénie que voici&nbsp;:</p>



<p>Divae — Eug. — Sacr.</p>



<p>Eugenia oirginini pulcherr, Filie dulcis.</p>



<p>Philippus et Claudia parentes ejus benefici ex</p>



<p>Genitum errore ad chri — Veritatem conver — Po.</p>



<p>O quam bene lugeras Eugenia quam prudentes nos desserveras.</p>



<p>O magnum solatium quod tante glorie consortes nos efficis.</p>



<p>Et à la suite de cette inscription l’extrait du martyrologe romain concernant la vie de sainte Eugénie, que nous donnons d’autre part.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="7c63ac65-89b5-4799-8443-185ffa64b722">N.D.É. 2023 (Note De l’Éditeur 2023) : Un « gros blanc » équivalait à 12 deniers ou 1 sou, soit un vingtième de livre. <a href="#7c63ac65-89b5-4799-8443-185ffa64b722-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="440e3223-6fcf-439b-90e1-7fbad60fc936">Ce manuscrit nous fut communiqué par M. le docteur Abel d’Angerville, qui le tient de sa famille. <a href="#440e3223-6fcf-439b-90e1-7fbad60fc936-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5cfe9ab0-31ef-4587-99d1-5588f8708587">Il s’agit très vraisemblablement d’un miracle. Cela ne veut-il pas dire : celui qui vient se reposer près de ce tombeau, reçoit le soulagement de la fièvre. <a href="#5cfe9ab0-31ef-4587-99d1-5588f8708587-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2be7841d-5f11-4a95-b27d-99b76c2f1115">N.D.É. 2023 : Dans Promenades pittoresques en Touraine — Histoire, légendes, monuments, paysages ; Casimir Chevalier décrit l’arrivée des reliques de saint Martin à Auxerre au travers d’une scène très détaillée, voire surprenante. Il relate aussi la restitution des reliques qui, vision de Tours, n’aurait pas été aussi simple que la description de l’abbé Lebeuf. <a href="#2be7841d-5f11-4a95-b27d-99b76c2f1115-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="c5de5e43-2332-4be0-b8a8-d74a1152ca43">N.D.É. 2023 : du verbe apparoir « Il ressort ou fait apparaître que… » <a href="#c5de5e43-2332-4be0-b8a8-d74a1152ca43-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="37755580-4a68-43e1-bb58-b54ca1bd59a5">C’est vraisemblablement la châsse de Saint-Renobert. <a href="#37755580-4a68-43e1-bb58-b54ca1bd59a5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="84675ff2-22c7-4032-961f-6f01ff7fa9e0">Il est regrettable que le pinceau de la restauration ait barbouillé de couleur ces objets d’art si délicats. <a href="#84675ff2-22c7-4032-961f-6f01ff7fa9e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ef255613-f628-4316-a8f9-7727a7c67f5e">Il ne s’en suit pas pour cela qu’il soit l’auteur du tableau de Varzy, que l’on attribue généralement à un artiste de l’École flamande, il était sans doute un scribe habile, un miniaturiste, mais non un peintre. <a href="#ef255613-f628-4316-a8f9-7727a7c67f5e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="12216a40-fe92-46b4-a8f7-b9b8aa95f905">Rencontrant un chasseur braconnant dans la forêt de Varzy, il le fit pendre. Comme les seigneurs à cette époque n’avaient plus le droit de haute justice, il fut appréhendé et alla à Rome demander le pardon au pape et se mettre sous sa protection. Or, pour se laver de ses fautes, il fit faire un tableau votif en hommage à sainte Eugénie, qu’il fit placer sur le maître-autel de l’église collégiale de Varzy. <a href="#12216a40-fe92-46b4-a8f7-b9b8aa95f905-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1e4025a9-6241-47da-b022-f1b00b1b21fc">Entre autres le tableau de la Lapidation de Saint Étienne, peint sur bois, panneau qui mesure 2,40 mètres de largeur sur 1,05 mètres de hauteur, daté de 1550, où l’on remarque le portrait de l’évêque de Dinteville mitré et avec ses armes pendues à un arbre, et qui se trouve encore actuellement dans la cathédrale d’Auxerre. <a href="#1e4025a9-6241-47da-b022-f1b00b1b21fc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5350dabb-614d-4a76-9a88-bd9c3be41d02">Ainsi qu’on l’a vu dans l’histoire de Varzy, on l’avait soupçonné, ainsi que son frère, d’être en relation avec un comte italien nommé Sebastiano, que l’on a condamné comme étant l’empoisonneur du Dauphin (fils aîné de François ler). <a href="#5350dabb-614d-4a76-9a88-bd9c3be41d02-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="77e95659-5250-404e-85da-cb7cfdd5b553">Si j’attire tout particulièrement l’attention sur ce tableau, c’est qu’on peut le considérer comme une œuvre importante de l’École flamande, et qui peut être attribuée à Bernard Van Orley, ou à son élève de Coxie.<br>Van Orley naquit, d’après certains auteurs, en 1470, d’autres disent en 1490 ; il mourut en 1542. Il appartenait à une noble famille de Luxembourg, qui s’attacha à la cour des ducs de Bourgogne. Il prit pour devise ces mots flamands : Elx syne tyt (à chacun son temps). Il visita l’Italie, où il connut Raphaël.<br>Van Cocyen, dit Michel de Coxie, est né en 1499 et mourut très âgé en 1592. Comme son maître, Van Orley, il visita l’Italie et se trouvait à Rome en 1532, où il se lia d’amitié avec Vasari. C’est à cette même époque que l’évêque de Dinteville était, à Rome, comme ambassadeur en Italie, de 1531 à 1534. Peut-être a-t-il pu connaître ces artistes pendant son séjour en Italie, et concevoir le tableau votif qu’il fit exécuter. <a href="#77e95659-5250-404e-85da-cb7cfdd5b553-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 1 &#8211; Chapitre IV : Table des évêques d’Auxerre</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-1-chapitre-iv-table-des-eveques-dauxerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 11:30:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2471</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Voici un document de référence précieux pour les chercheurs et les passionnés d&#8217;histoire locale. Cette liste chronologique complète, recensant les cent cinq évêques d&#8217;Auxerre de saint Pèlerin (au IIIe siècle) à Champion de Cicé (à l&#8217;aube de la Révolution), illustre la continuité du pouvoir spirituel et temporel sur [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Voici un document de référence précieux pour les chercheurs et les passionnés d&rsquo;histoire locale. Cette liste chronologique complète, recensant les cent cinq évêques d&rsquo;Auxerre de saint Pèlerin (au IIIe siècle) à Champion de Cicé (à l&rsquo;aube de la Révolution), illustre la continuité du pouvoir spirituel et temporel sur la région. Ces prélats, véritables seigneurs de Varzy pendant près de quinze siècles, ont façonné la ville, érigé ses fortifications et doté ses églises. Ce tableau n&rsquo;est pas qu&rsquo;une simple nomenclature : il est le fil conducteur indispensable pour situer chaque construction, chaque conflit et chaque drame dans la grande chronologie nivernaise.</em></strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Table des évêques d’Auxerre</h2>



<p>1 Saint Pèlerin258 — 304</p>



<p>2 Saint Marcellien304 — 330</p>



<p>3 Saint Valérien331 — 360</p>



<p>4 Saint Elade 361 — 385</p>



<p>5 Saint Amatre 385 — 418</p>



<p>6 Saint Germain 418 — 448</p>



<p>7 Saint Fraterne 448 — 451</p>



<p>8 Saint Alode 451 — 472</p>



<p>9 Saint Censure 472 — 502</p>



<p>10 Saint Urse 502 — 508</p>



<p>11 Saint Théodore 508 — 515</p>



<p>12 Saint Grégoire 515 — 530</p>



<p>13 Saint Opat 530 — 532</p>



<p>14 Saint Droctoald532 — 533</p>



<p>15 Saint Eleuthère533 — 561</p>



<p>16 Saint Romain561 — 564</p>



<p>17 Saint Ethère561 — 571</p>



<p>18 Saint Aunaire572 — 603</p>



<p>19 Saint Didier603 — 621</p>



<p>20 Saint Pallade622 — 657</p>



<p>21 Saint Vigile658 — 683</p>



<p>22 Scopilion683 — 691</p>



<p>23 Saint Tetrice691 — 706</p>



<p>24 Foucauld706 — 710</p>



<p>25 Savaric710 — 715</p>



<p>26-27 Quintilien et Chilien716 — 728</p>



<p>28 Clément728 — 733</p>



<p>29 Le Ven. Aidulfe733 — 748</p>



<p>30 Haymar748 — 763</p>



<p>31 Théodran763 — 771</p>



<p>32 Le Ven. Maurin772 — 779</p>



<p>33 Le B. Caron800 — 813</p>



<p>34 Le B. Agelelme813 — 828</p>



<p>35 Saint Héribalde829 — 856</p>



<p>36 Saint Abbon856 — 860</p>



<p>37 Le B. Chrestien860 — 872</p>



<p>38 Wala873 — 879</p>



<p>39 Le Ven. Wibaud879 — 887</p>



<p>40 Le Ven. Herifrid887 — 909</p>



<p>41 Saint Géran909 — 914</p>



<p>42 Saint Betton915 — 918</p>



<p>43 Gaudry918 — 933</p>



<p>44 Le Ven. Guy933 — 961</p>



<p>45 Richard961 — 970</p>



<p>46 Heribert971 — 995</p>



<p>47 Jean996 — 998</p>



<p>48 Hugues de Challon999 — 1039</p>



<p>49 Heribert II1040 — 1052</p>



<p>50 Geoffroy de Champ — Alleman1052 — 1076</p>



<p>51 Robert de Nevers1076 — 1084</p>



<p>(Le siège épiscopal reste vacant 3 ans)</p>



<p>52 Le Ven. Humbaud1087 — 1114</p>



<p>53 Saint Hugues de Mantaigu1115 — 1136</p>



<p>54 Le B. Hugues de Mâcon1137 — 1151</p>



<p>55 Le Ven. Alain1152 — 1167</p>



<p>56 Guillaume de Toucy1167 — 1181</p>



<p>57 Hugues de Noyers1183 — 1206</p>



<p>58 Guillaume de Seignelay1207 — 1220</p>



<p>59 Henri de Villeneuve1220 — 1234</p>



<p>60 Bernard de Sully1234 — 1244</p>



<p>61 Renaud de Saligny1244 — 1247</p>



<p>62 Gui de Mello1247 — 1269</p>



<p>63 Erard de Lesignes1270 — 1278</p>



<p>64 Guillaume de Grez1278 — 1293</p>



<p>65 Pierre de Mornay1295 — 1306</p>



<p>66 Pierre Belleperche1306 — 1307</p>



<p>67 Pierre de Grez1308 — 1325</p>



<p>68 Pierre de Mortemar1326 — 1328</p>



<p>69 Talayran de Périgord1328 — 1330</p>



<p>70 Cinnéric Guenaud1331 — 1338</p>



<p>71 Jean de Blangy1338 — 1344</p>



<p>72 Pierre de Villaines1344 — 1347</p>



<p>73 Bernard le Brun1347 — 1348</p>



<p>74 Pierre de Cros1349 — 1351</p>



<p>75 Audouin Albert1351 — 1352</p>



<p>76 Jean d’Auxois1352 — 1358</p>



<p>77 Ithier de Jarousse1358 — 1361</p>



<p>78 Jean Germain1361 — 1362</p>



<p>79 Pierre Aymond1362 — 1373</p>



<p>80 Nicolas d’Arcies1373 — 1376</p>



<p>81 Guillaume d’Etouville1376 — 1382</p>



<p>82 Ferric Cassinel1382 — 1390</p>



<p>83 Michel de Creney1390 — 1409</p>



<p>84 Jean de Toissy1409 — 1410</p>



<p>85 Philippe des Essarts1410 — 1426</p>



<p>86 Jean de Corbie1426 — 1432</p>



<p>87 Laurent Pinon1433 — 1449</p>



<p>88 Pierre de Longueil1449 — 1473</p>



<p>89 Enguerrand Signart1473 — 1477</p>



<p>90 Jean Baillet1477 — 1513</p>



<p>91 François de Dinteville Ier1513 — 1530</p>



<p>92 François de Dinteville II1530 — 1554</p>



<p>93 Robert de Lenoncourt1554 — 1560</p>



<p>94 Philippe de Lenoncourt1560 — 1563</p>



<p>95 Filibert de la Boudassière1563 — 1570</p>



<p>96 Jacques Amyot1570 — 1593</p>



<pre class="wp-block-code"><code>(Le siège épiscopal reste vacant près de 7 années)</code></pre>



<p>97 François de Donadieu1599 — 1625</p>



<p>98 Gilles de Souvré1626 — 1631</p>



<p>99 Dominique Séguier1631 — 1637</p>



<p>100 Pierre de Broc1640 — 1671</p>



<p>101 Nicolas Colbert1671 — 1676</p>



<p>102 André Colbert1676 — 1704</p>



<p>103 De Caylus1705 — 1754</p>



<p>104 De Condorcet1754 — 1760</p>



<p>105 De Cicé1761 — 1763</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 1 &#8211; Chapitre III : De la Renaissance à la Restauration</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-1-chapitre-iii-de-la-renaissance-a-la-restauration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 11:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2468</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : De la splendeur des arts à la fureur de la Révolution, ce chapitre dresse un tableau saisissant de l&#8217;évolution de Varzy sous l&#8217;Ancien Régime. On y découvre l&#8217;influence décisive de l&#8217;évêque François de Dinteville, diplomate éclairé et protecteur des arts, qui enrichit magnifiquement la collégiale, avant que les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : De la splendeur des arts à la fureur de la Révolution, ce chapitre dresse un tableau saisissant de l&rsquo;évolution de Varzy sous l&rsquo;Ancien Régime. On y découvre l&rsquo;influence décisive de l&rsquo;évêque François de Dinteville, diplomate éclairé et protecteur des arts, qui enrichit magnifiquement la collégiale, avant que les guerres de Religion ne viennent meurtrir la cité et incendier ses sanctuaires. Le récit s&rsquo;arrête ensuite sur l&rsquo;épiscopat réparateur de Nicolas Colbert, frère du célèbre ministre, pour s&rsquo;achever tragiquement sur les profanations révolutionnaires de 1793, transformant l&rsquo;antique basilique Sainte-Eugénie en ruines avant la renaissance locale sous l&rsquo;Empire.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#renaissance">Renaissance</a></li>



<li><a href="#guerres-de-religion">Guerres de Religion</a></li>



<li><a href="#les-bourbons">Les Bourbons</a></li>



<li><a href="#deces-d-illustrissime-messire-nicolas-colbert-eveque-d’auxerre">Décès d’Illustrissime Messire Nicolas Colbert, évêque d’Auxerre</a></li>



<li><a href="#inhumation-de-claude-poirier">Inhumation de Claude Poirier</a></li>



<li><a href="#revolution">Révolution</a></li>



<li><a href="#empire-et-restauration">Empire et Restauration</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="renaissance">Renaissance</h2>



<p>À la mort de Jean Baillet, François de Dinteville, premier du nom, 91e évêque d’Auxerre (de 1513 à 1530), songea tout d’abord à réparer entièrement les maisons épiscopales de Varzy et de Regennes, et fit commencer d’importants travaux à la cathédrale d’Auxerre.</p>



<p>Son neveu, François de Dinteville, deuxième du nom, 92e évêque d’Auxerre (de 1530 à 1554), en lui succédant, fit continuer ces travaux et combla l’église Sainte-Eugénie de ses libéralités&nbsp;; il l’enrichit de plusieurs ornements dont nous aurons à reparler, ces richesses, lors de la destruction de l’église en 1793, ayant été sauvées et déposées par la suite dans l’église paroissiale de Saint-Pierre.</p>



<p>François de Dinteville, après la mort de son oncle, resta peu à Auxerre. Le roi François Ier, connaissant la capacité du nouvel évêque, l’envoya à Rome vers Clément VII, en qualité d’ambassadeur&nbsp;; de sorte qu’il ne pût faire son entrée solennelle qu’au retour de cette ambassade, qui dura trois ans.</p>



<p>Le pape certifie au roi qu’il a toujours reconnu, dans son ambassadeur qui retourne, un très grand zèle pour le service de la France. Mais François de Dinteville avait été desservi auprès du roi, ainsi que la suite le fera voir.</p>



<p>On lit dans l’Histoire de France qu’un seigneur ferrarois, nommé Sébastiano de Monte-Cucullo, fut condamné à mort par le Conseil tenu à Lyon le 7 octobre 1556, pour avoir empoisonné le Dauphin de Viennois, duc de Bourgogne, fils aîné du roi, et avoir voulu également attenter à la vie du roi. Ce comte Sébastiano avait quelque fois parlé à Guillaume de Dinteville, sieur de Chenetz, que le roi avait envoyé en 1535 à la Mirande, en Italie, pour travailler à la conservation de cette place. Peut-être que le prélat, frère de Guillaume, durant son ambassade, avait aussi connu Sébastiano. On sait seulement que Sébastiano déclara pour confident de son secret Guillaume de Dinteville qui, apparemment était encore en Italie. Mais, quoi qu’on eût reconnu la fausseté de l’accusation, on conserva de fâcheux soupçons, dont Gaucher de Dinteville, son autre frère, seigneur Vanlay, eut également à souffrir.</p>



<p>Dans les registres des actes du temps, de Robert de Lenoncourt, 93e évêque d’Auxerre (de 1534 à 1560), on remarque, en 1557, un aveu qui lui fut fait par Étienne le Muet, chanoine et pénitencier d’Auxerre, pour des biens situés à Varzy&nbsp;; procuration, pour sa part, pour passer accord avec Guillaume de Dinteville, seigneur de Chenetz, héritier de son prédécesseur, où il eut besoin de faire insérer que l’édifice du portail du château de Varzy par lui commencé serait achevé aux dépens de la succession.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="guerres-de-religion">Guerres de Religion</h2>



<p>À cette époque, les idées de réformes se propagent assez rapidement dans le pays par l’influence de Théodore de Bèze, né à Vézelay en 1519. En 1562, les hostilités commencent&nbsp;; les hérétiques prennent Corbigny&nbsp;; sept ans après, ils assiègent Vézelay et cherchent à s’en emparer.</p>



<p>La guerre se rapproche de l’Yonne et de la Cure. En 1585, le duc de Mayenne passe près de Clamecy et laisse dans les faubourgs son artillerie, qui était de deux gros canons. Après lui, un capitaine, qui conduisait 5&nbsp;000 ligueurs, se présente devant la porte de Beuvron&nbsp;; on ne lui ouvrit la porte qu’après s’être assuré de ses intentions pacifiques.</p>



<p>Cependant, le Béarnais avait appelé les Allemands à son aide&nbsp;; ceux-ci étaient entrés en France par la Lorraine, au nombre de 40&nbsp;000. Ils se dirigeaient vers la Loire, pour la passer à Neuvy. À leur approche, les chartreux de Basseville et les religieuses de Réconfort se réfugièrent sous l’abri des remparts de Clamecy, où ne tardèrent pas d’arriver Guise et Mayenne. Ils laissèrent deux régiments avec le capitaine Augustin, pour protéger la ville&nbsp;; puis marchèrent sur Varzy, où d’Épernon leur apporta les ordres du roi.</p>



<p>L’armée catholique se divisa momentanément en deux corps&nbsp;; l’un, sous la conduite du duc de Nevers, resta dans le pays&nbsp;; l’autre, sous le commandement du duc de Mayenne, se dirigea vers la Bourgogne et repassa à Clamecy&nbsp;; peu après, Henri de Guise les réunit de nouveau et les mena contre les Allemands, qu’il dispersa dans la Beauce.</p>



<p>Ces faits se passaient sous l’épiscopat de Jacques Amyot, 96e évêque d’Auxerre (de 1570 à 1593).</p>



<p>Cet évêque affectionnait Varzy&nbsp;; il se plut à enrichir encore sa basilique, et ajouta de nouvelles constructions au manoir épiscopal&nbsp;; c’est là, dit-on, qu’il composa, à la sollicitation de la duchesse de Savoie, les Vies d’Epaminondas et de Scipion, qui manquaient aux œuvres de Plutarque, qu’il avait traduites.</p>



<p>Jacques Amyot, qui était retourné à Auxerre, crut cependant ne pas devoir laisser passer les fêtes de Pâques sans se rendre à son troupeau. Il se mit en route un peu avant le carême, et se rendit à son château de Varzy. Rouillard dit qu’il fut volé à moitié chemin, mais il ne marque pas la somme qu’on lui prit, comme l’ont fait depuis quelques écrivains, sans en apporter la preuve.</p>



<p>Toutefois, avant de mourir, il eut la douleur de voir les fureurs de la guerre civile dévaster le séjour qu’il avait orné. Les protestants saccagèrent Varzy et incendièrent l’église Sainte- Eugénie.</p>



<p>La piété des habitants de cette époque la préserva d’une entière destruction, et les siècles de paix qui suivirent lui rendirent son antique splendeur.</p>



<p>Jacques Amyot mourut à Auxerre le 6 février 1593, dans sa 48e année.</p>



<p>Ce qui accéléra la mort de l’évêque Amyot fut aussi cause que l’église d’Auxerre resta sans pasteur pendant 7 ou 8 ans&nbsp;; je veux parler des guerres civiles connues sous le nom de la Ligue, dont le but était de détrôner Henri III, et dont toute la force se tourna ensuite pour empêcher Henri de Bourbon d’être élevé sur le trône de France.</p>



<p>Le chapitre exposa au Saint-Père, dans une lettre du 18 décembre 1598, la triste situation où se trouvaient la ville et le diocèse d’Auxerre depuis les guerres de religion&nbsp;; que ces guerres avaient été causes des aliénations des biens de l’Église et de l’abandon des domaines dans les campagnes &nbsp;; que les impôts étaient plus hauts que jamais, en sorte que le clergé ne touchait pas la sixième partie de son revenu&nbsp;; que le château de Regennes, quoique rétabli par l’évêque Amyot, était tombé dans sa première désolation&nbsp;; que celui de Varzy menaçait ruine, et qu’il était nécessaire que Sa Sainteté pourvût incessamment l’église d’Auxerre d’un bon pasteur.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="les-bourbons">Les Bourbons</h2>



<p>Ce fut François Donadieu, plus connu sous le nom de Puchairie, désigné par le roi Henri IV, qui fut nommé comme 97e évêque d’Auxerre (de 1599 à 1625).</p>



<p>Jamais l’envie de thésauriser ne l’engagea à aucune démarche, il était si peu obsédé de cette passion qu’il ne voulut jamais consentir à aucune coupe de bois de l’évêché, quoiqu’il ne manquât pas de raison ni d’autorité pour le faire, mais il aima mieux réserver ses forêts et il employa pour réparer le château de Regennes, celui de Varzy et sa maison épiscopale d’Auxerre, le revenu de son patrimoine, particulièrement de la vicomté de Domfront, à lui échue par la mort du sieur de Puchairie, son frère, arrivée en 1604, aux eaux de Pougues.</p>



<p>Dominique Séguier, 99e évêque d’Auxerre (de 1631 à 1637),qui eut le brevet de nomination de Louis XIII pour occuper le siège d’Auxerre après la mort, de Gilles de Souvé, était seulement prêtre, et avait déjà refusé plusieurs évêchés et même un archevêché.</p>



<p>On dit qu’il refusa tout d’abord l’évêché d’Auxerre, à cause que son frère voulait se retenir sur ce bénéfice une pension de 40&nbsp;000&nbsp;livres avec l’agrément du roi, et parce qu’il fut informé des réparations énormes qu’il y avait à faire aux châteaux de Varzy et de Regennes.</p>



<p>Dans le peu de temps qu’il posséda l’évêché d’Auxerre, il s’empressa d’y faire quelques changements dans les bâtiments qui en dépendent. Outre son palais épiscopal d’Auxerre, il voulut toujours avoir deux châteaux en état de le loger, savoir Regennes et Varzy. Tout était chez lui d’une propreté qu’on n’avait pas encore vue sous les évêques précédents, et, pour l’entretenir, il se donnait la peine de visiter chaque jour tout son palais épiscopal. Son château de Varzy ne lui fut pas plus indifférent qu’un autre, il y alla résider quelque temps l’an 1633, et il conféra les ordres en ce lieu. Cette terre lui produisit, la même année, une somme considérable par la vente qu’il fit d’un bois de haute futaie&nbsp;; mais, comme il avait suivi en ce point un nouveau plan, et que non seulement il n’en avait point donné avis à ceux avec qui les anciens évêques conféraient en pareil cas, mais même que cette vente avait été faite par un de ses domestiques à l’insu des offices du roi, il fut obligé, neuf&nbsp;ans après, à rendre une partie des profits à son successeur.</p>



<p>Le cardinal de Richelieu n’eut pas plutôt appris du roi Louis&nbsp;XIII qu’il venait de donner l’évêché de Meaux à Dominique Séguier, que, voyant l’évêché d’Auxerre vacant, il pria le roi d’y nommer Pierre de Broc, qui devint 100e évêque d’Auxerre (de 1640 à 1671).</p>



<p>Les visites qu’il fit dans le diocèse nous relatent certaines pratiques qui doivent leur origine à la simplicité des gens de la campagne, entre autres celles par lesquelles les pères et mères faisaient tourner les enfants par-dessus les autels et mettaient autour des arbres de la paille trempée dans de l’eau bénite. Il empêcha en certaines paroisses les cris que faisaient les enfants du mot de Noël entremêlé de paroles profanes, au sortir de l’office depuis le commencement de l’Avent jusqu’au Carême.</p>



<p>Il réussit en 1644 dans l’entreprise que François de Dinteville, premier du nom, avait tentée en vain, au sujet de trois cures unies au chapitre de Varzy, c’est-à-dire qu’il désunit de la mense de ce chapitre les cures de Saint-Pierre de Varzy, de Saint-Pierre-du-Mont et celle de Brugnon, et diminua en même temps le nombre des chanoines de cette collégiale.</p>



<p>À l’instance de Edme Amyot, official d’Auxerre, et de Germain de la Faye, chanoine promoteur, il supprima en 1645 trois officialités, celles de la Charité et de Cosne, et celle de Varzy, qui y était établie depuis le xiie siècle.</p>



<p>Il enrichit deux églises paroissiales d’Auxerre des ossements de saints qu’il tira du trésor de Sainte-Eugénie, en faisant des visites à cette collégiale le 3 juin 1642 et le 25 février 1654.</p>



<p>Il fit des découvertes notables sur les dépendances de la baronnie de Donzy, par la communication qu’il en fit en 1649 des terriers et lettres de comptes qui restaient négligés à Varzy, et nonobstant la levée de la saisie féodale ordonnée en 1650 par arrêt du duc de Nevers, il fut reconnu seigneur suzerain en 1651 d’une manière authentique et qui lui fut utile. Il ajouta aussi au domaine épiscopal de Varzy beaucoup de biens dans le voisinage de cette terre.</p>



<p>Aussitôt l’évêché vacant par la mort de Pierre de Broc, Jean-Baptiste Colbert, ministre d’État, qui avait une terre considérable proche cette ville, sachant que l’air de celle de Luçon était contraire à la santé de son frère, qui en était évêque, obtint du roi Louis XIV la nomination à cet évêché de Nicolas Colbert, 101e évêque d’Auxerre (de 1671 à 1676).</p>



<p>La patrie de ce prélat était la ville de Reims, où il y était né en l’an 1628.Nicolas Colbert se servit, dès le commencement de son épiscopat, de la protection du ministre, son frère, pour obtenir une décharge considérable des impôts dont les Auxerrois étaient accablés&nbsp;; il procura un semblable soulagement à la ville de Varzy, qui était aussi surchargée et accablée.</p>



<p>Le soin des pauvres, l’instruction des gens de la campagne fut une des choses qui exercèrent le plus sa vigilance. Ce fut pour prendre connaissance de leurs besoins spirituels qu’il entreprit la visite générale de son diocèse presque aussitôt qu’il fut arrivé à Auxerre&nbsp;; mais il ne s’acquitta pas de ce devoir avec rapidité, ni superficiellement. Il ne visitait qu’une paroisse par jour, et il y employait tout le temps nécessaire&nbsp;; si elle était peu éloignée de son château de Varzy ou de quelque autre lieu de sa résidence, il s’y transportait à pied.</p>



<p>Cet évêque fit quelques embellissements au château de Varzy, il combla une partie des fossés et les planta de marronniers ; c’était le comte de Damas qui lui avait envoyé les marrons provenant des arbres qui faisaient alors l’admiration des seigneurs dans les jardins de Versailles, et que l’on avait apportés des Indes<sup data-fn="30689823-8e44-4e55-a685-caa4a3cbda7f" class="fn"><a href="#30689823-8e44-4e55-a685-caa4a3cbda7f" id="30689823-8e44-4e55-a685-caa4a3cbda7f-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quoi qu’il eût visité en grande partie les reliques du diocèse, et particulièrement le trésor de l’église collégiale de Varzy, le 4 novembre 1673, qui en est richement fournie, on ne voit point qu’il en ait fait aucune translation d’une église en une autre, ni aucune distraction. Il laissait les ossements des saints dans l’état où ils se trouvaient, se contentant de les honorer, de les invoquer, et d’imiter leurs vertus autant qu’il pouvait. On sait que, bien loin d’avoir fait sortir hors du diocèse des saints tutélaires, il avait apporté d’ailleurs.</p>



<p>Tous, grands et petits, avaient la consolation de parler à leur évêque quand ils voulaient, et s’en retournaient, charmés de sa charité&nbsp;; il conciliait ceux qui étaient en inimitié et accommodait les procès le plus qu’il pouvait. Comme il était un jour à Saint-Fargeau, on y amena trois criminels arrêtés dans les bois de Varzy qu’on conduisait aux prisons d’une autre ville&nbsp;; il en fut informé, les alla visiter et leur ayant dit quelques paroles de consolation, il commanda aux conducteurs d’avoir pour eux de l’humanité, disant&nbsp;: Ce sont nos frères, et ils peuvent être associés à celui qui fut justicié en croix, s’ils prennent en patience ce qui leur arrive.</p>



<p>Les besoins de son diocèse l’appelant du côté de la Charité-sur-Loire par ses fonctions apostoliques, la Providence divine le conduisit Varzy pour s’y reposer et essayer d’y guérir d’un érysipèle qu’il avait à la tête. Profitant de son séjour dans cette ville, le collège fut l’objet de soins particuliers de sa part, et il établit également à Varzy une communauté de filles pour l’éducation de la jeunesse. Pendant ce temps-là, l’insomnie augmenta et il sentit que ses forces diminuaient de plus en plus. Un de ses curés l’étant venu voir alors, l’évêque se jeta à ses pieds, lui demanda d’être écouté en confession, alla ensuite lui chercher un siège, un surplis, et il commença dès lors à se préparer au sacrifice de sa vie. Les dames de Varzy souhaitaient ardemment de s’employer tout entières au soulagement de leur pasteur et seigneur&nbsp;; mais il refusa cette assistance pour mourir en l’unique présence de Dieu. Une fièvre violente étant survenue, il fit sa dernière confession à deux d’entre les docteurs de Sorbonne qu’il avait avec lui. L’un deux, M. Louis, qui était son confesseur ordinaire, lui donna l’absolution, et aussitôt il ébaucha son testament. Son frère, le ministre, envoya un médecin de Paris qui ne put arriver assez tôt pour prévenir la maladie. Le médecin du pays assurait que le moment était précieux pour lui donner le remède, et que c’était l’abandonner que de différer.</p>



<p>Le danger paraissant ensuite sans ressource, et la guérison désespérée, on ne différa point de lui administrer le sacrement de l’extrême-onction pendant qu’il avait encore sa pleine connaissance. Son agonie dura près de 12 heures, et il mourut, dans le baiser du Seigneur, âgé de 48 ans, le samedi 5e jour de septembre, l’an 1676, ainsi que le confirme l’acte de décès que nous relevons dans les registres de l’état-civil de la commune de Varzy, et dont voici copie&nbsp;:</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="deces-d-illustrissime-messire-nicolas-colbert-eveque-d’auxerre">Décès d’Illustrissime Messire Nicolas Colbert, évêque d’Auxerre</h2>



<p>« Le cinquième de septembre 1676 est décédé, à neuf heures du soir, au château de Varzy, muni des sacrements de pénitence, eucharistie et extrême-onction, Illustrissime et Révérendissime messire Nicolas Colbert, évêque d’Auxerre, conseiller du Roy.</p>



<p>Les entrailles duquel ont été inhumées dans le sanctuaire de l’église collégiale de Sainte-Eugénie de Varzy, le sixième du courant, le septième, le corps fut porté solennellement à midi et déposé en cette église, où service fut fait, et le huitième du courant fut transporté sur un char de deuil, à Auxerre, en l’église cathédrale, où il fut inhumé, à neuf heures du soir, dans le sanctuaire de cette église, et le lendemain le service et oraison funèbre furent faits, à laquelle cérémonie et conduite du corps, j’ai, curé de Varzy, soussigné, assisté avec les officiers et beaucoup d’hommes notables de ce lieu, qui ont signé le présent acte fait par nous, curé de Varzy.</p>



<p>Signé au registre&nbsp;: G. du Deffand, Franille, Leclert, F. Pluvinet, fabricien&nbsp;; Thoulet, J. Gestat&nbsp;; Rossignol, F. Pluvinet, J. Thoulet, Leclerc, N. Dupin et Rossignol, curé. »</p>



<p>La ville d’Auxerre fut dans la consternation lorsqu’elle connût la mort de son évêque, et ne trouva matière de consolation, que lorsqu’elle apprit que son corps serait, rapporté dans son enceinte, comme l’avait été celui de saint Germain.</p>



<p>Le clergé alla processionnellement au-devant du convoi jusqu’à la porte de la ville. Il fut inhumé le 11 du mois, aux pieds des deux tombes qui sont au milieu du sanctuaire&nbsp;; et, en 1713, M. Colbert, marquis de Torcy, son neveu, fit ériger le mausolée, qui est du côté droit du sanctuaire.</p>



<p>C’est ici que l’abbé Lebeuf termine son étude concernant les évêques d’Auxerre, en signalant André Colbert 102e évêque d’Auxerre comme successeur de Nicolas, son oncle (de 1676 à 1704).</p>



<p>Ce fut sous son épiscopat, le 10 septembre 1695, que fut reconnu comme Hôtel-Dieu l’hospice de Varzy. La réunion des maladreries de Varzy et d’Entrains à cet Hôtel-Dieu se fit en vertu de lettres patentes du roi Louis XIV, en 1696. Le 25 novembre 1699, l’évêque André Colbert y autorisa la création d’un bureau d’administration, qui fut nommé par les habitants, réunis en assemblée générale.</p>



<p>Des lettres patentes de Louis XIV de l’année 1696 donnent droit aux malades d’Entrains d’être reçus dans cet établissement.</p>



<p>André Colbert mourut à Auxerre en 1704.</p>



<p>Charles-Daniel de Lévy de Tubière de Caylus succéda à André Colbert, comme 103e évêque d’Auxerre. Il fut sacré évêque, à Paris, le 1er mars 1705&nbsp;: regardé comme un des derniers saints du jansénisme, il mourut en 1754, âgé de 85&nbsp;ans.</p>



<p>Il fit prospérer le collège de Varzy, auquel il s’intéressait beaucoup.</p>



<p>Ce fut aussi sous son administration que quelques travaux d’ornementation se firent dans l’église Saint-Pierre de Varzy, sous le règne de Louis XV ; entre autres, une décoration en plâtre peint, d’ordre dorique, entourant le fond du chœur et un maître-autel en pierre<sup data-fn="2dfdc92c-8518-4f7d-8c50-63a6b2b99552" class="fn"><a href="#2dfdc92c-8518-4f7d-8c50-63a6b2b99552" id="2dfdc92c-8518-4f7d-8c50-63a6b2b99552-link">2</a></sup>.</p>



<p>Un sculpteur du roi, qui fit d’importants travaux à la chapelle de Versailles, fut sans doute appelé à Varzy pour exécuter ces travaux décoratifs, pendant le cours desquels il mourut et fut enterré dans l’église paroissiale, ainsi que l’atteste son acte de décès relevé sur les registres de l’état-civil de la commune de Varzy, dont voici copie&nbsp;:</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="inhumation-de-claude-poirier">Inhumation de Claude Poirier</h2>



<p>«Ville de Varzy</p>



<p>Extrait des actes d’inhumation de la commune de Varzy, pour l’année 1729.</p>



<p>L’an 1729, le onzième octobre, a été inhumé dans l’église de cette paroisse, avec les cérémonies ordinaires, le corps de M. Claude Poirier, sculpteur ordinaire du Roy et de son Académie royale, décédé hier, muni de tous les sacrements et âgé d’environ soixante-seize ans&nbsp;; en foi de quoi j’ai signé.&nbsp;:</p>



<p>Signé&nbsp;: Berthier, curé»</p>



<p>Poirier (Claude), sculpteur, était né à Paris en 1656, mort à Varzy (Nièvre), le 10 octobre 1729&nbsp;; agréé à l’Académie le 21 mai 1698&nbsp;; reçu académicien le 31 mars 1703, sur l’Alliance de l’Hyménée et de la Paix&nbsp;; adjoint à professeur le 28 septembre 1715. Il a exécuté pour la chapelle du Palais de Versailles, à l’extérieur, saint Paul et saint Pierre, statues en pierre&nbsp;; à l’intérieur, à gauche, un groupe d’anges tenant des attributs de la Passion (bas-relief)&nbsp;; il a également travaillé à la décoration si riche du Salon de l’œil-de-boeuf du Palais de Versailles, et exécuté une partie des sculptures de la fontaine du Petit-Trianon.</p>



<p>Sous l’administration de Condorcet, 104e évêque d’Auxerre, qui succéda à Charles de Caylus en 1754, le collège, qui avait été florissant sous la direction des professeurs placés par l’évêque de Caylus, fut négligé et perdit tous ses élèves vers 1756.</p>



<p>À cette époque, l’évêque de Condorcet publia un mandement qui lui valut d’être censuré par le parlement avec deux années d’exil. L’administration trop autoritaire de cet évêque l’obligea à quitter l’évêché d’Auxerre, qu’il ne garda que six années.</p>



<p>Le dernier propriétaire du château épiscopal de Varzy fut l’évêque Champion de Cicé, à qui l’on doit la restauration et les bâtiments qui datent de la fin du xviiie siècle.</p>



<p>En 1785, sur la demande du chapitre de Sainte-Eugénie et des officiers municipaux de Varzy, l’évêque Champion de Cicé attribua la treizième prébende de la collégiale au principal du collège. Lors de la suppression du chapitre, en 1790, le chanoine recteur du collège était l’abbé Lacasne, qui le dirigea jusqu’en 1793.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="revolution">Révolution</h2>



<p>Sous Louis XVI, le souffle de liberté qui se répand par toute la France agite également les esprits des Verdigois&nbsp;: et lorsque l’heure fatale de 1793 a sonné, la terre épiscopale de Varzy fut morcelée, vendue, le Palais des évêques mutilé, les chanoines chassés de leur sanctuaire et de leurs demeures.</p>



<p>La sainte et vénérée basilique, dépouillée de ses ornements, fut employée aux plus vils usages. Les bêtes de somme couchèrent dans son enceinte, son autel fut profané et ce ne fut que par miracle, que les précieux restes de la sainte échappèrent aux profanations de cette tourmente politique.</p>



<p>Pendant cette période révolutionnaire, des mains pieuses les tinrent cachés, ainsi que le tableau qui ornait le maître-autel de l’église collégiale.</p>



<p>La vieille basilique de la vierge martyre avait été vendue et livrée au marteau démolisseur des vandales modernes. Le niveau d’un maçon changea le séjour de la prière et des pieux cantiques en une caserne de gendarmerie, accompagnée de sa geôle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="empire-et-restauration">Empire et Restauration</h2>



<p>Le calme rétabli, l’église paroissiale ayant été rendue à son culte, on y déposa solennellement les reliques de sainte Eugénie, et toutes les richesses que l’on avait sauvées du désastres de l’église collégiale.</p>



<p>Le collège fut réorganisé&nbsp;; il fut ensuite érigé en collège communal en 1834, et transformé vers 1861 en une école normale départementale.</p>



<p>Dans le siècle dernier, par la transformation sociale qui s’est produite, la ville de Varzy a la modification de ses anciennes institutions&nbsp;; et, comme par le passé, accomplissant sa destinée, elle subit les fluctuations politiques des divers gouvernements qui se sont succédés en France depuis la Révolution.</p>



<p>Ne voulant parler que du passé, je ne m’étendrai pas d’avantage sur l’histoire de Varzy.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="30689823-8e44-4e55-a685-caa4a3cbda7f">À la confiscation des biens du clergé, ce magnifique parc devint les promenades publiques de la ville de Varzy. <a href="#30689823-8e44-4e55-a685-caa4a3cbda7f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2dfdc92c-8518-4f7d-8c50-63a6b2b99552">Les travaux exécutés à cette époque ont disparu lors des importantes restaurations de l’église faites en 1863 et 1864, sous l’administration de M. Sellier, maire, et par l’influence de M. Delangle, alors ministre de la justice et des cultes, qui avait pu obtenir des fonds de l’État. Le sol de l’église qui avait été précédemment remis à son niveau primitif, a nécessité la reprise des bases des piliers et a entraîné à faire la restauration de toute la décoration des chapiteaux. <a href="#2dfdc92c-8518-4f7d-8c50-63a6b2b99552-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 1 &#8211; Chapitre II : Féodalité et Guerre des Anglais</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-1-chapitre-ii-feodalite-et-guerre-des-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 11:30:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2466</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Plongez au cœur des tumultes du Moyen Âge, une période où Varzy dut faire face à la fois aux ravages des invasions normandes et aux ambitions dévorantes des seigneurs féodaux. Émile Boisseau dépeint avec une grande précision la fondation du chapitre par l&#8217;évêque Hugues de Challon et les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Plongez au cœur des tumultes du Moyen Âge, une période où Varzy dut faire face à la fois aux ravages des invasions normandes et aux ambitions dévorantes des seigneurs féodaux. Émile Boisseau dépeint avec une grande précision la fondation du chapitre par l&rsquo;évêque Hugues de Challon et les efforts constants pour fortifier la ville face aux barons belliqueux, tels que ceux de Donzy ou de Saint-Verain. Ce chapitre met également en lumière les affres de la guerre de Cent Ans et le courage indomptable des Verdigois, unis en 1358 pour repousser les Anglais et raser leurs propres forteresses afin d&rsquo;en priver l&rsquo;ennemi.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#feodalite">Féodalité</a></li>



<li><a href="#guerre-des-anglais">Guerre des Anglais</a></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="feodalite">Féodalité</h2>



<p>Aux ixe et xe siècles, dans ce temps de barbarie où le brigandage sévissait dans toute son horreur, il ne suffisait point d’établir des colonies pieuses pour défricher les champs et les esprits, il fallait encore abattre par la terreur de l’exemple tous les seigneurs qui ne se souvenaient encore de leur puissance que pour faire le mal impunément. Un châtiment terrible infligé à un certain Regnault de Maërs fut salutaire (il fut pendu). Les Vaux d’Yonne n’eurent plus à souffrir que des courses des Northmans qui, en 907, prirent et brûlèrent Vézelay. Ce fut leur dernière incursion, et, dès lors, le pays commença son œuvre de restauration.</p>



<p>Il était bien temps, l’église que saint Germain avait construite à Varzy avait perdu ses plafonds, et était dans un délabrement complet.</p>



<p>Gaudry, 43e évêque d’Auxerre (de 918 à 933), fit un voyage à Rome en 920. Le pape Jean X, ayant appris qu’un temple avait été consacré dans les Gaules sous le nom de Sainte-Eugénie, qui était alors vénérée dans toute l’Italie, il lui remit une notable portion des précieux ossements de la sainte martyre, qui avaient été solennellement portés dans l’église de Sainte-Marie (Trans-Tiberim), à Rome, lorsque les jours des persécutions eurent pris fin.</p>



<p>L’évêque Gaudry rapporta de Rome les reliques de sainte Eugénie, qu’il déposa dans l’église cathédrale. Il les répartit ainsi&nbsp;: les moines de Saint-Germain en eurent la moitié. Il fit deux parts du reste. Laissant la plus petite à la cathédrale, il destina la plus considérable à la ville de Varzy, qu’il affectionnait tout particulièrement.</p>



<p>En 923, il fit refaire les voûtes de l’église Sainte-Eugénie, que Saint Germain avait fait construire, étendit les limites de ses fondations, l’orna de boiseries peintes et de riches sculptures, mit des vitraux aux fenêtres, la fournit de tout ce qui était nécessaire à l’office divin&nbsp;: livres, ornements, linges et cloches, et donna aussi quelques reliques de saint Laurent qu’il avait reçues à Rome des mains du pape Jean X en même temps que celles de sainte Eugénie.</p>



<p>La même ville avait encore deux églises qui menaçaient ruine. Ces deux églises avaient l’une le titre de Saint-Saturnin, l’autre de Saint-Pierre, qui était paroissiale. Ce même évêque les remit à neuf et se bâtit auprès de celle de Sainte-Eugénie un logement qui plus tard fit place au château épiscopal.</p>



<p>L’église du monastère de Saissy, qui est à quatre lieues de Varzy, avait été brûlée par les Normands, et ce qui en restait était en très pauvre état&nbsp;; il la rebâtit de la même manière, à ses propres dépens.</p>



<p>Ces travaux durèrent peu, l’an mil avait porté sur la basilique de Sainte-Eugénie, comme sur la plupart des églises de cette époque, un arrêt de ruine et de destruction dans la pensée de la fin du monde. Vers l’année 1015, après que les jours de cette terreur religieuse furent passés, la basilique, de la patronne de Varzy était tombée en si triste état de délabrement que nul prêtre n’osait y dire la messe.</p>



<p>Le 48e évêque d’Auxerre, Hugues de Challon (de 999 à 1039) averti de ce désordre, fit rétablir tout ce qui manquait à ce bâtiment&nbsp;; il répara la couverture et les vitrages, restaura les murs, donna des pièces d’étoffes pour couvrir les murailles et des ornements de toutes espèces avec des livres. Ayant ensuite choisi dix ecclésiastiques propres à observer la vie commune, il leur destina des fonds pour leur subsistance, pour veiller sur les choses de Dieu et sur l’éducation de la jeunesse&nbsp;; telle a été l’origine du chapitre et de la collégiale de Varzy.</p>



<p>Il bâtit à Cosne, ville dépendante de son temporel, l’église de Saint-Laurent, et dota cette église de telle sorte que l’on y put célébrer l’office divin et remplir les autres fonctions qui regardent le soin des âmes.</p>



<p>Le vieux monde se rajeunissait pour ainsi dire&nbsp;; de toutes parts on rebâtissait les églises, on confirmait les fondations pieuses, on en faisait de nouvelles. Les seigneurs s’efforçaient bien parfois d’arrêter la prospérité croissante des églises&nbsp;; vers 1050, Renaud Rongefer, baron de Saint-Verain, animé du même esprit que son aïeul qui fut pendu à Metz-le-Comte, s’empara de Varzy et ne le rendit que sept ans après.</p>



<p>Le château de Varzy, que l’historien dit avoir été le lieu de retraite des évêques d’Auxerre, et un séjour fort aimable, se trouvait habité alors par l’ennemi du Saint-Siège épiscopal dans la personne de Renaud Rongefer.</p>



<p>L’évêque Geoffroy de Champ-Alleman, 50e évêque d’Auxerre (de 1052 à 1076), l’obligea d’en sortir. Il y rétablit tout ce qui avait besoin de l’être, et entoura la ville de murailles qui pussent lui servir de défense. Il mourut dans le château de Varzy en l’an 1076.</p>



<p>Les évêques faisaient tous leurs efforts pour défendre suffisamment la ville de Varzy contre les attaques qui vinrent souvent l’assaillir. Placée sur les limites de l’évêché d’Auxerre, entre les terres des barons de Donzy et celles des comtes de Nevers, elle devait forcément subir toutes les conséquences des difficultés et des guerres que ces puissants seigneurs avaient entre eux et avec leurs voisins.</p>



<p>Les habitants de Varzy étaient soumis aux corvées et taillables à merci. La ville appartenait aux évêques, qui avaient tous droits de justice haute, moyenne et basse&nbsp;; de cens sur les maisons, bâtiments et héritages&nbsp;; de sel, minage, péage, banalités, dîme, ban-vin, rouages et autres de même nature. Ils possédaient, en outre, les droits de mainmorte, de la taille de mars, de tabellionage, de four, de fourche et de râteau.</p>



<p>Après la mort de Robert de Nevers, 51e évêque d’Auxerre (de 1076 à 1084), la longue vacance du Saint-Siège, qui avait duré trois années, avait été cause que certains seigneurs s’étaient emparés de quelques biens de l’évêché. Les évêques ont beau fortifier la ville, Geoffroy de Donzy l’usurpe à nouveau en 1085 et la garde pendant les premières années du xiie siècle.</p>



<p>Humbaud, 52e évêque d’Auxerre (de 1087 à 1114), arrête, par les censures ecclésiastiques, Geoffroy de Donzy, qui occupait le château de Varzy, et qui causait de grands dommages à la terre et aux habitants. il fit cesser ces mauvaises coutumes&nbsp;; entre autres, celles qui autorisaient les comtes à s’emparer, après la mort de l’évêque, de tous les meubles de la maison.</p>



<p>Un autre seigneur, nommé Hugues le Manceau, s’était emparé du revenu épiscopal de Cosne, il se le fit restituer par le même moyen&nbsp;; aussi bien que ce qui avait été pris à Toucy par les barons du lieu.</p>



<p>Il obligea pareillement quantité de laïques d’abandonner les droits qu’ils prétendaient avoir sur certaines églises, comme les offrandes, les droits de sépulture, et même les églises entières dont ils s’étaient emparés.</p>



<p>Outre qu’il rentra en possession de Varzy, Cosne et Toucy, il procura à son diocèse plusieurs autres augmentations qui lui semblaient utiles, et il embellit les endroits qui lui parurent en avoir besoin dans ses terres.</p>



<p>L’évêque d’Auxerre n’avait point eu, jusqu’alors, de maison épiscopale dans la ville de Cosne&nbsp;; il en fit construire une, qui était magnifique pour le temps.</p>



<p>Il augmenta beaucoup la terre de Varzy, il fit construire un clos de vignes&nbsp;; il attacha à la seigneurie tous les serfs des deux sexes, les maisons et les terres tant cultivées qu’incultes. Il retira des mains des laïques l’église paroissiale de Saint-Pierre, aussi bien que les oblations qui se faisaient en celle de Sainte-Eugénie aux jours de la Pentecôte, de Noël et de la fête de la Sainte.</p>



<p>C’est, sans doute, cette reprise de l’église et sa reconstitution probable à cette époque <sup data-fn="13865a79-ccbf-4628-933f-40d7782b2d6a" class="fn"><a href="#13865a79-ccbf-4628-933f-40d7782b2d6a" id="13865a79-ccbf-4628-933f-40d7782b2d6a-link">1</a></sup>qui a motivé le commencement de l’inscription gravée au xive siècle, lors de la nouvelle construction de l’église actuelle de Saint- Pierre, et qui dit :</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>L’an mil cent et deux fut l’église Sainct-Pierre Dict de Varzy, noble ville, fondée.<br>En ce beau lieu parrochial s’asserre<br>Maint chestian, por Dieu servir et querre<br>Son vray salut de cueur et de pensée.</p></blockquote></figure>



<p>Le vénérable Alain, 55e évêque d’Auxerre (de 1152 à 1167), avait augmenté de beaucoup le revenu de l’évêché et avait reçu différentes reconnaissances ou hommages à la tour de Varzy et en autres lieux.</p>



<p>Il avait des difficultés avec les comtes de Nevers, et il s’était écoulé quatre ans sans qu’il pût se faire rendre hommage par le comte Guillaume III. Alain eut aussi quelque chose à démêler avec le fils de ce comte, Guillaume IV. Ce jeune seigneur était en guerre contre les autres seigneurs du voisinage, les comtes de Joigny et de Sancerre&nbsp;; il entretenait, à cette occasion, une armée, qui ravageait les terres de l’évêque, principalement Varzy, dont il s’empara en 1163&nbsp;; il ne fallut rien moins que l’intervention du pape et du roi Louis le Jeune pour lui faire quitter la ville. Quelques gentils-hommes comme celui de La Ferté-Loupière jetèrent sur Appoigny et sur les lieux circonvoisins, et voyant Guillaume animé contre l’évêque, jusqu’à refuser de se dire son vassal, ils en voulurent faire autant. Heureusement pour l’évêque, le pape Alexandre se trouva alors en France, et étant venu demeurer à Sens, il ne servit pas peu à apaiser ces révoltes.</p>



<p>Il n’en fut pas de même avec Guillaume de Toucy, 56e&nbsp;évêque d’Auxerre (de 1167 à 1181), qui procura aussi de sérieuses augmentations au temporel de l’évêché, par le don que le comte Guillaume IV, étant relevé de maladie, lui fit de tous les hommes qu’il avait dans le vallon de la Chapelle-Saint-André, et celui des droits de mainmorte, que les comtes de Nevers et d’Auxerre possédaient sur plus de trente familles de Varzy, que la mère de ce comte lui fit également en 1175, et dont il obtint à grands frais la confirmation par lettres patentes. Outre les vignes et les prés qu’il acheta au même lieu de Varzy, il fit une acquisition considérable de place ou de terrain, qu’il destina pour y construire en partie la maison épiscopale et y faire les fossés.</p>



<p>Il y eut sous son épiscopat plusieurs nouveaux autels fondés dans l’église cathédrale&nbsp;; il y établit deux chapelains, qui étaient tenus de dire la messe chaque jour pour le repos de l’âme du comte Guillaume et de celles de ses prédécesseurs, chargeant ses successeurs de 1 muid de froment sur la terre de Gy-l’Evêque, de 12 muids de vin sur le cellier épiscopal, 6 livres sur les droits de Varzy, et 10 livres de cire pour le luminaire de l’autel, à prendre sur les foires d’Auxerre.</p>



<p>Comme les évêques décidaient encore alors en personne les causes ecclésiastiques, sans qu’il fût mention d’officiaux, cette occupation fut souvent celle de l’évêque Guillaume de Toucy, qui, pour épargner à ses diocésains les peines et les dépenses des procès, alla quelques fois à Varzy tenir ses assises, ainsi qu’en font foi plusieurs chartes. Dans l’une, qui est de 1175, il énonce que tenant ses plaids en l’audience de Varzy, dans le cloître de sa cour épiscopale, assisté de Guillaume, abbé de Bourras&nbsp;; Geoffroy, abbé de Saint-Laurent, et Odon de Saint-Père, de Pierre, trésorier de Varzy, et autres chanoines de la même collégiale, Miles de Nanvigne, avec ses enfants et ses autres parents, se sont présentés à lui, et ont reconnu avoir donné à l’abbaye de Bourads, moyennant la somme de 60 livres de la monnaie d’Auxerre, la métairie de Cheus.</p>



<p>Bientôt, le servage tend à perdre de son âpreté&nbsp;; des idées de progrès et de libertés civiles se font jour, en même temps que les opinions religieuses des Albigeois, qui ont pénétré dans le pays&nbsp;; en 1202, on voit Hugues de Noyers, 57e évêque d’Auxerre (de 1183 à 1206), abolir la mainmorte qui pesait encore sur les habitants de Varzy, et remplacer les coutumes serviles par la dîme du raisin et le ban-vin, qu’il réserve pendant le mois d’août.</p>



<p>Ces coutumes étaient la redevance de 5 sous par feu pour la taille des vignes du seigneur, celle de 3 oboles pour la récolte de son foin, de son blé, de son vin, enfin, celle du setier qui se prélevait sur tout muid de vin que l’on vendait. Nous n’avons vu, nulle part, la condamnation du servage mieux motivée que dans la charte d’affranchissement que nous analysons si brièvement.</p>



<p>Hugues de Noyers marqua sa dévotion envers la sainte Vierge. Il augmenta le nombre des chanoines de la collégiale d’Auxerre, aussi bien que le revenu et l’édifice de l’église. Mais le chapitre de Varzy fut celui auquel il témoigna le plus d’amitié, après celui de la cathédrale.</p>



<p>Ce que ses prédécesseurs avaient fait bâtir à Cosne et Toucy ne lui parut point digne de la magnificence épiscopale&nbsp;; il y fit construire des maisons, qu’on pouvait appeler des Palais. Varzy, qui auparavant avait été exposé aux incursions des brigands, devint un endroit assuré. Il y fit réparer les anciens murs et bâtir de grandes tours sur les fossés. Il fit construire à neuf une maison épiscopale auprès de l’église collégiale de Sainte-Eugénie. Quant au château, qui était plus éloigné, il le mit en état de résister à tous les assauts, n’y épargnant ni tours, ni murs, ni fossés&nbsp;; et par le moyen de la fontaine qui sort de dessous l’église Sainte-Eugénie, dont il détourna le cours, il procura de l’eau pour les poissons de ses fossés, sans nuire aux moulins qu’il avait fait construire dans le même lieu. Après avoir mis tous les monuments en bon état, il songea à augmenter le revenu de la terre.</p>



<p>Le droit de procuration lui fut remis&nbsp;; et il obtint là-dessus des lettres patentes, par lesquelles il paraît que ce n’était qu’à Auxerre et à Varzy que l’évêque avait été tenu, jusqu’alors, de recevoir le roi une fois par an.</p>



<p>Les archives de la collégiale de Varzy ne font aucune mention de Guillaume de Seignelay, 53e évêque d’Auxerre (de 1207 à 1220), sinon au sujet d’un échange qu’il fit avec les chanoines de ce lieu en 1215, leur accordant qu’ils eussent la vingtième partie du vin du territoire de Varzy, en compensation de la terre de Vullaines, qu’ils lui abandonnèrent.</p>



<p>Sous l’épiscopat de Henri de Villeneuve, 59e évêque d’Auxerre (de 1220 à 1234), les ennemis des gens d’église croissaient, en nombre et en malice, lorsque ce prélat commença à siéger. Le chevalier de Saint-Verain, Renaud Rongefer, digne descendant de ses ancêtres, ardent persécuteur de l’évêque et l’un de ses ennemis les plus cruels, fut celui qui lui causa le plus de maux&nbsp;; il s’empara de la ville et du château de Varzy et leur fit subir des dommages considérables. Il garda la ville pendant sept années. Il eut la hardiesse de mettre la main sur le concierge des maisons épiscopales, et de le tenir longtemps en prison&nbsp;; de prélever des impôts sur les habitants et d’emmener les vassaux de l’évêque avec leurs effets.</p>



<p>L’historien de Henri de Villeneuve nous apprend que le nouveau prélat employa les voies de la justice pour faire cesser ces violences, et obliger les tyrans à restituer ce qu’ils avaient usurpé, et qu’en particulier il réprima l’entreprise de Gaucher de Joigny. Ce seigneur, qu’il appelle aussi l’un des plus cruels persécuteurs de l’église d’Auxerre, avait fait bâtir proche Varzy une forteresse nommée Béquerel, qui était fort préjudiciable à ce lieu. L’évêque Henri en ayant porté ses plaintes au bailliage de Villeneuve-le-Roi, obtint un ordre de la détruire en 1225. On ne sait pas au vrai si on en vint à l’exécution, quoique l’historien l’assure, et la raison d’en douter est que cette tour ne fut rasée réellement qu’en 1364, ainsi qu’on le verra plus loin.</p>



<p>Comme un tiers des dîmes des mêmes terres de Varzy se trouvait aussi aliéné et entre les mains d’un nommé Simon de Chalelai, il fit le nécessaire pour rentrer dans la dîme entière, et il y réussit, moyennant une somme de 60 livres, qu’il fit payer au détenteur, et 1 marc d’argent à sa femme, l’an 1226.</p>



<p>La réputation d’homme charitable qu’avait Bernard de Sully, 60e évêque d’Auxerre (de 1234 à 1244), alla jusqu’au roi Saint-Louis, qui fit voir qu’il l’estimait au-dessus de tous les autres évêques de son royaume. L’amitié du prince qu’il s’était conciliée, jointe à la sainteté de sa vie, ne contribuèrent pas peu à rendre son épiscopat tranquille et paisible du côté des seigneurs laïcs. Il n’y eut qu’un nommé Renaud Chomez, riche bourgeois de Varzy, qui, ayant suivi quelque temps les armées, s’était fait recevoir chevalier pour se soustraire à la domination temporelle de l’évêque<sup data-fn="1d63fcd5-35b9-43e4-a283-d176788a96a7" class="fn"><a href="#1d63fcd5-35b9-43e4-a283-d176788a96a7" id="1d63fcd5-35b9-43e4-a283-d176788a96a7-link">2</a></sup> ; mais, quelque exception qu’il pût alléguer, il fut obligé de faire hommage à Bernard de Sully et de le reconnaître pour son seigneur, dont acte fut passé devant Gauthier, archevêque de Sens.</p>



<p>La même année, cet évêque fit une augmentation des plus avantageuses à sa terre de Varzy. Odon, sire de Châtillon-en-Bazois, y possédait des terres et des vignes qui ne reconnaissaient aucun seigneur. Il avait, outre cela, une maison ou château appelé Cepense, situé dans la paroisse d’Ougny, au diocèse de Nevers, qui était dans le même cas. Il vendit la mouvance du tout à l’évêque d’Auxerre, qui attacha l’honneur et le profit à la tour de Varzy.</p>



<p>Guy de Mello 62e évêque d’Auxerre (de 1247 à 1269), n’ignorait point l’acquisition que les chanoines de la cathédrale avaient faite du bourg de Conches, proche Varzy, que son frère Dreux leur avait vendu de son consentement l’an 1248, par-devant Casel, évêque d’Autun&nbsp;; il songea à réunir ce bien à la terre épiscopale de Varzy, et, pour y parvenir, il donna au chapitre la grange épiscopale de Chichery.</p>



<p>Il serait inutile de rappeler en détail les dépenses énormes qu’il fit à Regennes, à Bauretour et à Villechaut. À Varzy, il rétablit les salles et le reste du château qui avaient été brûlés, et il répara les murs de la forteresse, sur les bords desquels il bâtit des logements très commodes.</p>



<p>Renaud Rongefer, baron de Saint-Verain, avait fait fortifier, sans la permission du suzerain, la maison qu’il avait à Saint-Pierre-du-Mont, et, s’en servait pour piller impunément les environs et les propriétés de l’église d’Auxerre. L’évêque Guy de Mello recourut vainement aux négociations et aux foudres de l’église. Ne pouvant venir à bout du rebelle, il invoqua et obtint des secours de Blanche de Castille, assiégea, prit et rasa la citadelle en 1248.</p>



<p>Nous ne voyons pas beaucoup d’actes, dans le diocèse, où le nom de Erard de Lesignes, 63e évêque d’Auxerre (de 1270 à 1278), paraisse, c’est sans doute à cause de la brièveté de son épiscopat. Il y a, suivant son historien, à Sainte-Eugénie de Varzy, une charte de l’an 1273 par laquelle il mit une prébende à la chantrerie de cette église et à l’abbaye de Bourrads un titre par lequel il accorde aux religieux de ce lieu exemption de payer aux évêques d’Auxerre la dîme du vin qu’ils recueillaient à Varzy, moyennant 5 livres de rentes annuelles.</p>



<p>Les successeurs de l’évêque libérateur Hugues de Noyers se sont montrés dignes de lui.</p>



<p>Guillaume de Gretz, 64e évêque d’Auxerre, (de 1278 à 1293), porte beaucoup d’intérêt à Varzy ; après la ville épiscopale de Regennes, aucun lieu du diocèse ne conserve plus de marques de son attention que la ville de Varzy. En 1280, il y dédia l’église paroissiale de Saint-Pierre<sup data-fn="9c1b8c6c-1f74-4864-b364-88656edda9ac" class="fn"><a href="#9c1b8c6c-1f74-4864-b364-88656edda9ac" id="9c1b8c6c-1f74-4864-b364-88656edda9ac-link">3</a></sup>. C’est vraisemblablement à cette époque que fut commencée l’église actuelle de Saint-Pierre, qui fut terminée et bénite en 1350. On aurait alors mis 70 ans à la construire ; c’est possible, car bien que la flore soit du xive siècle, les gros piliers de la nef se ressentent de la fin du xiiie siècle.</p>



<p>Cela répondrait aussi à l’inscription dont nous avons déjà fait mention, qui dit :</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><br>Le propre jour Saint-Michel dediée<br>Fut sainctement l’église dessus dicte.</p></blockquote></figure>



<p>Étant retourné à Varzy en 1286, il confirma aux chanoines de l’église collégiale de Sainte-Eugénie le don que Hugues de Noyers leur avait fait de la cure de la même église de Saint- Pierre, lorsqu’il augmenta, en 1202, le nombre des prébendes, et le droit que leur avait accordé Guillaume de Seignelay, en 1215, du vingtième du vin de Varzy.</p>



<p>Ce fut à Varzy qu’il confirma, le mercredi d’après l’Ascension en 1287, l’élection de l’abbesse de Crisenon.</p>



<p>Il se retirait quelquefois à son château de Villechaut&nbsp;; ce fut là qu’en 1293, le lundi après la Saint-Michel, il donna permission par écrit à Denis, curé de Varzy, de vendre certains fonds de l’église pour en employer le prix à assurer des héritages d’un meilleur produit.</p>



<p>Le bourg d’Oudan (Heldinum) se forma vers 800&nbsp;; l’église, qui est fort curieuse, date en partie de l’époque romane&nbsp;; un chanoine de Varzy y fut enterré vers 1183. Elle fut restaurée à la fin du xve siècle. Au milieu est une tombe plate portant la représentation de Messire Estienne Coumaille, chanoine de Sainte-Eugénie de Varzy et curé d’Odan, mort en 1483&nbsp;; ce personnage figuré en chasuble, la tête couverte de l’aumusse, et tenant un calice sous une arcature en accolade au-dessus de laquelle on voit Abraham recevant l’âme du défunt&nbsp;: l’inscription en lettres minuscules.</p>



<p>Comme les seigneurs du lieu ne cessaient de troubler, par leurs dépradations, le repos de Varzy, les bourgeois de cette ville se plaignirent à l’évêque Pierre de Mornay, 65e évêque d’Auxerre (de 1295 à 1306), qui, par pitié, acheta la terre et le château du seigneur de Tholet, en 1306, pour procurer la paix et le repos à la ville de Varzy.</p>



<p>Les habitants de Varzy ayant reconnu le caractère bienfaisant de Pierre de Grez, 67e évêque d’Auxerre (de 1308 à 1325), lui présentèrent, en 1310, la nécessité où ils étaient d’avoir du bois pour leur usage dans le voisinage de la ville&nbsp;; l’évêque écouta leur demande, il en conféra avec le chapitre de son église et leur accorda quelques usages avec certaines clauses. On ignore encore ce qui mérita cette faveur aux habitants de Varzy.</p>



<p>Pierre de Mortemar, 68e évêque d’Auxerre (de 1326 à 1328), avait été obligé de faire plusieurs grosses dépenses depuis son élévation sur le siège d’Auxerre&nbsp;; il eut besoin pour se dédommager de faire une coupe de bois&nbsp;; il jeta les yeux sur ceux de la terre de Varzy et il y fit couper 100 arpents de haute futaie.</p>



<p>Peu de temps après que Talleyrand de Périgord, 69e&nbsp;évêque d’Auxerre (de 1328 à 1330), eut pris possession de son diocèse, il se tenait à Houdan, près Varzy, dans la maison que Pierre de Mornay avait acquise, et il y était continuellement à étudier. Il augmenta les bâtiments de cette maison, outre une magnifique salle et une chambre,&nbsp;il y fit construire sur le derrière un cloître ou péristyle de la forme de celui des religieux.</p>



<p>Sous Aiméric Guenaud, 70e évêque d’Auxerre (de 1331 à 1338), le chapitre de Sainte-Eugénie commença dès son vivant à prier pour lui en célébrant, le 4 février, une messe du Saint-Esprit. Tel était l’usage commun à l’égard de ceux qui, de leur vivant, fondaient un anniversaire. Cet évêque avait visité l’église de Varzy, qui était alors en construction, en 1336, comme il paraît par des provisions qu’il donna, le 2 septembre, de la cure de Saint-Amand.</p>



<p>En 1347, Pierre de Vilaines, 72e évêque d’Auxerre (de 1344 à 1347), affranchit les habitants d’Oudan.</p>



<p>Après lui, Bernard le Brun, 73e évêque d’Auxerre (de 1347 à 1348), suivit le goût de quelques-uns de ses prédécesseurs, qui avaient préféré pour leur séjour le lieu d’Oudan, proche Varzy. Non content d’entourer la maison de barrières ou palissades, il y fit construire trois tours, et songeait à en bâtir une quatrième qui aurait donné à ce château la forme d’une forteresse carrée.</p>



<p>Malgré son inclination pour ce lieu, il ne peut passer aux habitants le traité fait avec son prédécesseur. Il tenta de les rabaisser à leur premier état de servitude, et pour cela entreprit de faire casser le traité. N’ayant pu y parvenir, et ne pouvant voir cette affaire terminée de son vivant, il laissa par testament, à celui qui lui succédait, 1&nbsp;000 florins d’or, pour poursuivre cette honteuse affaire, qui fut abandonnée par ses successeurs.</p>



<p>On construisait alors l’église Saint-Pierre de Varzy&nbsp;; l’édifice, terminé en 1350, est l’un des plus beaux de l’époque.</p>



<p>Sur l’un des piliers de la grande nef, du côté de l’épître, se voit une plaque en cuivre, où sont gravés les vers qui suivent, en caractères du xive siècle&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Mil cent et deux fut l’église Sainct-Pierre<br>Dict de Varzy, noble ville, fondée<sup data-fn="5b5acbfa-727d-4041-8eba-2e41a335e99e" class="fn"><a href="#5b5acbfa-727d-4041-8eba-2e41a335e99e" id="5b5acbfa-727d-4041-8eba-2e41a335e99e-link">4</a></sup>.<br>En ce beau lieu parrochial sasserre<br>Maint crestian, por Dieu servir et querre<br>Son vray salut de cueur et de pensée.<br>Le propre jour Sainct-Michel dédiée<sup data-fn="e2c05caf-76f4-4cb4-8ccf-925bb8fb70f6" class="fn"><a href="#e2c05caf-76f4-4cb4-8ccf-925bb8fb70f6" id="e2c05caf-76f4-4cb4-8ccf-925bb8fb70f6-link">5</a></sup><br>Fut sainctement l’église dessus dicte<br>L’an mil troys cens cinquante vouée<br>A Jesucrist et du nom appelée<br>A son apostre à qui elle est benicte<sup data-fn="f8174cf8-df27-48b8-b910-955db7770db8" class="fn"><a href="#f8174cf8-df27-48b8-b910-955db7770db8" id="f8174cf8-df27-48b8-b910-955db7770db8-link">6</a></sup>.</p></blockquote></figure>



<p>Au-dessus de cette inscription est un écu à deux clefs, surmonté d’une tiare et accosté des figures de saint Pierre et de sainte Eugénie.</p>



<p>Le nom de l’évêque n’y est pas exprimé, Pierre de Cros, 74e évêque d’Auxerre (de 1349 à 1351), a probablement assisté à cette cérémonie dans l’un de ses voyages où il traversa le diocèse d’Auxerre.</p>



<p>À côté de cette paroisse était un vaisseau de style roman, dont le portail était très remarquable, et qui aujourd’hui a disparu. Un pan de mur et un contrefort sont les seuls vestiges qui restent de cette ancienne église Saint-Pierre, construite en 1102, sous l’évêque Humbaud&nbsp;; qui fut conservée après la construction de l’église actuelle, et à laquelle on donna le nom de Saint-Jean. Elle servit de baptistère et de lieu de catéchisme jusqu’à la Révolution en 1793.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="guerre-des-anglais">Guerre des Anglais</h2>



<p>Nulle part nous n’avons trouvé à quel moment les villes de Varzy et Clamecy ont été érigées en communes. Nous pensons que ce fut à la fin du xive siècle, époque à laquelle on remarque qu’elles ont des magistrats municipaux.</p>



<p>La fameuse guerre de Cent Ans était déjà commencée&nbsp;; les dangers qu’il y avait d’approcher d’Auxerre, à cause des courses des Anglais, obligèrent Ithier de Jarousse, 77e évêque d’Auxerre (de 1338 à 1361), à ne se faire recevoir que par procuration, le 6 mars 1358. La ville fut prise le dimanche suivant. Innocent VI fut informé de ce désastre. Les Anglais avaient enlevé aussi à l’évêque le château de Regennes et l’avaient ensuite remis au roi de France.</p>



<p>Vainqueurs de Poitiers, les Anglais se répandirent par les provinces. Un de leur parti vint s’emparer du bourg et du château d’Oudan.</p>



<p>Chaque ville songeait alors à sa sûreté particulière ; celle de Varzy, qui appartenait à l’évêque d’Auxerre, prit une résolution convenable au temps. On rapporta aux habitants que les ennemis voulaient fortifier le château d’Oudan ; effrayés de ce voisinage qui les menaçait d’incessantes déprédations, les Verdigois s’assemblent, s’animent l’un l’autre, s’arment et sortent chacun sous la bannière de sa paroisse. L’ennemi, rencontré en rase campagne, fut battu et se retira dans la forteresse. Elle fut remportée d’assaut et renversée le jour même de la victoire, en 1358<sup data-fn="33f1aeb4-5db6-4e47-8432-693a70363322" class="fn"><a href="#33f1aeb4-5db6-4e47-8432-693a70363322" id="33f1aeb4-5db6-4e47-8432-693a70363322-link">7</a></sup>. La communauté de Varzy ne différa pas un moment de sacrifier ce château (dit le petit Varzy) ; quoiqu’il eût été nouvellement embelli et augmenté par quelques évêques, elle le fit entièrement raser ; car les Anglais le convoitaient, pensant tirer de grands avantages de sa forteresse pour continuer leurs excursions et leurs pillages.</p>



<p>Non loin de Varzy était la tour de Béquerel&nbsp;; Gaucher de Joigny l’avait élevée vers 1225 sur le territoire de la châtellenie de Varzy, malgré l’église d’Auxerre, et vainement le bailly de Villeneuve-le-Roi lui avait signifié l’ordre de la renverser.</p>



<p>Pierre Aymon, 79e évêque d’Auxerre (de 1362 à 1373), fit démolir en 1364 cette forteresse qui portait ombrage aux évêques.</p>



<p>Cependant, les États-Généraux avaient réglé le traité signé à Londres par le roi Jean&nbsp;; Edouard, pour forcer le Dauphin à la paix, prend terre à Calais et se met à courir la France&nbsp;; il vint jusqu’en Bourgogne.</p>



<p>Le jeune duc de ce pays lui offrit 200&nbsp;000&nbsp;moutons ou deniers d’or&nbsp;; l’Anglais conclut avec lui une trêve de trois ans et se retire vers le Gâtinais. Dans sa route, il passa sous Vézelay, alla loger à Coulanges-sur-Yonne, et ses gens, s’étendant sur cette rivière, touchèrent à Clamecy, ravagèrent le nord du Nivernais et abattirent le château de Rémilly, en 1360.</p>



<p>Rémilly avait un prieuré. Près de Rémilly est Marcy, qui a donné son nom à l’une des illustres familles de ce pays&nbsp;; c’était le chef-lieu du comté de Marcy, dont la justice avait trois piliers&nbsp;; le château appartenait au duc de Nevers, et fut vendu par lui&nbsp;; l’hommage réservé au baron de Poiseux, seigneur des Barres, de Sougny, de Serres et de Parigny-la-Rose. Le moulin seigneurial de Marcy existait encore en ces derniers temps&nbsp;; il avait deux tours engagées et un écusson marqué d’un lion. On voit encore à Marcy un énorme tilleul planté près de l’église, qu’on désigne sous le nom d’arbre de Sully, qui aurait été planté à l’avènement du roi Henri IV. Près de Marcy était le château de Cœurs, qui, en 1670, fut vendu par Lamoignon à Noble J.-J. Dupin, avocat au Parlement, lieutenant de la châtellenie de Varzy. De lui descendent les Dupin de Cœurs, dont nous parlerons plus loin.</p>



<p>Quelques écrivains attestent que Nicolas d’Arcies, 80e&nbsp;évêque d’Auxerre (de 1373 à 1376), gouverna le diocèse ayant sa nomination, dès la fin de 1372&nbsp;; pour preuve, ils citent des lettres de son frère Pierre d’Arcies, qui, en qualité de vicaire général, institua Pierre Marchand capitaine de Varzy.</p>



<p>Michel de Créney, 83e évêque d’Auxerre (de 1390 à 1409), résidait à Paris et n’avait pas fait encore à Auxerre son entrée solennelle. Parmi les savants qu’il fit chanoines de son église, fut Renaud de Fontaines, ami intime de Nicolas Clamenges&nbsp;; sur les avis de celui-ci, Renaud fut fait, préférablement à des concurrents, curé de Varzy&nbsp;; il parvint par la suite à l’évêché de Soissons.</p>



<p>Le chapitre, mécontent des entreprises du prélat Philippe des Essarts, 85e évêque d’Auxerre (de 1410 à 1426), fit dresser en 1421 un cahier des demandes qu’il avait à lui proposer, et des sujets de plaintes qu’il avait contre lui. On lui demanda la portion qui revenait au chapitre de la vente des bois de Varzy, savoir le tiers au moins, et on lui notifia qu’il n’aurait pas dû les vendre sans le consentement exprès du chapitre.</p>



<p>En 1435, on commençait à réparer les désastres de la guerre entre Anglais et Bourguignons, on reconstruisait, tout et des remparts nouveaux remplaçaient les anciens&nbsp;; l’église épiscopale de Bethléem de Clamecy était à moitié ruinée&nbsp;; pour aider à la relever, Laurent Pinon, 87e évêque d’Auxerre (de 1433 à 1449), permit que l’on quêtât dans ce but par tout le diocèse, avec une croix et un reliquaire. En 1438, le même prélat donna l’onction sainte à Sainte-Eugénie de Varzy. Cette église avait un Narthex ou église des catéchumènes&nbsp;; on regrette qu’aucun dessin ne nous ait été conservé de ce beau portail roman qui l’ornait, et où étaient sculptées toutes les bêtes de l’Apocalypse.</p>



<p>Dans le diocèse, il est peu de collégiales et de monastères où il ne reste quelque vestige du nom de Laurent Pinon. Outre l’église Saint-Martin de Clamecy, dont quelques-uns assurent qu’il fit la dédicace le 10 janvier 1438, il dédia celle de Sainte-Eugénie de Varzy le premier dimanche de l’Avent de la même année, voulant cependant qu’on remît à un autre temps l’anniversaire de cette dédicace, et y accordant des indulgences<sup data-fn="97a0ce11-8171-40d6-93bf-942bb268be39" class="fn"><a href="#97a0ce11-8171-40d6-93bf-942bb268be39" id="97a0ce11-8171-40d6-93bf-942bb268be39-link">8</a></sup>.</p>



<p>Il demeurait assez volontiers dans le château que les évêques avaient de temps immémorial dans cette ville de Varzy. Les habitants d’Auxerre ayant eu besoin de son secours au mois de juin 1444 lui dépêchèrent un courrier en ce lieu. Il affectionna beaucoup l’église collégiale de Sainte-Eugénie et y fonda une chapelle sous le titre de deux fameux saints de son ordre, saint Pierre martyr et saint Thomas d’Aquin, qu’il fit représenter à genoux avec l’habit des Dominicains. Le 25 août, et apparemment en 1445, il dédia l’église du prieuré conventuel de Sainte-Geneviève de Marcy de l’ordre du Val-des-Écoliers. S’étant recommandé aux prières de la petite communauté qui y subsistait alors, il fut résolu, le 14 octobre, de chanter chaque année, le lendemain de la Saint-Laurent, une messe du Saint-Esprit à l’intention du prélat tant qu’il existerait.</p>



<p>Dès le commencement de son épiscopat, Pierre de Longueuil, 88e évêque d’Auxerre (de 1449 à 1473), ne parut pas d’humeur à négliger ses droits, ni à se réclamer des soumissions qui lui étaient dues.</p>



<p>Le nouveau prélat voulut en témoigner à Charles, comte de Nevers, combien il était satisfait de lui pour l’hommage qu’il lui rendit comme baron de Donzy&nbsp;; aussitôt qu’il eut appris son retour du service du roi, après la recouvrance faite de la Normandie, il alla le trouver en l’hôtel de Bethléem, proche Clamecy. Cette visite ne fut pas de pure civilité&nbsp;; le prélat engagea le comte à lui rendre le devoir féodal. L’acte porte qu’il aurait dû se rendre au château de Varzy, duquel est mouvante la baronnie de Donzy. Le comte se reconnut homme et vassal de l’évêque d’Auxerre en baisant l’évêque à la bouche et recevant de lui injonction de fournir un dénombrement de sa terre. À cette cérémonie, faite le 21 septembre 1450, assistaient Arnoul, évêque de Bethléem&nbsp;; Claude de Beauvoir, seigneur de Chastelus&nbsp;; Jean de la Rivière, seigneur de Chamlemi&nbsp;; Bailly de Nivernois, chevalier&nbsp;; Pierre de Barres, écuyer, conseiller et chambellan du comte&nbsp;; Pierre Garnier son secrétaire&nbsp;; Guy Bourgoin, son maître d’hôtel&nbsp;; et, de la part de l’évêque, Blaize-Thibolé d’Auxerre, licencié, ès-lois.</p>



<p>Jean, comte de Nevers, ayant succédé à Charles, rendit aussi foi et hommage à notre évêque dans une conjoncture à peu près semblable. Ils s’accordèrent sur cet hommage par des protestations de l’un et de l’autre, à celle de l’évêque qui déclara n’avoir dû recevoir cet hommage qu’au château de Varzy, et celle du comte qui ne s’était désisté jusqu’alors du procès pendant sur les châtellenies de Metz-le-Comte, Monceaux, Châteauneuf et Clamecy. L’assemblée ne fut pas moins nombreuse à cet hommage qu’elle l’avait été à l’hommage précédent.</p>



<p>Les délais qu’apporta ce seigneur obligèrent l’évêque qui était à Varzy le 7 janvier 1459, d’enjoindre à Étienne le Muet, seigneur de Corbelin, lieutenant du bailly de Varzy, de faire mettre brandons ou autres renseignements sur la tour, chastel, ville, justice et seigneurie de ce lieu, et d’en faire gouverner les revenus par un commissaire. L’affaire de cette saisie féodale se trouva jointe à celle que le même évêque eût contre les comtes de Nevers pour un semblable sujet. L’une et l’autre duraient encore en 1471, et Thomas de la Lande en fut désigné le rapporteur.</p>



<p>Ce prélat, qui avait pris Varzy en affection, voulut y faire sa résidence la plus ordinaire sur la fin de sa vie, peut-être fût-ce à cause des troubles qui agitaient le pays auxerrois attaché au duc de Bourgogne. On voit par différents actes qu’il y demeura fort souvent, en 1470, 1471, et les deux années suivantes. Étant à Varzy, en 1471, il pardonna aux habitants la faute qu’ils reconnurent avoir faite en voulant établir un capitaine malgré lui, et il les chargea de payer 6&nbsp;livres de cire, en forme d’amende, à la collégiale et à la paroisse.</p>



<p>Son testament, qu’il dressa en latin au mois d’août 1473, âgé de 75&nbsp;ans, est sans désignation de lieu, mais ce fut à Varzy qu’il le ratifia et le déposa entre les mains de Jean Garnier, bachelier en décret, notaire apostolique, le 14 février de la même année, en présence de Louis Baillard, licencié en médecine&nbsp;; de Jean Bolemeau, trésorier de l’église collégiale de Saint-Étienne-de-Gien, et Guillaume Rebourseau, prêtre-chanoine de Cosne. Aucun écrivain n’indique de quelle maladie fut atteint ce prélat&nbsp;; on sait seulement qu’il mourut le 16 février 1473, à 10&nbsp;heures du matin, dans le château de Varzy, alors situé derrière l’église Sainte-Eugénie. Il y a différentes versions sur le lieu de sa sépulture&nbsp;: les uns le supposent enterré dans la collégiale Sainte-Eugénie de Varzy, parce qu’il avait marqué dans son testament qu’on l’inhumât dans cette église, au cas qu’il mourût dans cette petite ville&nbsp;; d’autres prétendent que ce fut à Auxerre. Il y a moyen d’accorder ces deux traditions, en disant qu’il y eut d’abord la sépulture à Varzy, et que, par la suite, son corps fut porté à Auxerre. Le testament, de Pierre de Longueil ouvre celle voie de conciliation, il y désigne d’abord la sépulture dans le tombeau de Ferric Cassinel, supposé qu’il fût trouvé vide, sinon proche la chaire de pierre, dans le sanctuaire de la cathédrale&nbsp;; et, après avoir établi ses fondations dans la même église, il ajoute expressément qu’il n’entend point que sa sépulture et ses fondations dans cette église aient lieu, à moins que la ville ne soit alors réduite sous l’obéissance du roi ou de son consentement, et non autrement, et, dans le cas qu’il se fût écoulé un grand d’années sans apparence à cette réduction, il priait ses exécuteurs testamentaires de convertir ses fondations en d’autres œuvres de piété. Comme Auxerre fut encore environ trois ans sans se remettre sous l’obéissance de Louis XI, le corps de cet évêque reçut d’abord la sépulture à Sainte-Eugénie de Varzy&nbsp;; en effet, on lit dans les registres du chapitre d’Auxerre, au 26 février, qu’il fut inhumé dans la collégiale de cette ville le 17 du même mois, lendemain de sa mort. Quelques années après, lorsque les chemins furent plus sûrs, il fut apporté à Auxerre, et inhumé au côté droit du sanctuaire. En un mot il est évident, par le testament de Pierre de Longueil, qu’il n’avait demandé à être à Varzy qu’en dépôt, jusqu’à ce qu’on pût en sûreté le porter à Auxerre.</p>



<p>Jean Baillet, 90e évêque d Auxerre (de 1477 à 1513), se fit rendre exactement les hommages dus. Il s’en trouve deux actes pour la terre de Toucy.</p>



<p>Il reçut en 1482 de Charles de Lamoignon les hommages pour le fief de la Rivière&nbsp;; en 1484 celui du Château-Censoir et les dépendances, que lui rendit à Varzy Jean de Ferrières, chevalier, seigneur de Champlenas et de Presle.</p>



<p>Les habitants de Varzy firent des remontrances sur leurs coutumes locales ordonnées par ses prédécesseurs&nbsp;; Jean Baillet ne s’y opposa pas.</p>



<p>Il fut le premier qui remit à l’église d’Auxerre les nouvelles inventions de l’imprimerie. On prétend que Jean Baillet établit dans son diocèse la coutume de sonner l’angélus à l’heure du couvre-feu, et même le matin au point du jour, en assignant du revenu pour cela, quoiqu’il y ait apparence que ces coutumes soient plus anciennes. Du moins, il étendit cet usage et le fit pratiquer avec distinction la veille de la fête de l’Annonciation, à l’heure à laquelle on croit pieusement que l’ange Gabriel vint saluer la Sainte-Vierge. Il donna pour cela en 1502 à la cathédrale la terre de Chivres, proche Varzy, qui produisait 60&nbsp;livres de rente, ajoutant que ce revenu serait aussi appliqué pour son anniversaire.</p>



<p>L’église collégiale Sainte-Eugénie de Varzy se trouve presque dans le même cas que la chapelle de Cosne (Notre-Dame-de-Galle qu’il a contribué à bâtir)&nbsp;; ses armoiries, en différents endroits, marquent évidemment les biens et les augmentations qu’il y fit. On a déjà vu que pendant les visites de son diocèse, il se retirait quelquefois dans le château de Varzy. Le 18 juillet 1495 il y confirma la fondation qui venait d’être faite d’un autel de Saint-Edme, dans l’église paroissiale de Saint-Pierre, par Bernard Galloys, nouvellement décédé. On présume aussi qu’il a donné à l’église la portion considérable qu’on y voit du crâne de saint Cot, martyr.</p>



<p>Une espèce de tribut qu’il aida à lever fut celui que le concile de Pise, transféré à Lyon, imposa sur le clergé de France pour la défense des églises et du royaume, et pour les frais même du concile. Jean Baillet se déclarant commissaire de ce concile en cette partie, nomma par des lettres expresses du 11 août 1512 Robert Poursin,chanoine de la cathédrale, et Guillaume Grail, archiprêtre de Varzy, pour avertir tous les bénéficiers de satisfaire à leur cotte, sous peine de suspense avant la huitaine.</p>



<p>II eut aussi, sur les dernières années de sa vie, un arrêt du Parlement contre les bourgeois de Varzy, qui avaient arraché des mains d’un de ses domestiques les clefs de leur ville&nbsp;; les habitants furent condamnés aux dépens et à une amende, le 16 avril 1511.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="13865a79-ccbf-4628-933f-40d7782b2d6a">Cette église, qui menaçait ruine au X<sup>e</sup> siècle et qui fut restaurée par l’évêque Gaudry en 923, devait être, en effet, en piteux état. <a href="#13865a79-ccbf-4628-933f-40d7782b2d6a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1d63fcd5-35b9-43e4-a283-d176788a96a7">Ce fait de l’histoire de Varzy prouve que la roture n’écartait pas toujours de la chevalerie. <a href="#1d63fcd5-35b9-43e4-a283-d176788a96a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="9c1b8c6c-1f74-4864-b364-88656edda9ac">En posant sans doute la première pierre de l’église actuelle de Saint-Pierre. <a href="#9c1b8c6c-1f74-4864-b364-88656edda9ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="5b5acbfa-727d-4041-8eba-2e41a335e99e">Fondée, en 1102, par Humbaud lorsqu’il retira des mains des laïques l’église paroissiale. <a href="#5b5acbfa-727d-4041-8eba-2e41a335e99e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e2c05caf-76f4-4cb4-8ccf-925bb8fb70f6">Dédiée, en 1280, par Guillaume de Grez, en jetant les premières fondations de l’église actuelle. <a href="#e2c05caf-76f4-4cb4-8ccf-925bb8fb70f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="f8174cf8-df27-48b8-b910-955db7770db8">Bénite, en 1350 sous l’épiscopat de Pierre de Cros. <a href="#f8174cf8-df27-48b8-b910-955db7770db8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="33f1aeb4-5db6-4e47-8432-693a70363322">Mon père m’a dit souvent que la dénomination de la montagne « Borde-à-Faux » remontait à cette guerre. Le tir des Anglais, mal dirigé sur la ville qu’ils assiégeaient, n’atteignit pas les Verdigois et fit bordée à faux ; de là, l’étymologie de Borde-à-faux. <a href="#33f1aeb4-5db6-4e47-8432-693a70363322-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="97a0ce11-8171-40d6-93bf-942bb268be39">Sans doute après de nouvelles restaurations faites à cette église, entre autres la chapelle qu’il fonda. <a href="#97a0ce11-8171-40d6-93bf-942bb268be39-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Partie 1 &#8211; Chapitre I : Les temps anciens et gallo-romains</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/partie-1-chapitre-i-les-temps-anciens-et-gallo-romains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 11:30:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2464</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Ce premier chapitre historique nous plonge aux origines de Varzy, dont le nom d&#8217;origine celte (Ver dy) évoque poétiquement sa situation « entre deux collines ». L&#8217;auteur retrace avec passion l&#8217;évolution de la bourgade, depuis les cultes druidiques voués aux fontaines nivernaises jusqu&#8217;à l&#8217;occupation romaine, et souligne le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Ce premier chapitre historique nous plonge aux origines de Varzy, dont le nom d&rsquo;origine celte (Ver dy) évoque poétiquement sa situation « entre deux collines ». L&rsquo;auteur retrace avec passion l&rsquo;évolution de la bourgade, depuis les cultes druidiques voués aux fontaines nivernaises jusqu&rsquo;à l&rsquo;occupation romaine, et souligne le rôle fondamental de saint Germain au Ve siècle. En décidant de remplacer un ancien temple païen par une basilique dédiée à sainte Eugénie, ce prélat scella le destin de Varzy. Rattachée aux terres épiscopales d&rsquo;Auxerre, la ville devint alors une puissante seigneurie dont l&rsquo;histoire restera intimement liée à celle de ses illustres évêques.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#temps-anciens">Temps anciens</a></li>



<li><a href="#epoque-gallo-romaine">Époque gallo-romaine</a></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="temps-anciens">Temps anciens</h2>



<p>Varzy, autrefois Verdy, d’origine celtique (Ver dy), veut dire entre deux collines cette dénomination, en effet, convient bien à la position de cette localité.</p>



<p>On appelait alors ses habitants les Verdigois. Plus tard, selon l’usage qui fut de changer la lettre d en z, on en fit Varzy. Au vie siècle, Varzy fut appelé Vaziacus, au xiie siècle Varziacum, et en 1507 Varzy, dans la coutume d’Auxerre.</p>



<p>Des monuments druidiques encore existants dans la contrée démontrent le culte en vénération dans ces temps reculés. L’Yonne, Icaun, eau des montagnes, a reçu jadis les adorations des Celtes&nbsp;; sous la conquête romaine, la déesse fluviale est devenue semblable aux divinités de l’Olympe&nbsp;; la ville d’Auxerre a plus d’une inscription en son honneur. Les Gaulois adoraient les fontaines et attribuaient à leurs eaux une puissante efficacité. On voit à Saint-Germain-des-Bois, entre Saint-Pierre-du-Mont et Tannay, une fontaine qui nous paraît avoir été l’objet d’un culte superstitieux&nbsp;; de même qu’à trois quarts de lieue au sud de Varzy est une fontaine dont on buvait les eaux pour se guérir de la peur (on a construit auprès une chapelle dédiée à Saint-Loup)&nbsp;; Corbigny, Vézelay et Clamecy ont aussi leur fontaine honorée autrefois d’un culte superstitieux.</p>



<p>Varzy, comme toute la région, a subi la conquête romaine&nbsp;; ce pays, en effet, est peu éloigné de la route de Bourges à Autun, passant par Nevers et Entrains, dont on retrouve des vestiges dans les bois entre Champlemy et Oudan. Un temple païen y a été construit, dit-on, pendant l’occupation romaine.</p>



<p>Sans doute que les Romains, qui aimaient les beaux sites et les terres fertiles, ont élevé de nombreux monuments dans les Vaux d’Yonne&nbsp;; mais les Barbares du Nord, qui sont venus ensuite, étaient de grands ravageurs&nbsp;; ils en laissèrent peu debout.</p>



<p>À cette époque, les Vaux d’Yonne paraissent appartenir presque en totalité aux familles sénatoriales des anciens municipes romains d’où sortent les premiers évêques, et, par ces derniers, les terres deviennent la propriété du clergé.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-base-2-color has-alpha-channel-opacity has-base-2-background-color has-background is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="epoque-gallo-romaine">Époque gallo-romaine</h2>



<p>Vers 418, saint Germain, ancien gouverneur de la province d’Auxerre, où il est né en 380, converti par Amator, lui succéda comme 6e évêque, de 418 à 448. C’est peu après son élection à cette honorable fonction qu’il fit élever dans son domaine de Varzy une basilique, sous le vocable de Sainte-Eugénie, à la place d’un temple païen et sur une source d’une eau pure et bienfaisante.</p>



<p>Ce prélat, touché par les vertus chrétiennes, ne fut plus le même homme&nbsp;; renonçant au luxe qu’il avait étalé jusque-là, on le vit se condamner à la vie austère, porter habituellement le cilice, se nourrir de pain d’orge, se couvrir de vêtements grossiers et donner tous ses biens aux pauvres ou en doter les églises de son diocèse, parmi lesquelles celle de Varzy bénéficia de ses libéralités dans une large mesure. Il donna la très noble ville de Varzy, une des plus illustres seigneuries de ses biens, à son église cathédrale de Saint-Étienne. Varzy fit alors partie du diocèse d’Auxerre et resta dans la puissance temporelle et spirituelle de ses évêques, qui devinrent les seigneurs de ce lieu&nbsp;; son histoire est donc intimement liée à celle des évêques d’Auxerre.</p>



<p>Il mourut en 448 à Ravenne où il était allé demander la grâce de Eocaric, roi des Alains, qui opprimait les Armoricains et qu’il avait fait fléchir. Son corps fut ramené pompeusement à Auxerre aux frais de l’empereur Valentinien III.</p>



<p>Saint Auraire, 18e évêque d’Auxerre (de 572 à 603) statua sur plusieurs choses très salutaires dans l’église d’Auxerre&nbsp;; et afin qu’elles fusent observées exactement, il les fit confirmer de l’autorité du roi Gontran. Il fait mention de la paroisse de Varzy dans son règlement épiscopal de 596. Varzy était alors le chef-lieu d’un archiprêtré duquel dépendaient quatre paroisses, en comprenant cette ville.</p>



<p>Le christianisme vainqueur du paganisme, élevant alors ses églises et créant ses couvents, eut encore à lutter pendant quelques siècles contre les brigandages et les incursions des Normands, et aussi avec la féodalité qui devenait la force du Moyen Âge.</p>



<p>de Varzy.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Introduction de l’édition de 2023 et préface de l&#8217;auteur</title>
		<link>https://www.oeil-photographe.com/introduction-de-ledition-de-2023-et-preface-de-lauteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'oeil du Photographe &#38; Drone]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 11:30:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les rééditions historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Varzy : Son histoire, ses monuments, ses célébrités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.oeil-photographe.com/?p=2459</guid>

					<description><![CDATA[Le regard de l&#8217;Oeil du Photographe : Ce premier article marque le point de départ d&#8217;une aventure éditoriale passionnante, visant à sauvegarder et numériser l&#8217;inestimable patrimoine nivernais. En rééditant cette monographie de Varzy signée Émile Boisseau en 1905, notre ambition est de redonner vie à une œuvre minutieuse, fruit de longues recherches dans les archives [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le regard de l&rsquo;Oeil du Photographe : Ce premier article marque le point de départ d&rsquo;une aventure éditoriale passionnante, visant à sauvegarder et numériser l&rsquo;inestimable patrimoine nivernais. En rééditant cette monographie de Varzy signée Émile Boisseau en 1905, notre ambition est de redonner vie à une œuvre minutieuse, fruit de longues recherches dans les archives locales et les écrits de l&rsquo;abbé Lebeuf. Boisseau, connu non seulement comme auteur mais aussi comme sculpteur accompli, nous livre ici un témoignage vibrant de son amour pour sa ville natale. Pour cette édition numérique de 2023, nous avons tenu à préserver l&rsquo;authenticité et l&rsquo;âme du texte original, tout en y apportant une réelle plus-value visuelle. L&rsquo;un des défis majeurs a été de photographier de nouveau et de restituer dans toute sa splendeur le fameux tableau triptyque de sainte Eugénie. Cette prouesse technique permet désormais d&rsquo;admirer les détails de cette œuvre exceptionnelle sur un format virtuel panoramique d&rsquo;un mètre et demi, bien au-delà des limites des vieux clichés du début du XX<sup>e</sup> siècle. À travers ce livre, ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;histoire d&rsquo;une bourgade qui se dessine, mais bien l&rsquo;âme d&rsquo;une cité riche d&rsquo;un passé glorieux, de monuments remarquables et de citoyens illustres.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sommaire</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="#introduction-de-l-edition-de-2023">Introduction de l’édition de 2023</a></li>



<li><a href="http://preface-d-emile-boisseau">Préface d&rsquo;Émile Boisseau</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="introduction-de-l-edition-de-2023">Introduction de l’édition de 2023</h2>



<p>Nous avons effectué un travail de numérisation pour préserver et partager cet ouvrage au travers de l’édition de 1905.</p>



<p>Nous avons respecté le texte original d’Émile Boisseau (auteur du texte et connu pour être aussi sculpteur), ainsi que la subdivision de l’ouvrage, dont l’organisation en 3 parties. Dans celle des monuments, nous avons isolé dans un chapitre la digression (telle que l’appelle l’auteur) sur la vie de sainte Eugénie. Les sous-parties ont été séparées en chapitres</p>



<p>Nous avons harmonisé certains éléments typographiques et corrigés certaines anomalies tout en conservant la trame.</p>



<p>Nous avons effectué une nouvelle prise de vues du tableau triptyque représentant la Vie de sainte Eugénie. La photographie originale du livre, de M. Joseph Desvignes, photographe et éditeur à Clamecy, avec les technologies de plus d’un siècle ne permettait pas une numérisation qualitative.</p>



<p>Les ouvrages du xixe&nbsp;et du début du xxe&nbsp;siècle avaient la grande habitude de fournir des pages pliées permettant au lecteur d’aller plus loin que le format de l’ouvrage, surtout pour les livres au petit format ( in-12°, in‑16°…).</p>



<p>Nous avons conservé cette spécificité, tout intégrant une amélioration&nbsp;, le tableau pouvant s’ouvrir, nous vous proposons de pouvoir le faire dans le livre sur presque 1/2 mètre de largeur, une fois le triptyque déplié.</p>



<p>L’écrit original montre l’énorme travail de recherche et de compilation qu’a effectué l’auteur pour connaître au mieux sa ville, il vous le racontera mieux que nous dans la préface.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="preface-d-emile-boisseau">Préface d&rsquo;Émile Boisseau</h2>



<p>La tâche que je me suis tracée est de faire la monographie de Varzy, d’après les documents recueillis dans&nbsp;: Les mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, par l’abbé Lebeuf, 1743&nbsp;; Le Nivernois, album historique et pittoresque de MM. Morellet, Barrat et Bussière, 1840&nbsp;; La Nièvre à travers le passé, par M. Amédée Julien, 1883&nbsp;; les archives de la ville, divers documents devenus publics et quelques souvenirs de famille et d’amis.</p>



<p>Cette étude, qui n’est qu’un travail de compilation, a été faite sans prétention littéraire, mais bien dans le seul but de réunir dans un volume tous les documents épars qui concernent Varzy&nbsp;; de pendre aussi un hommage aux citoyens qui l’ont illustré, et de laisser, comme enfant du pays, un pieux souvenir d’un de ceux qui l’ont aimé.</p>



<p>Émile Boisseau.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
